Comment ça s'est passé.
Nous avons décidé de partir dix jours en Italie en octobre, période censée être creuse. Spoiler alert : ce n'était pas si creux que ça. Arrivée à Florence via l'aéroport Amerigo Vespucci, nous avons pris le bus SITA n°2 (3,50 euros) jusqu'à la gare de Santa Maria Novella. Le chauffeur conduisait comme un dingue, j'ai cru qu'on allait tous finir dans l'Arno. Notre hôtel était l'Antica Dimora Firenze, une petite maison d'hôtes dans le quartier de Santo Spirito. Rien à voir avec les hôtels rutilants : des escaliers minuscules, une salle de bain à la taille d'un placard, mais une Eleonora absolument charmante qui nous servait un cappuccino décent le matin. Première galère : nous avions raté les horaires de visite du Dôme (la cathédrale). Fermé. Tout simplement fermé. Nous avons perdu deux heures à traîner autour, frustrés. Le lendemain, levé à 5h30 pour entrer à la Galerie des Offices avant la cohue. Malheureusement, même à cette heure, il y avait déjà quarante personnes dans la queue. L'odeur d'encrassement, les corps collés les uns aux autres, c'était éprouvant. Mais une fois dedans, face à la Vénus de Botticelli, j'ai ressenti un truc : pas de l'émerveillement niaiseux, plutôt une sorte de reconnaissance muette. Trois heures entières à regarder des œuvres que j'avais seulement vues en images. Ça a changé quelque chose. La réalité toscaneNous avons loué une Fiat 500 (c'était une erreur : les rues médiévales n'ont pas été dessinées pour ça) et nous avons roulé vers Sienne. En chemin, arrêt au restaurant Il Grappolo à Montepulciano pour goûter à la pici (une pâte locale très épaisse). Le plat coûtait 8 euros, arrosé d'un Vino Nobile de la région (12 euros le verre). C'était salé, substantiel, pas du tout léger. Le cuisiner regardait par la fenêtre, indifférent à notre présence. J'ai trouvé ça honnête. Sienne elle-même m'a déçu. Trop de petits magasins de souvenirs, des restaurants touristiques vendant des pâtes « authentiques » à 14 euros, des groupes d'école chinois partout. Nous avons grimpé la Torre del Mangia (102 mètres, 8 euros l'entrée). Mes cuisses ont brûlé. La vue sur la Piazza del Campo était correcte, mais je me suis demandé ce qu'on venait faire ici en 2024. Retour à Florence, cette fois en direction de la Basilica di Santa Croce. L'intérieur était frais, légèrement humide. Les tombeaux de Michelangelo, Galileo, Machiavelli un peu partout, ça casse le mythe du touriste qui croit que la génie c'est juste une image. Ces mecs sont vraiment enterrés là, voilà tout. Nous avons mangé un panini au bar Procacci (7 euros, truffe blanche et fromage) en marchant dans les petites rues derrière la cathédrale. Jour 7, visite au marché San Lorenzo. C'est chaotique, bruyant, des gens qui te foncent dessus, des vendeurs qui te harcèlent pour te vendre du cuir. J'ai acheté une serviette de plage d'une qualité douteuse, escroquée à 25 euros. Le vendeur savait que je savais. Clin d'œil complice. C'est un peu ça, Florence en octobre. Repas final chez Trattoria del Pesce : pappardelle aux champignons (11 euros), acqua frizzante, espresso double (1,20 euro au comptoir, 3 euros assis). Le serveur nous a demandé notre provenance. Quand je lui ai dit Belgique, il a hoché la tête comme si nous étions des zombies. Les Belges, c'est pas vraiment un flux touristique qui le fascine.
Les bons plans repérés sur place.
Entrée à la Galerie des Offices avant 6h du matin pour éviter les foules (horaires juillet-août : ouverture 8h15)
Pici aux champignons chez Il Grappolo à Montepulciano, 8 euros, verre de Vino Nobile 12 euros
Santa Croce plutôt que le Dôme : moins congestionnée, mêmes émotions, tombeaux de vrais génies
Procacci pour un panini truffe-fromage (7 euros), une institution depuis 1885, pas de place assise mais ça vaut le coup
Marché San Lorenzo tôt le matin (avant 10h) pour le cuir et les objets locaux, négociation libre sauf arnaque classique
Et au final.
Florence reste une ville densément chargée d'histoire, mais elle en a payé le prix : trop de touristes, trop d'arnaqueurs, des musées à réserver des mois à l'avance. Les moments vrais arrivent dans les creux, sur une place vide à 17h ou au bar du coin. La Toscane alentour nous a paru moins mystique que prévu, mais sincère.