Damas retrouvée : entre ruelles du Vieux Marché et thé à la menthe
CarnetSyrie202612 jours

Damas retrouvée : entre ruelles du Vieux Marché et thé à la menthe

Nous avons atterri à l'aéroport international de Damas Barada le matin du 15 octobre, après un vol Syrian Air depuis Beyrouth. L'attente aux formalités a duré presque deux heures — un préposé aux douanes vérifiait…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport international de Damas Barada le matin du 15 octobre, après un vol Syrian Air depuis Beyrouth. L'attente aux formalités a duré presque deux heures — un préposé aux douanes vérifiait chaque page de nos passeports avec une lenteur désarmante. La température était déjà à 28 degrés, même à 7 heures du matin. Le taxi blanc collectif (microbus bleu et blanc, numéro 1247) qui nous a menés vers la vieille ville sentait l'essence et le pain au sumac qu'un passager mangeait. Nous avons payé 200 livres syriennes par personne, soit environ 0,40 euro. Le chauffeur, Khalil, nous a déposés Bab al-Jabiya, la porte sud du souk. C'était un choix malin : moins touristique, plus vivant. Les ruelles qui tournent sans finNous avons marché trois heures dans le dédale du marché couvert de Damas sans plan précis. La nuit précédente, l'électricité avait coupé dans notre hôtel (le Malki House, chambre 307), donc pas de recharge téléphone. C'était une erreur tactique. Le souk est immense : on s'y perd réellement. Les marchands criaient leurs prix en arabe, les femmes voilées poussaient des chariots métalliques remplis de tissu. L'odeur était celle du cumin, de l'ail frit, de la transpiration humaine. Pas désagréable, juste intense. Au détour d'une ruelle, nous avons croisé un enfant qui vendait de l'eau de rose en petit verre ; nous en avons acheté pour 150 livres. Le goût était sucré, floral, légèrement amer. Vers midi, nous avons mangé au restaurant Soukkna (rue Bab al-Sharqi, face à la Mosquée Sinan Pacha). Hummus à 350 livres, Kibbeh à 450, pain naan à 100. La serveuse nous a apporté automatiquement du thé menthe gratuit. L'hummus était bon, mais l'huile d'olive était trop salée — un détail qui nous a contrariés parce que les portions étaient petites pour le prix demandé. Moment marquant : la Mosquée des OmeyyadesNous avons passé l'après-midi à la Grande Mosquée des Omeyyades (Jami al-Umawi). L'entrée était gratuite, mais il fallait payer 500 livres pour garder les chaussures au vestiaire. À l'intérieur, le silence était total malgré les centaines de visiteurs. Les murs en marbre blanc réfléchissaient la lumière des carreaux de céramique bleu turquoise. Un homme âgé en djellaba grise s'est assis à côté de moi et a commencé à réciter des versets du Coran, les yeux fermés. J'ai compris — sans parler l'arabe — qu'il n'y avait rien de théâtral chez lui. Juste la prière. Cela m'a touché d'une manière que je ne peux pas vraiment expliquer. Soirée mitigée et coupure d'électricitéLe soir, nous avons dîné au Café al-Rawda (Straight Street, historiquement connue sous le nom de Via Recta). Nous avons commandé du café turc (très serré, avec trois sucres comme on nous l'a proposé) et des pâtisseries au miel — 600 livres le lot. Le café était excellent, presque noir, avec ce résidu épais au fond de la tasse. Mais le café a coupé l'électricité à 20 h 30 sans prévenir. Tous les restaurants et les lampadaires du quartier se sont éteints d'un coup. Nous nous sommes retrouvés dans le noir avec une centaine de personnes. Certains ont sorti leur téléphone pour faire lumière. Le café a distribué des bougies. C'était surréaliste et légèrement stressant. Nous sommes retournés à l'hôtel à pied en utilisant une lampe torche. L'électricité n'est revenue que vers 23 heures. Les autres joursNous avons aussi visité le Musée National (entrée : 600 livres). Les fresques byzantines des églises palmyréniennes nous ont impressionnés. Nous avons pris le bus numéro 5 (compagnie Karmat, arrêt Méjé) pour aller au quartier de Bab Touma, où vivent encore des chrétiens syriens. Une vieille église arménienne était ouverte ; nous avons écouté une chorale de femmes répéter des hymnes pour la fête de saint Grégoire. Aucun touriste n'était là. Le dernier jour, nous avons acheté des souvenirs au marché des épices (près de Bab al-Faraj) : pistaches, fleur de sel, sumac. Le vendeur nous a arnaqués légèrement sur les poids (nous en sommes sûrs après avoir pesé à l'hôtel), mais nous avions trop envie d'acheter pour discuter.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Mosquée des Omeyyades à l'aube (arriver avant 7 h, silencieux absolu)

2

Souk de Damas, secteur Bab al-Jabiya (pain baladi à 50 livres chez le vendeur du coin nord-est)

3

Restaurant Soukkna pour le kibbeh (450 livres, portions généreuses les lundi-mercredi)

4

Rue droite (Via Recta) et église Ananias (peu touristique, atmosphère chrétienne intacte)

5

Bus numéro 5 vers Bab Touma en fin d'après-midi (vue sur la vieille ville depuis le haut de la rue)

Album · 9 photos

Photos — Damas

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Conclusion

Et au final.

Damas nous a écorchés et fascinés à la fois. Les gens sont généreux, curieux, souvent chaleureux. Mais les coupures d'électricité, les petites arnaques touristiques et l'absence de confort moderne ont rendu le voyage épuisant par moments. Nous ne regrettons pas, mais nous ne sommes pas partis détendus.

En résumé

Avis Damas : carnet de voyage de 12 jours par marcvoyageur42

Destination
Damas
Pays
Syrie
Durée
12 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcvoyageur42
L'essentiel

Damas en bref

Pourquoi choisir Damas

  • Souk labyrinthique authentique avec moins de tourisme qu'Istanbul ou Marrakech
  • Grande Mosquée des Omeyyades : monument de marbre blanc et céramique bleu turquoise gratuit
  • Hospitalité locale genuine et prix extrêmement économiques pour l'hébergement et la restauration
  • Diversité culturelle : quartiers chrétiens, églises arméniennes, histoire byzantine préservée
  • Immersion profonde : pas de modernité effrénée, expérience brute et sensorielle intense

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et d'immersion culturelle profonde
  • Passionnés d'histoire byzantine et d'architecture islamique classique
  • Explorateurs acceptant l'inconfort et les défaillances infrastructurelles
  • Photographes cherchant des scènes urbaines non stéréotypées et authentiques
  • Couples aventuriers aimant les ruelles sinueuses et les rencontres humaines

À éviter si…

  • Vous avez besoin de confort moderne et d'électricité garantie 24h/24
  • Vous voyagez avec jeunes enfants nécessitant sécurité maximale et facilités touristiques
  • Vous recherchez shopping de luxe ou restaurants haut de gamme international
  • Vous êtes stressé par l'improvisation et les petites arnaques commerciales locales
À découvrir aussi
Aéroport international de Damas BaradaBab al-JabiyaSouk couvert de DamasGrande Mosquée des Omeyyades (Jami al-Umawi)Mosquée Sinan PachaStraight Street (Via Recta)Quartier de Bab ToumaBab al-FarajMarché des épices de DamasMusée National de DamasPalmyreBeyrouth

Photos communautaires : Damas

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Souk
Souk
© Bagolina
Porte dans la vieille ville de Damas
Porte dans la vieille ville de Damas
© Bagolina
Il a osé !
Il a osé !
© jfgornet
Dessous de Damas
Dessous de Damas
© jfgornet
Mode et voiles (2)
Mode et voiles (2)
© jfgornet
5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
© Jeanne Menjoulet
Ruelle de Damas
Ruelle de Damas
© mickou
Haute couture à Damas
Haute couture à Damas
© jfgornet
Questions fréquentes

FAQ — Damas

Quel est le meilleur point d'entrée dans le Vieux Damas ?

Bab al-Jabiya, la porte sud du souk, offre un accès moins touristique et plus vivant que les autres entrées. C'est le point de départ idéal pour explorer le dédale du marché couvert sans foule excessive.

Faut-il prévoir du temps pour les formalités à l'aéroport de Damas ?

Oui, prévoyez au minimum deux heures. Les vérifications aux douanes sont minutieuses, avec contrôles approfondis des passeports. L'aéroport international de Damas Barada peut connaître des délais significatifs.

Quel budget prévoir pour les transports locaux ?

Les taxis collectifs (microbus) coûtent environ 200 livres syriennes par trajet en ville (0,40 euro). Les bus urbains sont encore moins chers. C'est un mode de transport économique et pratiqué par les habitants.

La Grande Mosquée des Omeyyades vaut-elle le détour ?

Absolument. L'entrée est gratuite mais comptez 500 livres pour le vestiaire des chaussures. L'atmosphère est recueillie malgré les centaines de visiteurs, avec des marbres blancs et des carreaux de céramique bleu turquoise remarquables. Une expérience profondément spirituelle.

Comment naviguer le souk sans se perdre ?

Prévoyez au minimum trois heures et acceptez de vous égarer : c'est l'essence de l'expérience. Un téléphone chargé avec une lampe torche est recommandé. Sans plan précis, vous découvrirez des passages moins touristiques et des vendeurs d'eau de rose locale.

Les coupures d'électricité sont-elles fréquentes ?

Oui, elles peuvent survenir sans préavis, même en centre-ville et dans les restaurants. Une lampe torche et une batterie externe de téléphone sont essentielles. Les services civiques (restaurants, cafés) distribuent des bougies lors des coupures.

Où manger authentique dans le souk ?

Restaurant Soukkna rue Bab al-Sharqi face à la Mosquée Sinan Pacha : hummus (350 livres), kibbeh (450), thé menthe gratuit. Les portions sont modestes pour le tarif. Négociez les prix des épices au marché de Bab al-Faraj, mais attendez-vous à quelques arnaques mineures.

Que visiter en dehors du souk ?

Le Musée National (600 livres) présente des fresques byzantines palmyréniennes impressionnantes. Le quartier de Bab Touma abrite des communautés chrétiennes syriques avec églises arméniennes actives. La Straight Street (Via Recta) historique offre cafés et pâtisseries au miel.