Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Damas Barada le matin du 15 octobre, après un vol Syrian Air depuis Beyrouth. L'attente aux formalités a duré presque deux heures — un préposé aux douanes vérifiait chaque page de nos passeports avec une lenteur désarmante. La température était déjà à 28 degrés, même à 7 heures du matin. Le taxi blanc collectif (microbus bleu et blanc, numéro 1247) qui nous a menés vers la vieille ville sentait l'essence et le pain au sumac qu'un passager mangeait. Nous avons payé 200 livres syriennes par personne, soit environ 0,40 euro. Le chauffeur, Khalil, nous a déposés Bab al-Jabiya, la porte sud du souk. C'était un choix malin : moins touristique, plus vivant. Les ruelles qui tournent sans finNous avons marché trois heures dans le dédale du marché couvert de Damas sans plan précis. La nuit précédente, l'électricité avait coupé dans notre hôtel (le Malki House, chambre 307), donc pas de recharge téléphone. C'était une erreur tactique. Le souk est immense : on s'y perd réellement. Les marchands criaient leurs prix en arabe, les femmes voilées poussaient des chariots métalliques remplis de tissu. L'odeur était celle du cumin, de l'ail frit, de la transpiration humaine. Pas désagréable, juste intense. Au détour d'une ruelle, nous avons croisé un enfant qui vendait de l'eau de rose en petit verre ; nous en avons acheté pour 150 livres. Le goût était sucré, floral, légèrement amer. Vers midi, nous avons mangé au restaurant Soukkna (rue Bab al-Sharqi, face à la Mosquée Sinan Pacha). Hummus à 350 livres, Kibbeh à 450, pain naan à 100. La serveuse nous a apporté automatiquement du thé menthe gratuit. L'hummus était bon, mais l'huile d'olive était trop salée — un détail qui nous a contrariés parce que les portions étaient petites pour le prix demandé. Moment marquant : la Mosquée des OmeyyadesNous avons passé l'après-midi à la Grande Mosquée des Omeyyades (Jami al-Umawi). L'entrée était gratuite, mais il fallait payer 500 livres pour garder les chaussures au vestiaire. À l'intérieur, le silence était total malgré les centaines de visiteurs. Les murs en marbre blanc réfléchissaient la lumière des carreaux de céramique bleu turquoise. Un homme âgé en djellaba grise s'est assis à côté de moi et a commencé à réciter des versets du Coran, les yeux fermés. J'ai compris — sans parler l'arabe — qu'il n'y avait rien de théâtral chez lui. Juste la prière. Cela m'a touché d'une manière que je ne peux pas vraiment expliquer. Soirée mitigée et coupure d'électricitéLe soir, nous avons dîné au Café al-Rawda (Straight Street, historiquement connue sous le nom de Via Recta). Nous avons commandé du café turc (très serré, avec trois sucres comme on nous l'a proposé) et des pâtisseries au miel — 600 livres le lot. Le café était excellent, presque noir, avec ce résidu épais au fond de la tasse. Mais le café a coupé l'électricité à 20 h 30 sans prévenir. Tous les restaurants et les lampadaires du quartier se sont éteints d'un coup. Nous nous sommes retrouvés dans le noir avec une centaine de personnes. Certains ont sorti leur téléphone pour faire lumière. Le café a distribué des bougies. C'était surréaliste et légèrement stressant. Nous sommes retournés à l'hôtel à pied en utilisant une lampe torche. L'électricité n'est revenue que vers 23 heures. Les autres joursNous avons aussi visité le Musée National (entrée : 600 livres). Les fresques byzantines des églises palmyréniennes nous ont impressionnés. Nous avons pris le bus numéro 5 (compagnie Karmat, arrêt Méjé) pour aller au quartier de Bab Touma, où vivent encore des chrétiens syriens. Une vieille église arménienne était ouverte ; nous avons écouté une chorale de femmes répéter des hymnes pour la fête de saint Grégoire. Aucun touriste n'était là. Le dernier jour, nous avons acheté des souvenirs au marché des épices (près de Bab al-Faraj) : pistaches, fleur de sel, sumac. Le vendeur nous a arnaqués légèrement sur les poids (nous en sommes sûrs après avoir pesé à l'hôtel), mais nous avions trop envie d'acheter pour discuter.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée des Omeyyades à l'aube (arriver avant 7 h, silencieux absolu)
Souk de Damas, secteur Bab al-Jabiya (pain baladi à 50 livres chez le vendeur du coin nord-est)
Restaurant Soukkna pour le kibbeh (450 livres, portions généreuses les lundi-mercredi)
Rue droite (Via Recta) et église Ananias (peu touristique, atmosphère chrétienne intacte)
Bus numéro 5 vers Bab Touma en fin d'après-midi (vue sur la vieille ville depuis le haut de la rue)
Photos — Damas
Et au final.
Damas nous a écorchés et fascinés à la fois. Les gens sont généreux, curieux, souvent chaleureux. Mais les coupures d'électricité, les petites arnaques touristiques et l'absence de confort moderne ont rendu le voyage épuisant par moments. Nous ne regrettons pas, mais nous ne sommes pas partis détendus.








