Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Dubrovnik un 2 août vers 14h, après un vol Lufthansa depuis Strasbourg. Le chauffeur de taxi (Marko, téléphone griffonné sur un carnet jauni) nous a emmenés à l'hôtel Hilton Imperial pour 180 kuna. La route côtière nous a tout de suite frappés : mer turquoise, falaises de calcaire blanc, mais aussi une chaleur étouffante qui s'engouffrait par les vitres baissées. Le premier soir, nous avons marché dans la Vieille Ville via la Porte Pile. L'odeur de lavande mélangée aux gaz d'échappement des scooters nous a surpris. Nous avons dîné à La Tana, petite ruelle derrière la cathédrale, où le risotto aux fruits de mer (180 kuna) était honnêtement moyen, gluant. Le serveur nous a surfacturé 40 kuna « pour le pain ». Ça nous a agacés, mais on a payé. Les murs de Dubrovnik et la fouleLe matin du 3 août, lever à 5h30 pour faire le tour des remparts avant la cohue. Les murs de la ville date du 12e siècle, on peut les faire à pied en 2 heures. À 6h, il y avait déjà trente personnes. À 10h, c'était un embouteillage humain. Les enfants criaient, les selfie-sticks volaient. On a croisé un groupe de cent personnes portant le même gilet orange : une croisière qui se déchargeait en bloc. Entrée aux murs : 150 kana (12 euros). Ce qui nous a marqués, c'est le contraste : d'un côté la mer calme et verte des falaises sud, de l'autre la rue Stradun bondée de touristes qui traînaient des valises en criant. Thomas a dit « c'est Disneyland ici », et il n'avait pas tort. Îles Élaphites : Lopud et le calme relatifLe 4 août, nous avons pris le ferry depuis le port de Gruž (ligne 4 à 9h, compagnie Lošinjska Plovidba) pour Lopud. 30 kuna par personne. Le bateau sentait le diesel et l'eau salée. Nous avons louché notre maison de pierre chez une propriétaire croate, Jasmina, 500 kuna la nuit. Lopud est petit, souvent décrit comme un havre de paix, mais encore : en août, c'était rempli. Nous avons trouvé une plage presque libre en marchant 40 minutes au sud. L'eau était d'un bleu-vert qu'on ne voit jamais dans les pays du nord. La température : 28 degrés Celsius l'air, 24 dans l'eau. Nous avons nagé deux heures. À midi, nous avons mangé des poulpes grillés (octopus) au restaurant Ivo, terrasse en bois sous les pins. 250 kuna le plateau pour deux. Le goût de l'iode du poulpe, la sensation du jus citronné qui dégouline, c'était bon. Excursion à Cavtat et galère administrativeLe 6 août, nous avons loué une voiture Renault Clio chez Euro Car (Dubrovnik, gare routière de Autobusni Kolodvor). 280 kuna par jour. Nous avons roulé vers Cavtat, 20 km au sud. Route sinueuse, très empruntée. Nous avons visité le cimetière de Cavtat (gratuit), avec ses mausolées en pierre blanche du peintre Vlaho Bukovac. Ensuite, déjeuner au Traktorist, resto avec vue sur la baie, spécialité « brodetto » (ragoût de poisson local), 220 kuna. Galère du jour : notre renouvellement de permis de circulation (vignette) était expiré, policier arrêté à un feu rouge nous l'a signalé, amende 500 kuna. Nous ne l'avions pas vu en empruntant la voiture. Ça nous a mis une demi-heure à trier ça, appel au loueur, stress inutile. Mostar et les montagnes : pause du tourisme de masseLe 7-8 août, nous avons roulé à l'intérieur, vers Mostar (120 km, 1h45 de route). Mostar est en Bosnie-Herzégovine, petite incursion hors Croatie. Le pont Stari Most a été détruit en 1993, reconstruit en 2004. Il y a ici des plongeurs qui sautent du pont pour l'argent des touristes. Nous avons mangé des ćevapi (brochettes de viande hachée) pour 15 kuna, assis en tailleur dans une petite boutique sans chaise. C'était excellent, rien de prétentieux. La vieille ville sent le café turc et la pierre chauffée au soleil. Le moment marquant : dans une ruelle, une femme âgée nous a parlé en croate, puis en anglais, nous invitant à boire le café chez elle. Nous avons accepté. Son salon était glacial (air conditionné à fond), photo de Tito au mur, tasses en porcelaine fine. Elle nous a raconté la guerre de 1992-95. Silence lourd. Puis elle nous a dit « mais maintenant c'est bien, les jeunes voyagent, vous êtes les bienvenus ». Ça a résonné. Retour à Dubrovnik, derniers joursLe 9 août, retour à Dubrovnik. Visite du musée de la Guerre (70 kuna), photos de destruction, objets troués de balles. Puis dîner à Nautika, resto pour touristes mais honnête, crème de courge en velouté (160 kuna). Le 10 août, dernier matin, café au Café Gradski Loggia, face à la rue Stradun, 25 kuna le cappuccino. Les pigeons nous ont volé nos brioches. En relisant nos notes : nous sommes partis avec des attentes « voyage de rêve » et nous avons trouvé une Croatie honnête, surpeuplée en août, chère pour ce qu'on reçoit souvent, mais attachante dès qu'on sort des sentiers balisés. Le rapport qualité-prix n'est pas fou. La chaleur nous a épuisés.
Les bons plans repérés sur place.
Remparts de Dubrovnik au lever du soleil (5h30), avant la ruée touristique
Plage sud de Lopud à pied, 40 min de marche, eau à 24°C, vide en matinée
Poulpes grillés du restaurant Ivo sur Lopud, 250 kuna pour deux, citron frais pressé
Pont Stari Most à Mostar en Bosnie-Herzégovine, ćevapi de rue pour 15 kuna
Ferry Lošinjska Plovidba vers îles Élaphites, ligne 4 depuis port de Gruž, 9h départ
Et au final.
La Croatie est belle, sans doute, mais août ce n'est pas la bonne période. Les petites îles restent agréables, Mostar vaut le détour, Dubrovnik même c'est trop touristique. Nous reviendrions en mai ou septembre, et nous éviterions les restaurants branchés du centre-ville.