Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international Harry Mwanga Nkumbula de Lusaka un jeudi matin à 6 h 30, après une correspondance cauchemardesque à Johannesburg. Le vol Ethiopian Airlines avait deux heures de retard. Première galère : le distributeur de billets de la Zambia National Commercial Bank au terminal ne fonctionnait pas. On a dû demander à un agent à la réception d'où trouver un ATM qui marche. Il nous a envoyés au Shoprite du centre commercial de Lusaka, à 20 km du centre-ville. Trajet en taxi sans compteur : 180 000 kwacha (environ 8 euros), le chauffeur nous a dit « tourist price ». On a décidé de rester deux jours à Lusaka pour s'acclimater. On logeait à l'hôtel Crescent, une petite maison d'hôtes sympa rue Cairo Road, à 65 dollars la nuit. Le propriétaire, un type âgé avec un accent anglais posh, nous a recommandé le restaurant Chez Nando's pour les nandos. On y est allés le soir : des cuisses de poulet marinées aux épices peri-peri, 35 000 kwacha (1,50 euro). C'était basique mais le goût était correct, avec cette chaleur épicée qui vous reste dans la gorge. La température ce jour-là frisait les 32 degrés. On s'est endormis en transpirant dans les draps, même avec le ventilateur au maximum. Le samedi, on a pris un bus de la compagnie Mazhandu pour Livingstone. Douze heures de route. Le bus, un gros engin blanc avec des sièges en vinyle usés, partait à 5 h 30 du terminal de Lusaka Intercity. On a apporté des sandwichs du Shoprite parce qu'on avait lu des retours négatifs sur les haltes routières. À midi, arrêt à Mazabuka pour le déjeuner : on s'est forcés à manger une nshima avec relish dans un petit resto routier. La nshima, c'est une bouillie de maïs blanc, un peu pâteuse. L'odeur du charbon de bois qui cuisait dehors, mélangée à celle de l'huile de friture, ça reste collé aux vêtements. On s'est arrêtés trois fois pour permettre au moteur de refroidir. Arrivée à Livingstone à 18 h 45. Livingstone, c'est petit. Deux rues principales : Mosi-oa-Tunya Road et Kamba Drive. On a logé à l'auberge Maramba River Lodge, 45 dollars la nuit avec un patio vue sur la rivière Zambèze. Le bruit des hippopotames la nuit, c'était un truc dingue. Pas un son « magique », juste des grognements graves qui vous réveillent à 2 h du matin. Le point positif : le gérant, Peter, nous a organisé un tour des Chutes Victoria avec un guide local, Moses, pour 80 dollars. On s'est levés à 5 h 30 pour attraper le lever du soleil sur les chutes. Moses nous a expliqué que le débit était plus faible en septembre qu'en mai, mais on avait quand même des tonnes d'eau. L'air était humide, presque saturé. Ça dégageait une odeur de rochers mouillés et de végétation tropicale. Moment marquant : on était debout sur le pont de Victoria Falls Bridge, entre la Zambie et le Zimbabwe, avec cette brume blanche qui montait des 108 mètres de chute. Moses nous a raconté une histoire sur un touriste britannique qui avait voulu faire du bungee jumping en 1994, le premier au monde depuis ce pont. C'était pas banal d'être là-bas à l'aube. On a passé deux jours à explorer les environs. Le marché de Livingstone, le long de Arusha Street, c'était le chaos absolu : des vendeurs de fruits, d'artisanat, de vêtements, tous qui criaient en même temps. On a acheté des mangues pour 10 000 kwacha le kilo. Elles étaient sucrées, molles. Un moment désagréable : un gamin nous a suivis deux heures en criant « money, money ». On s'est énervés. On aurait pu gérer ça mieux. On a aussi visité le Livingstone Museum, un bâtiment en briques beiges sur Mosi-oa-Tunya Road, avec des expos sur David Livingstone et l'histoire coloniale. L'entrée : 50 000 kwacha (2 euros). Les expos étaient un peu datées, pas mal de textes en anglais mal écrits. La faune, on l'a vue surtout en safari. On a réservé avec un opérateur local, Shearwater Adventures, pour un canoe trip sur le Zambèze en amont des chutes. Trois heures, 70 dollars. On a croisé des éléphants qui buvaient à la rivière, des hippopotames cachés dans l'eau, des aigles. C'était bien mais tendu : une hippopotame femelle s'est rapprochée de notre canoe. Le guide nous a dit de rester silencieux et de ramer doucement. On a senti la peur, honnêtement. On s'est éloignés sans incident. On a pris le vol de retour Ethiopian Airlines depuis Lusaka, samedi matin, vers Addis-Abeba. À l'aéroport, dernier truc : le café au terminal was overpriced, 25 000 kwacha (1 euro) pour un café qui avait le goût du carton. On a juste vogué sur nos souvenirs.
Les bons plans repérés sur place.
Victoria Falls Bridge : voir l'aube sur les chutes depuis le pont à 5 h 30, Moses comme guide (80 dollars pour deux)
Maramba River Lodge, Livingstone : patio avec vue sur le Zambèze, bruit des hippopotames la nuit, 45 dollars
Canoe trip Shearwater Adventures : naviguer en amont des chutes, croiser éléphants et hippopotames en trois heures
Marché de Livingstone (Arusha Street) : mangues fraîches à 10 000 kwacha le kilo, chaos authentique
Chez Nando's à Lusaka : nandos peri-peri basiques mais gourmands, 35 000 kwacha pour des cuisses de poulet
Photos — Livingstone et Lusaka
Et au final.
La Zambie, c'est pas un endroit pour les touristes qui cherchent du confort ou des infrastructures nickels. Les Chutes Victoria valent vraiment le coup, mais faut s'attendre à des imprévus (retards, prix qui montent pour les touristes, infrastructure limite). Livingstone, c'est petit, pas très touristique malgré sa célébrité. On regrette de pas avoir exploré plus la North Game Management Area. Ça aurait demandé plus de temps et de budget.
