Comment ça s'est passé.
Arrivé à Denpasar le 3 novembre par Garuda Indonesia vers 16h30, j'ai pris un taxi blanc à la sortie pour Ubud (90 km, 250 000 IDR, environ 15 euros). La route en scooter aurait coûté moins cher mais après 14h de vol, j'ai craqué pour le confort. Le conducteur m'a parlé de la fête de Nyepi qui arrivait dans trois semaines. J'ai posé mes affaires à la pension Pondok Suara rue Jalan Dewi Sri à Ubud : une minuscule chambre avec ventilateur, eau froide, mais à 8 euros la nuit. Dès le lendemain, dès 5h45, j'étais debout pour photographier le lever de soleil depuis la Tegallalang Rice Terrace. Les rizières y sont vraiment en étages comme on les voit en carte postale, ça au moins c'est pas du bluff. Mais il y avait déjà 200 touristes, selfie-sticks levés, des petits vendeurs de jus de mangue collés à nous. L'odeur de feu de bois mêlée au compost des champs m'a pris à la gorge. Ubud : culture et arnaque de marchéLe marché central d'Ubud (Pasar Ubud), ouvert dès 6h, c'est le chaos organisé. J'y suis allé acheter des fruits : papaye (5 000 IDR le kilo), mangoustan (20 000 IDR). Un vendeur de sarongs m'a collé des pièces dans les mains sans demander, puis réclamé 400 000 IDR. Classique. J'ai refusé, il a cramé ses pneus mentaux. Leçon apprise : ne pas toucher à ce qu'on ne veut pas acheter. Pour manger, le restaurant Warung Bodag Maliah rue Jalan Raya Ubud propose un gado-gado décent pour 35 000 IDR (2,30 euros). La sauce d'arachide était épaisse, riche, avec ce goût légèrement brûlé que j'adore. Un jour j'ai commandé un jus frais au café Sayan House Coffee (40 000 IDR) : le barista m'a expliqué qu'il venait de la montagne Batur, moulu le jour même. Ça goûtait franchement bon, amer sans agressivité. Visite du temple Tirta Empul (20 km nord d'Ubud) : pas compliqué d'y aller en scooter de location (50 000 IDR la journée chez Ketut Rental). Les bassins sacrés, oui, il faut payer pour descendre s'y baigner (30 000 IDR). L'eau est froide, criarde presque. J'y suis resté 15 minutes, puis j'ai senti la claustrophobie de la foule des touristes qui prenaient des photos en maillot de bain fluorescent. Moment bizarre. Sanur : l'autre BaliTrois jours à Sanur, côté est, pour souffler. J'ai dormi à l'hôtel Puri Santrian Beach Bungalows (85 euros la nuit en double). Plage plus calme qu'à Kuta, mais aussi plus vide. Le coucher de soleil au bar La Taverna (Jalan Danau Poso) : bière locale Bintang (35 000 IDR), pizza correcte (90 000 IDR). J'ai discuté avec un serveur qui m'a dit que la saison des pluies commence en novembre, que les prix montent sec en décembre. Snorkeling le matin via Bali Hai Cruises : 89 euros l'excursion. Récif corallien, poissons multicolores, tout ça existe bel et bien. Mais le bateau était bondé, 150 personnes. On s'entassait. Pendant le trajet vers l'île de Nusa Lembongan (45 min), un couple anglais a vomi sur le pont. L'odeur d'essence diesel mêlée à autre chose a tenu bon pendant deux heures. Kuta : clichés acceptésTrois nuits à Kuta histoire de tester le circuit touristique standard. The Ramayana Resort & Spa (110 euros), piscine, vraiment pas mal. Le quartier c'est Duty Free, restaurants de chaîne, bars de routards. Pas mon truc mais des gens y trouvent leur compte. J'ai mangé une nasi kuning (riz jaune safran) chez Warung Pulau Kelapa pour 25 000 IDR, et c'était honnête. Tentative de cours de surf à Surfers Paradise Café (leçon 2 heures : 300 000 IDR, 20 euros). Moniteur sympa nommé Made. Vague pas terrible ce jour-là. Je me suis pris du sable partout, même dans les oreilles. Sensation bizarre, grinçante, trois jours pour tout bien rincer. Ce qui a moins pluLes routes : pot-holes partout, pas de panneaux clairs, les motos slaloment sans regarder. J'ai failli me faire rentrer dedans deux fois. Les prix pour touristes : double tarif systématiquement si tu n'es pas local. Le wifi capricieux (pénible pour travailler). Et puis le revers du succès : partout des hordes de selfie-chasseurs qui écrasent les lieux sous le flot touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Tegallalang Rice Terrace au lever du jour (5h45) — sans les murs de touristes, c'est vraiment spectaculaire
Warung Bodag Maliah à Ubud pour le gado-gado sauce cacahuète faite le jour même
Tirta Empul et ses bassins sacrés (30 000 IDR entrée) — impactant malgré la foule
Scooter rental sur Jalan Hanuman pour explorer les petites routes d'Ubud loin des circuits principaux
Sanur versus Kuta : choisir le côté est pour plus de calme et moins de fêtards
Et au final.
Bali c'est réel, certes. Les temples sont beaux, la bouffe est bonne marché et délicieuse, les gens souriants. Mais faut accepter qu'on y perd l'illusion de la découverte. C'est du produit touristique hyper rôdé, avec ses embûches de marché et ses foules. Je reviendrais pour le café et les rizières, mais pas avec l'espoir de trouver l'Indonésie profonde dans le Bali mainstream.