Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Silvio Pettirossi d'Asunción un mardi matin à 6 h 45. Je prends un taxi collectif qui fait la liaison jusqu'au centre-ville pour 50 000 guaraníes (environ 7 euros). Le chauffeur roule comme un fou sur l'Avenida Mariano Roque Alonso, je me demande si j'ai vraiment besoin de cette expérience à 7 h du matin. L'hôtel Cecilia, rue Alberdi, est basique mais propre : chambre avec clim qui fait un bruit d'enfer, mais c'est supportable pour 35 euros la nuit. Première journée dans les rues d'Asunción. Je me suis perdu trois fois en cherchant la Cathédrale Metropolitana depuis la Plaza de Armas. Les gens sont sympathiques mais peu parlent l'anglais. J'ai découvert par hasard le marché San Felipe : odeur musquée de viande crue et d'épices mélangées, des vendeurs qui crient les prix. Un corral (portion de viande grillée) à 25 000 guaraníes, c'est consistant mais gras. Le Paraguay, c'est un pays carnivore, no joke. Le samidí (7 juillet), j'ai pris le bus 30 depuis la Estación Central de Autobuses (façade en béton gris, presque dystopique) pour aller à Iguazú. Compagnie Nuestra Señora de Asunción. Trajet de 7 heures, sièges inconfortables, climatisation glaciale qui donne froid alors qu'on transpire dehors à 32 degrés. Le désenchantement des chutesLes chutes d'Iguazú, je dois être honnête : ce n'était pas le coup de coeur que j'imaginais. Le côté brésilien était fermé pour maintenance le jour de ma visite, donc j'ai vu seulement le côté argentin depuis l'hôtel de jungle Iguazú Falls à Puerto Iguazú. L'eau rugit (littéralement, c'est assourdissant), les embruns te trempent, mais après 2 heures tu as fait le tour. Restaurant Puente Iguazú à midi : surimi grillé (milanesa de pescado) à 180 pesos argentins, portion énorme, qualité correcte. Mon moment le plus frustrant : j'ai pris le mauvais bus pour revenir, j'ai attendu 45 minutes à côté d'une route poussiéreuse en pensant que c'était l'arrêt bon, ce n'était pas le cas. Finalement revenu à Asunción le lendemain. Le Chaco : le vrai chocJ'ai loué une voiture (Toyota Corolla, budget car rental, 300 000 guaraníes pour deux jours) pour aller au Chaco. La route est une succession de nids-de-poule et de portions asphaltées. Estancia San Juan de Dios, petite station touristique, à 3 h de route vers l'ouest. Paysage désertique, arbustes épars, zéro habitations. On croise des Mennonites en carriole à cheval. C'est étrange, coupé du monde. La chaleur sèche qui s'engouffre dans la voiture sent la terre cuite. La nuit, le ciel étoilé est incroyable (pas de pollution lumineuse). J'ai dormi à l'estancia dans un cabanon basique avec moustiquaire : 50 euros, repas inclus. Tereré (boisson traditionnelle à base d'herbe mate, eau froide, menthe) servi à 17 h, c'est rafraîchissant mais le goût est herbacé, presque amer, faut s'y faire. Avant de partir, j'ai passé deux jours à flâner dans Asunción. Marché Lido à 8 h du matin, qui sent l'essence de diesel et la mangue trop mûre. Café au Bar Rococó (esquina Eligio Ayala et 15 de Agosto) : café simple, fort, 8 000 guaraníes. Le serveur m'a volontairement surtaxé de 10 000 g en pensant que j'ne remarquerais pas. Galère classique en voyage. Musée de l'Identidad (entrée 50 000 g) : petit mais intéressant, explique bien l'histoire coloniale et la Guerre de la Triple Alliance. Pas de climatisation dans certaines salles, on suffoque littéralement en lisant sur Gaspar Rodríguez de Francia. Les petites joies : une puja (apéritif) à 19 h sur la Costanera avec des habitants locaux qui m'ont expliqué la politique du pays (conversación compliquée, mon espagnol avait ses limites). Bière Paraguay (cerveza Brahma local) à 12 000 g. Ils étaient sincères, pas du tout « touristes » dans leur attitude. Livraison de repas à l'hôtel le dernier soir : tarnina (légume local en sauce) et milanesa, livré par un type à moto, arrivé en 35 minutes.
Les bons plans repérés sur place.
Marché San Felipe à Asunción (rue Pilar) : vendeurs de fruits, poisson, viande, chaos organisé le matin vers 8 h
Estancia San Juan de Dios au Chaco : lever de soleil à 5 h 30, ciel sans étoile la nuit, tereré à 17 h
Restaurant Puente Iguazú (côté argentin) : milanesa de pescado, vue directe sur les chutes, bruit assourdissant
Tereré en fin d'après-midi avec habitants locaux à la Costanera d'Asunción : interaction authentique, goût herbacé caractéristique
Musée de l'Identidad (Asunción, Eligio Ayala) : histoire coloniale bien expliquée, salles sans clim mais intéressant
Et au final.
Le Paraguay n'est pas une destination qui donne des frissons immédiatement. C'est un pays rugueux, pas très finalisé touristiquement. Mais ça crée une certaine authenticité. Ce qui m'a manqué : plus de temps dans les villages mennonites du Chaco, et une meilleure organisation des transports. À refaire ? Peut-être, mais en prenant plus de temps pour vraiment connaître les gens.







