Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Budapest un matin de septembre après un vol Wizz Air à 5h50 de l'aéroport de Beauvais. Morne. Le bus 200E nous a lâchés à Deák Ferenc tér vers 8h30, et déjà on sentait cette odeur bizarre : mélange de diesel, de pain chaud et de soufre. Le soufre, c'est les thermes. Ça vous colle à la peau même avant d'entrer dedans. Premier jour : on s'est plantés. On voulait aller aux Széchenyi Thermal Bath, mais le caissier du métro (ligne M1, vieille rame jaune des années 70) nous a envoyés à Széchenyi Fürdő au lieu de « City Park ». Résultat, on a attendu 45 minutes de plus. Malentendu débile. Mais bon, on y est arrivés, et là c'est vrai que c'était dingue : l'eau turquoise à 38°C, les retraités hongrois jouant aux échecs dans le bassin extérieur sous la vapeur, et cette sensation de flotter en apesanteur qu'on ne retrouve nul part ailleurs. Prix : 5 600 HUF pour deux (un peu moins de 15 euros). Le quartier de Castle District, on l'a attaqué le deuxième jour. Montée à pied depuis le pont de chaînes (Széchenyi Lánchíd) jusqu'au Fisherman's Bastion. Les jambes brûlaient à mi-pente. Vue sur le Parlement depuis le terrace est juste normale, pas transcendante comme on nous l'avait dit. Mais on a mangé un lángos (pain frit à l'ail) chez un vendeur de rue devant la basilique Matthias — 1 200 HUF — et là j'ai compris pourquoi les gens reviennent à Budapest. C'est simple, c'est gras, c'est chaud, ça vous remplit de fierté alimentaire. Goût de ail tellement fort qu'on avait les joues qui chauffaient. Le quartier juif (District VII) : c'est là qu'on a ressenti quelque chose. Pas de manière touristique. On a juste marché dans Kazinczy utca vers 19h, quand les petits restaurants souvenirs fermaient, et il y avait cette synagogue vide à moitié illuminée (Grande Synagogue), les murs avec les noms des morts gravés, et les gens qui passaient. Point noir du voyage : on s'est fait interpeller par un faux « contrôleur de métro » dans le M1 qui demandait à voir nos tickets. Notre ticket était valide. Il nous a quand même demandé une amende de 10 euros chacun « pour l'erreur ». Arnaque classique de Budapest. On a refusé, il a grogné, on a continué. La Grande Halle du Marché (Központi Vásárcsarnok) : on y est allés un dimanche matin. C'était fermé parce que c'est dimanche. Lundi matin, on y retourne. Rez-de-chaussée : viande, fromage, légumes. Étage : souvenirs à la con et un resto où on a mangé une gulyás (goulash de boeuf) pour 2 800 HUF. Bon mais pas exceptionnel. Le vrai intérêt, c'était l'odeur : un mélange de paprika fumant, de viande grillée et de fleurs séchées du stand des herbes. On aurait pu y rester une heure juste à respirer. Ruin bars : on a testé Szimpla Kert (Kazinczy utca). C'était blindé, cher (bière pression : 1 200 HUF, soit 3,20 euros), et l'ambiance était un peu trop « Instagram pour touristes ». Meilleure expérience bar : Élőtér, un petit bistrot à côté du musée d'art contemporain, où le barman parlait français et où les gens du coin venaient réellement. Pinte à 900 HUF. On a parlé avec un gars qui bosses en informatique à Budapest, il nous a dit que les salaires c'était 70-80% moins qu'en France. On a compris pourquoi les prix semblaient si bas. Le Parlement (Országház) : on a pris un tour anglophone, 10 AM sharp. Guide ennuyeux, mais l'escalier d'honneur en marbre blanc, les plafonds peints, c'était colossal. Pas du kitsch. Juste gros. Pas d'essayer d'aller par le M2 depuis Kossuth Lajos tér, les escalators étaient cassés le jour où on y est allés : on a monté les marches à côté, trempés de sueur. Derniers jours plus ou moins gâchés par la fatigue et une gastro mineure (peut-être le lángos). On a flâné à Andrássy Avenue (la grande avenue de Budapest), acheté des trucs inutiles à la Basilique Saint-Étienne, pris un dernier verre au bord du Danube en regardant le Buda flotter dans le brouillard du soir.
Les bons plans repérés sur place.
Széchenyi Thermal Bath (bassin extérieur à 38°C, en septembre on était moins de 20 personnes)
Rue Kazinczy utca de nuit (ancien quartier juif, petits restaurants ouverts, odeur de paprika)
Lángos du vendeur devant la basilique Matthias (pain frit à l'ail, 1 200 HUF, irremplaçable)
Fisherman's Bastion (vue banale mais la montée vaut le coup)
Élőtér bar (à côté du musée d'art contemporain, où les locaux traînent vraiment)
Et au final.
Budapest, c'est une ville qu'on aime bien sans fanfare. On y reviendrait pour les thermes et les petits bars, mais le côté « destination touristique hyper-codifiée » nous a mis un peu mal à l'aise. Et franchement, 10 jours c'est trop long si vous n'aimez pas traîner sans plan.







