Comment ça s'est passé.
On a atterri à Budapest Ferenc Liszt International Airport un mercredi matin à 9h30, complètement défoncés par le décalage. Premier choc : les taxis à l'aéroport font du hold-up. On a pris le bus 200E direct vers Deák Ferenc tér au lieu de payer 40 euros pour un taxi pourri. Ça nous a coûté 550 HUF (1,50 euro), et c'était déjà ça de gagné parce qu'on était fauché. L'hôtel Unio qu'on avait réservé sur Booking pour 65 euros la nuit nous a surpris en bien. Chambre étroite mais propre, et surtout la proprio Maria, une femme d'une soixantaine d'années, nous a donné les vrais tuyaux : pas les restaurants touristiques du château mais la Hegyközség Vendéglő, une petite gargote dans le VIe arrondissement où on bouffe pour 3000 HUF (8 euros) un gulyás (le vrai ragoût hongrois) qui sentait le poivre et le laurier. On s'en est chaudement brûlé la gueule en le mangeant le premier jour. Les thermes, c'est pas une blague Le truc à faire, c'est vraiment les bains Széchenyi dans le parc de la ville. On y est allés un matin pluvieux, température dehors 8 degrés, et les bassins extérieurs à 38 degrés. La vapeur chaude qui monte quand on sort de l'eau, c'est physique, c'est fou. Entrée 6500 HUF (17 euros). Les vieux Hongrois jouaient aux échecs dans l'eau, genre immobiles depuis deux heures. Un mec nous a expliqué en anglais bancal qu'il venait là tous les jours « pour les rhumatismes et pour oublier la femme ». Les vestiaires, c'était le bordel complet : des clés partout, des gens qui crient, ça pue le chlore et le moisi. On a aussi traîné au Gellért Fürdő, plus petit, plus vieux aussi. Là c'était plus tranquille mais aussi moins intéressant. On a préféré. La Grande Synagogue et la réalité du 1er arrondissement On avait vu des photos du tram 2 qui longe le Danube, on voulait absolument le prendre au coucher du soleil. Spoiler alert : le 5 novembre, à 16h45, le soleil se couche déjà. Et le tram a eu trente minutes de retard sans explication. On s'est tapé une attente sous la pluie fine, les mains gelées, en se demandant si c'était vraiment « un must ». Finalement oui, c'était sympa, mais on aurait pu le faire n'importe quel jour à 14h et c'aurait été pareil. La Grande Synagogue (Dohány Street Synagogue), par contre, c'était vraiment lourd émotionnellement. 4000 HUF (11 euros) d'entrée, et la guide nous a parlé des 400 000 Juifs hongrois envoyés à Auschwitz. L'odeur des bougies votives, la chaleur de l'intérieur quand on est venu du froid, ça donne un truc qui serre la gorge. Pas glamour, pas instagrammable, juste vrai. Manger et traîner On a testé le marché de Nagyvásárcsarnok (Grand Marché Central) un samedi matin. C'est touristique mais c'est vrai que tu vois les trucs hongrois : des racks de paprika en poudre, des saucisses qui pendent, des tournesols en tas. On a acheté un sandwich « Érdekes » avec du lard fumé pour 1200 HUF (3 euros) à un vendeur qui nous a parlé français. Ça pue la viande grillée et les oignons crus à 100 mètres à la ronde. On s'est aussi posé dans des petits bars de ruin pub (Szimpla Kert, la référence, surpeuplé, trop cher) et puis on a trouvé un truc plus calme, le Instant, toujours dans une vieille maison délabrée mais moins de touristes anglais à sangloter. Un verre de vin blanc hongrois (Eger blanc) : 700 HUF (1,80 euro). Pas terrible, honnêtement. Dernier jour, on a trainé au château de Buda. Il faut prendre le bus 16 depuis Pest. Là on s'est rendu compte qu'on n'avait pas assez de temps pour vraiment explorar, juste des photos devant la Matyas Church. Regret à peu près 2/10.
Les bons plans repérés sur place.
Széchenyi Thermal Bath, bassins extérieurs à 38°C sous la pluie – apporter une serviette
Hegyközség Vendéglő (rue Bajza) : gulyás authentique à 3000 HUF, zéro décor mais vraiment bon
Tram 2 le long du Danube vers Óbuda – jour de pluie pour moins de touristes
Dohány Street Synagogue : silence et poids historique, apportez un kleenex
Marché Central le samedi matin avant 10h pour éviter la cohue, paprika en vrac à goûter
Photos — Budapest
Et au final.
Budapest m'a plu, mais c'est moins « magique » que ce qu'on en lit en ligne. Les thermes et le Danube, c'est vrai que c'est bien. Par contre, le coût de la vie n'est vraiment pas ce qu'on dit (les prix ont bien grimpé), et les rues touristiques sont fatigantes. Si je refaisais, je passerais peut-être 5 jours sur place plutôt que 8. Pas mal pour un automne froid en Europe, mais pas non plus une révélation.








