Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Nadi un mercredi matin, à 6 h 30, après 18 heures de vol depuis Paris. La chaleur m'a frappé immédiatement en descendant de l'avion : 28 °C avec une humidité qui collait à la peau, odeur salée mélangée au kérosène. Premier choc : la monnaie locale, le dollar fidjien (FJD). 1 € ≈ 2,3 FJD à l'époque. Pas mal pour le budget. On a pris un taxi blanc banalisé depuis l'aéroport jusqu'au Sofitel Fiji Resort & Spa à Nadi, pour une nuit de transition. Le chauffeur, un Fidjien d'une cinquantaine d'années nommé Ravi, parlait un anglais laborieux mais chaleureux. Trajet de 45 minutes, 35 FJD. L'hôtel donnait sur une petite baie avec des cocotiers : prix élevé (280 FJD la nuit), mais nécessaire après ce vol cauchemardesque. Jour 2-3 : Suva et ses marchésLe lendemain, on a pris le bus local numéro 32 direction Suva, la capitale. Six heures de route inconfortable dans un véhicule criblé de rayures et de stickers religieux. Pas de climatisation, fenêtres baissées, odeur de diesel et de sueur mélangée aux petits biscuits secs que vendaient les arrêts routiers. Arrivée à Suva vers 17 h. On a logé chez une propriétaire airbnb, Meera, qui louait sa maison à 45 € la nuit : très accueillante, mais l'eau chaude était intermittente et les moustiques malgré la moustiquaire constituaient un défi quotidien. Le marché de Suva (Suva Central Market), ouvert dès 6 h du matin, c'est l'endroit où vibrait la ville pour de bon. Ça sentait fort : fruits tropicaux écrasés, poisson frais, épices, urine d'animal. Fruits de la passion à 2 FJD le kilo, des mangues gigantesques à 1,50 FJD l'unité. J'ai acheté du kokum fidjien, un jus fermenté local qui demande du courage pour boire (goût acidulé très prononcé, texture gélatineuse). On a mangé du lovo fidjien (viande cuite dans des feuilles de bananier) chez un petit resto dans une ruelle près du port, mets fumant, moelleux, mais les mouches étaient omniprésentes. Comptez 8 FJD le plat. Jour 4-7 : Les îles Yasawa, la galère des connexionsRetour à Nadi pour prendre le bateau vers les îles Yasawa. C'est là que les choses se sont compliquées. On avait réservé via Yasawa Flyer Express, le ferry principal. Horaire prévu : 9 h 15. Arrivée au port à 8 h. Le personnel avait perdu nos confirmations email. Après une heure de négociation en anglais cassé, on a pu embarquer. Le bateau, un catamaran blanc usé, sentait la rouille et le sel. Trois heures de navigation avec des vagues plutôt fortes : j'ai eu le mal de mer, pas glamour. Arrivée à l'île de Naviti où on avait réservé le Oarsman's Bay Resort. Bungalow très simple, 55 € la nuit, mais face à une plage de sable blanc avec des rochers volcaniques noirs contrastant avec l'eau turquoise. L'eau était chaude, presque 30 °C. On a nagé pendant deux heures le premier jour. Le coucher de soleil vers 18 h 45 était vraiment spectaculaire : ciel orange et rouge mélangé, silhouette des palmiers contre le soleil, bruits des vagues. On a loué un bateau à moteur (Bula Tours, prix négocié à 80 FJD pour la journée) pour explorer les petites îles alentour. On a vu des coraux de face, du snorkeling médiocre en vérité (beaucoup de corail mort, peu de poissons colorés). Le moment marquant : on s'est arrêtés à une petite île sans nom, juste quelques huttes. Des enfants fidjiens ont voulu jouer avec nous. On a passé une heure avec eux, sans parler vraiment, juste à rire de gestes maladroits et à partager des bonbons. Aucun touriste, aucune infrastructure. C'était simple et vrai. Jour 8-11 : Viti Levu, côte sud et plantationsRetour à Nadi en ferry (même compagnie, encore un peu de retard). On a loué une voiture chez Europcar Fiji pour explorer la côte sud de Viti Levu. Route côtière très cahoteuse, paysages de plantation de canne à sucre qui s'étendaient à l'infini. On s'est arrêtés au Korolevu Beach Resort, à mi-chemin entre Nadi et la région de Sigatoka. Chambre modeste (40 FJD) directement sur la plage, mais avec des termites dans le plafond qui faisaient du bruit la nuit. Visite d'une petite distillerie artisanale de rhum fidjien (Tropics Rum Distillery, visite non guidée, entrée libre, honnête) : l'odeur était presque asphyxiante, mélange de mélasse et d'alcool. Rhum blanc acheté pour 25 FJD la bouteille, très correct. On a mangé au restaurant du resort : riz au lait de coco avec poisson grillé, 18 FJD. Bon, mais pas extraordinaire. Jour 12-14 : Retour à Nadi, dernier voletAvant le vol retour, trois jours à Nadi. On a choisi le Radisson Blu Fiji Resort (hôtel plus cher, 180 € la nuit) pour se reposer. Piscine, wifi fiable, c'était agréable après deux semaines de désordre. On a visité le temple hindouiste de Sri Siva Subramaniya à Nadi, construit en 1959, très coloré, beaucoup de sculptures dorées. Pas de touristes. On a mangé au restaurant The Local Fish Restaurant (face à la marina) : poisson du jour, salade verte, sauce à la noix de coco, 22 FJD. Goût du poisson frais, chair blanche délicate. Dernier jour, on a flâné au Port Denarau Shopping Centre, basique mais fonctionnel. Acheté des souvenirs taupe : bière Fiji (marque locale) à 3,50 FJD la canette, des colliers de fleurs séchées. Rien de spécial.
Les bons plans repérés sur place.
Le marché de Suva Central Market (ouvert avant 6 h) : fruits exotiques, odeurs intenses, vraie vie locale
Naviti Island, plage près du Oarsman's Bay Resort : eau turquoise, rochers volcaniques, couchers de soleil orange
Yasawa Flyer Express ferry : galère certaine, mais nécessaire pour les îles (réserver bien avant)
Sri Siva Subramaniya temple, Nadi : couleurs, sculptures dorées, très peu fréquenté par les touristes
Route côtière de Viti Levu sud : plantations de canne à sucre, routes cahoteuses, paysages agricoles authentiques
Photos — Suva / Nadi / Îles Yasawa
Et au final.
Fidji, c'est une destination à deux vitesses : les îles Yasawa et Viti Levu côtier offrent une vraie déconnexion, les couchers de soleil restent gravés. Mais il faut s'attendre à des retards de transport, à une infrastructure touristique souvent chaotique et à des tarifs qui ne sont pas franchement bas pour ce qu'on reçoit. On y revient ? Peut-être, mais pour moins longtemps et avec moins d'attentes.
