Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Vancouver à 16 h 30, le 15 septembre. L'air sentait déjà différent — un mélange de sel marin et de résine de sapin qui nous a frappés dès la sortie des portes automatiques. Taxi jusqu'à l'hôtel Rosewood Hotel Georgia dans le centre-ville : 45 dollars canadiens pour 20 minutes, le chauffeur nous a prévenu qu'il y aurait des bouchons. Il n'avait pas menti. Première nuit épuisante. Le décalage horaire nous a réveillés à 3 h du matin. Nous avons flâné dans les rues encore noires de Downtown Vancouver, croisant des sans-abris près de la gare routière Pacific Central. C'était sombre, inconfortable, loin de la carte postale. Le jour s'est levé sur Gastown, et là, l'atmosphère a changé. Nous avons petit-déjeuné au Nora Gray : œufs pochés sur pain de seigle grillé, cappuccino de 6 dollars. Le serveur parlait français avec un accent anglo-canadien amusant. Les trois jours à VancouverNous avons pris le bus 99 B-Line jusqu'à l'Université de Colombie-Britannique. Quarante minutes, 2,75 dollars par personne. Le campus est massive, mais ce qui nous a vraiment marqués, c'est le musée d'anthropologie : les totems haïdas des Premières Nations nous ont imposé le silence. Pas de « wow », juste du respect. Nous avons mangé un fish and chips chez The Fish House au parc Stanley — le poisson était frais, le tartre sauce piquante et les portions énormes (22 dollars). Les mouettes criaient autour de nous avec une agressivité calculée. Le marché Granville Island s'est avéré être une galère. Nous y sommes allés un samedi matin, le marché était si bondé qu'on pouvait à peine avancer. Les prix affichés semblaient doublés comparé à ce que nous auraient dit les Vancouvériens locaux. Nous avons réussi à acheter des moules fraîches quand même — le poissonnier nous a fait un geste de la tête, pas vraiment un sourire, plutôt de la résignation face à la foule. Jour trois : nous avons loué une voiture chez Hertz (75 dollars par jour) et nous avons roulé vers Whistler Blackcomb. La route BC-99 suit la côte, c'est spectaculaire mais terriblement long — trois heures pour environ 120 km. À Whistler, nous avons grimpé en télécabine (35 dollars) jusqu'à 2 000 mètres. Là, assis sur une chaise, on entendait rien que le vent qui passait entre les épicéas. Nous avons mangé un sandwich au fromage et à la dinde à la cabane du sommet — 18 dollars, portion ridicule, mais la vue sur les chaînes de montagnes valait chaque bouchée. Sur la route des RocheusesNous avons quitté Vancouver tôt le matin suivant. Direction Banff, en Alberta, environ 850 km. Nous avons dormi à Kamloops, au Days Inn (89 dollars la nuit), un motel franchement banal mais honnête. Le matin, nous avons pris le petit-déjeuner à un Tim Hortons — la chaîne nationale. Café médiocre, donut sucré, 5 dollars. Mais les locaux y étaient là, c'était du vrai Canada. Le parc national de Banff nous a écrasés d'une manière inattendue. Pas de sentimentalisme, juste : c'est vaste, calme, et on se sent minuscule. Nous avons exploré le lac Louise (entrée du parc : 20 dollars). Ce lac turquoise existe vraiment, presque insultant de beauté. Nous avons marché six heures autour du lac Moraine — départ à 6 h du matin, avant la foule touristique. À 7 h 45, nous étions presque seuls. L'air était glacial (3 degrés), l'effort nous faisait transpirer, mais nos joues brûlaient du froid. Nous avons dîné au Lake Louise Lakefront Restaurant : bison grillé, sauce aux baies locales, 38 dollars. Le propriétaire nous a parlé des difficultés d'approvisionnement en hiver dans les Rocheuses — une vraie préoccupation pour lui, pas une anecdote touristique. Nous avons senti la tension du monde réel, même ici. Derniers jours : retour à Vancouver en avion avec Air Canada (vol AC 116, deux heures). Nous avons visité le musée d'art contemporain (15 dollars), assez vide pour un vendredi — révélateur de l'ordre des priorités culturelles ici. Dernier soir au restaurant Cardero's, au quai de False Creek : saumon fumé du Pacifique, légumes grillés, verre de Pinot Noir de la Colombie-Britannique (65 dollars le plat). L'eau noire du port, les réflexions des lumières de la ville. Aucun cliché ne pouvait réduire ce moment en mot.
Les bons plans repérés sur place.
Parc Stanley : 3 km de balade côtière au crépuscule, gratuit, moins touristique si on y va après 19 h
Lac Moraine, parc Banff : lever avant 6 h obligatoire, parking gratuit en basse saison, 2-3 heures de marche modérée
Restaurant The Salmon House on the Hill : vue sur North Shore et Burrard Inlet, réserver absolument, compter 50-60 dollars par personne
Glacier Skywalk : passerelle suspendue à 280 m au-dessus du Sunwapta Valley, 30 dollars, sensations fortes garanties (vertiges)
Marché Granville Island version « avant 9 h » : fruits frais, fromages locaux, moins de cohue, prix plus raisonnables
Photos — Vancouver et parc national de Banff
Et au final.
Vancouver est une ville fonctionnelle et belle, mais elle souffre de vraies tensions sociales que les guides ignorent. Les Rocheuses, elles, valent la fatigue du trajet. Nous repartions avec des muscles endoloris, une légère bronchite (sans doute la climatisation d'avion) et le sentiment d'avoir expérimenté quelque chose de sincère.




