Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Tallinn un mardi soir par le vol Wizz Air W6 2847 (retard de 35 minutes, évidemment). L'aéroport était désert. On a pris le bus 2 jusqu'à la gare centrale de Tallinn (1,15€ le ticket, validé sur une borne tactile en estonien, j'ai galéré deux minutes). La température était de 4°C, humide, le genre de froid qui rentre dans le cou. Notre hôtel, le Schlössle Hotel Old Town, était implanté pile sur la Pikk Street, la rue principale de la vieille ville. Chambre 312, vue sur les toits pointus de la cathédrale Aleksander Nevski. À la réception, la fille nous a dit « welcome, breakfast is 7 to 10 » et c'était tout. Pas de visite guidée, pas de tips sur les resto. J'ai vraiment senti que les Estoniens ne font pas dans la chaleur superficielle. Les jours creux, les marchés gris, les plats chaudsMercredi matin, levé à 6 h 30 pour attraper les premières lueurs sur la vieille ville depuis la terrasse du Toompea. L'air sentait l'humidité et un peu le chauffage brûlé. Les rues étaient presque vides. On a pris le petit-dej à l'hôtel : pain noir estonien, fromage de ferme, café. Basique mais solide. Le marché de Balti Jaam (gare de Balti) était une déception. On s'attendait à du folklo, des babouchkas vendant des myrtilles. Non. C'était des petits vendeurs de souvenirs en plastique et des fast-foods. On a trouvé un stand avec du pirukad (pâtés estoniens) à 2,50€ pièce. Ça avait le goût d'une viande hachée un peu aigre, pas mauvais, mais pas transcendant. Le vrai coup dur : on avait réservé une table au Nero Restaurant (Vene Street) pour le jeudi. On arrive à 19 h, et le serveur nous dit « ah, your reservation was for 7 PM, it's 7:15 now, we cancel ». Juste comme ça. J'ai dû me retenir. On a fini chez Kandi Klaar, un petit restau de rue vieille ville, où on a mangé du leib ja või (pain et beurre) et un ragoût de renne à 14€. C'était chaud, dense, très satisfaisant, mais l'ambiance était tristounette : trois tables avec des gens qui regardaient leur téléphone. Les églises, les souterrains, les tics d'époqueJeudi, visite de la cathédrale Aleksander Nevski. Entrée libre (mais donation suggérée 5€). L'intérieur sentait l'encens lourd, presque écrasant. Les icônes dorées dans la semi-pénombre. C'était le seul moment où j'ai vraiment ressenti quelque chose, une forme de solitude respectueuse. Les murs en pierre étaient si froids qu'on voyait le souffle. On a aussi exploré les souterrains de la vieille ville, sous le bâtiment Draakoni õue. Tour guidée en anglais (12€/personne, guide un gars local qui parlait trop vite). Les tunnels creusés au XIIIe siècle, ça donne une impression bizarre : les pieds dans le passé, l'humidité qui colle à la peau. C'était bondé le jeudi à 15 h, contrairement au reste de la ville. Un truc bizarre : l'Estonie est hyper digitalisée. Tout se paie par carte ou app, même 1€. Les caisses? Aucune. On n'a vu que deux distributeurs de billets dans la vieille ville. Résultat : on a dû chercher un ATM près de la gare ferroviaire samedi après-midi. Première galère 2.0 du voyage. Kadriorg et le musée qui nous a saoulésDimanche, on a pris le bus 1 jusqu'à Kadriorg (parc et palais). C'est le quartier « riche » de Tallinn, avec des maisons du XIXe siècle bien conservées. Le Kadriorg Palace était fermé pour rénovation (merci de pas être dans les guides, vraiment). Mais le parc, lui, était accessible. Arbres gris, feuilles mortes qui collaient aux chaussures, quelques couples qui se promenaient. On a mangé une soupe de betteraves chaude chez Vesilaht (7€) en terrasse couverte. Ça m'a réchauffé l'intérieur. On a tenté le Kumu Art Museum après. Entrée 15€, collections modernes estoniennes. Franchement, j'ai rien compris aux installations. Des murs vides, des vidéos qui bougaient lentement. Une mère avec son gamin essayait d'expliquer un truc qui ressemblait à rien. On est restés 45 minutes puis on a craqué. Retour et bilanLundi matin, départ par le Klenbus (compagnie locale, 11€, bus tout neuf) jusqu'à l'aéroport. L'autocar devait partir à 9 h 15, il a décollé à 9 h 28. Pas grave, on avait du temps.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Aleksander Nevski - les icônes dorées et l'odeur d'encens, entrée libre, meilleur moment du séjour
Rue Pikk Street en fin d'après-midi (16 h) - moins touristique, pubs locaux comme Monk's Brew avec bière Saku à 5€
Souterrains sous Draakoni õue - froids, étroits, XIIIe siècle, tour en anglais 12€, à faire en matinée avant la foule
Café Maiasmokk - gâteaux estonniens faits maison, café serré à l'ancienne, petite terrasse vieille ville, 4€ pour deux pâtisseries
Parc Kadriorg dimanche matin - tranquille contrairement au reste, bus 1 direct, soupe locale chez Vesilaht chaleureuse
Et au final.
Tallinn, c'est une ville qui te regarde de travers si t'attends d'elle de la magie. C'est gris, c'est froid, les gens sont polis mais distants. Ça plait ou ça plait pas. Pour nous, les trois jours de vieille ville valaient le coup, mais au-delà, les excursions annexes ont été molles. On y retournerait? Peut-être en été pour voir si c'est différent.







