Comment ça s'est passé.
On a décollé de Paris sur un vol Air France à 14h30, arrivée à Delhi le lendemain matin. Après une nuit courte à l'aéroport, j'ai pris le train IC 2015 depuis la gare de New Delhi à 8h45 jusqu'à Jaipur, 4h30 de trajet dans un compartiment climatisé de classe 3AC avec deux inconnus sympathiques qui partageaient leurs samosa bon marché. Le thé du vendeur ambulant, versé directement sur les rails à la gare de Mathura, était trop sucré mais salvateur à 11h du matin. Arrivée à Jaipur vers 14h. Je me suis installé à l'hôtel Diggi Palace, ancienne demeure royale reconvertie en guesthouse, rue Moti Doongri. Chambre avec plafonds hauts et véranda, 2000 roupies la nuit avec petit-déj. Le proprio, un homme d'environ 60 ans, m'a explicité les règles : pas de chaussures à l'intérieur, douche d'eau froide jusqu'à 7h, puis chaude. Cette première nuit, j'ai été réveillé à 4h30 par les appels à la prière du minaret situé à 200 mètres. Le son grave et lancinant m'a paralysé d'étonnement pendant quelques secondes. La vieille ville et ses marchés chaotiquesÀ 6h, j'ai marché jusqu'à la Porte Sanganeri pour voir le marché des fleurs et des fruits avant la chaleur. L'odeur des marigolds fraîchement cueillies mélangée aux exhalaisons des oignons pourris créait une ambiance olfactive très particulière. J'ai acheté une mangue et une banane pour 25 roupies chez un vendeur qui m'a surfacturé de moitié en voyant mon accent français. Petit moment d'agacement. J'ai visité le Palais de la Ville vers 10h. Entrée : 500 roupies pour un étranger (c'est le tarif officiel, clairement). Au moment de monter l'escalier central, une femme de ménage m'a demandé de retirer mes chaussures bien que j'en aie déjà enlevé une paire à l'entrée. Malentendu mineur mais révélateur des consignes mal expliquées. Pushkar : trois jours sans eau chaudeJ'ai loué une Maruti Swift avec chauffeur, Ravi, via l'hôtel. 180 km jusqu'à Pushkar, réputée pour son lac sacré. Le trajet, prévu pour 3h30, en a pris 5 à cause d'un troupeau de chèvres qui traversait la national highway n°8 et d'un camion renversé à Kishangarh. Ravi a dû faire demi-tour. On a mangé des pakora à un petit restaurant routier appelé « Sharma Dhaba » à Ajmer, pour 120 roupies les quatre. Épicé à en pleurer, excellent. À Pushkar, j'ai choisi un petit hôtel nommé « Sarovar Homestay » sur la rue principale, près du temple Brahma. 1500 roupies, chambre avec salle d'eau. Problème : l'eau chaude ne fonctionnait pas les trois premiers jours. J'ai pris des douches froides qui m'ont gelé les pieds et m'ont obligé à me faire bouillir de l'eau dans la chambre à la bouilloire électrique. Le proprio a promis de réparer « demain ». Ça s'est résolu par un coup de chance : la veille de mon départ, l'eau chaude est revenue. J'ai passé mes journées à lire près du lac Pushkar, assis sur les ghats. L'eau était verte, pas transparente. Les pèlerins venaient se baigner au lever du jour, vers 6h15. Le silence était fracassé régulièrement par des vendeurs qui proposaient des offrandes pour 50 à 200 roupies (fleurs, bougies, friandises). J'en ai acheté une à base de cacahuète grillée, vraiment excellente, 80 roupies. Retour à Jaipur et accélération du voyageRetour en voiture le 11e jour. Route moins embouteillée. À Jaipur, j'ai pris un dernier repas au restaurant The Terrace chez Diggi Palace, dal makhani et roti, pour 380 roupies. Le chef a raconté en anglais laborieux qu'il cuisinait depuis 35 ans. Son plat était savoureux, riche, avec une note de crème qui contrastait avec les épices. Les deux derniers jours, j'ai trainé. Visite du Jantar Mantar, observatoire du 18e siècle. Les instruments en marbre intéressaient peu le groupe de touristes chinois avec lequel je partageais la visite. Un guide payant (200 roupies) expliquait sans fin les cadrans solaires. Je suis parti après 30 minutes. Départ le 14e jour depuis l'aéroport de Jaipur sur un vol Indigo vers Delhi, puis Air France pour Paris en fin d'après-midi. Vol décalé de 45 minutes. Arrivée à 8h à Orly.
Les bons plans repérés sur place.
Le train IC 2015 Delhi-Jaipur : trajet scénique, classe 3AC confortable, vendeurs ambulants à chaque arrêt
Diggi Palace à Jaipur : guesthouse authentique, petit-déj avec parathas faites maison, 2000 roupies
Porte Sanganeri le matin avant 7h : marché des fleurs sans touristes, prix réels, chaos organisé
Lac Pushkar au lever du soleil : ghats avec pèlerins, silence jusqu'à 6h45, offrandes à 50 roupies
Sharma Dhaba sur la route Ajmer-Pushkar : pakora épicés à 120 roupies, toilettes squat, vraiment routier
Photos — Jaipur, Rajasthan
Et au final.
J'ai aimé la rusticité de Pushkar et la sincérité des rencontres avec les habitants. L'Inde bouge, sent, crie, c'est exhausting et attachant. À refaire, mais avec une tolérance plus haute pour les imprévus logistiques et une réservation directe d'eau chaude.








