Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Prague-Václava Havla un jeudi matin à 9h, après un vol ČSA (Czech Airlines) depuis Lyon. L'autobus numéro 119 nous a menés jusqu'à la gare centrale en 40 minutes, pour environ 30 couronnes par personne. Le chauffeur conduisait comme un dingue, mais on a apprécié l'efficacité. Notre hôtel, le Three Crowns, nichée rue Nerudova à proximité du château, sentait la poussière de vieux parquet et l'encaustique. Les chambres étaient spartiates mais propres. La proprio, une femme d'environ 70 ans, nous a expliqué en anglais approximatif qu'on ne devait pas faire tomber les clés du balcon. On a compris l'urgence rapidement en voyant les pavés trois étages plus bas. Vendredi, on s'est levés à 6h pour explorer Prague avant la foule. Les rues étaient quasi vides. On a marché jusqu'à la cathédrale Sainte-Guy du château de Prague, où l'air du matin était frais et légèrement humide, avec cette odeur de pierre mouillée typique des villes centre-européennes. À l'intérieur, les vitraux colorés projetaient des motifs jaunes et rouges sur les murs. L'entrée coûtait 250 couronnes (environ 10 euros). On a croisé trois touristes seulement. Moment vraiment calme. Le pont Charles s'est peuplé vers 8h30. On y a croisé les premiers vendeurs de souvenirs pourris et les musiciens qui jouent la même mélodie depuis probablement 20 ans. On a pris un café au Café Louvre, rue Nerudova, 22 couronnes pour un espresso. Le garçon nous a filé l'addition sans la demander, trois fois. C'était agaçant. La galère des transports et des tarifs touristiques Samedi, on voulait visiter Ceský Krumlov, en Bohème du Sud. On a pris le bus Flixbus à 8h de la gare routière Fló, rue Křižíkova. Le trajet a duré 3h45, et une dame tchèque nous a expliqué que notre réservation en ligne n'était pas valide. On a dû repayer 180 couronnes sur place pour chaque billet imprimé. Tension. Finalement, on s'est retrouvés dans un bus semi-vide à rouler dans les champs. Ceský Krumlov : les photos ne mentent pas, le village est réellement suspendu au-dessus de la Moldau en méandre. On a grimpé jusqu'au château, les jambes en feu (pavés + pente). Au restaurant Na Louži, on a mangé du goulash de cerf pour 280 couronnes (environ 11 euros). Le goût était riche, presque acidulé par la sauce tomate-paprika, accompagné d'une bière Eggenberg servie à 14 degrés, presque tiède. Les Tchèques trouvent ça normal. Bière, marché et moments perdus Dimanche, retour à Prague. On a traîné au marché de Havelská, où on a acheté des trdelník (gâteaux roulés à la cannelle) pour 60 couronnes pièce. L'odeur de sucre et de cannelle était écrasante, presque cloying. On en a regretté une, trop sucrée. On a passé deux jours entiers à errer dans les pubs. Hospoda U Černého Vola, rue Loretánská, une vraie taverne locale où les grands-mères tchèques jouaient aux cartes. Bière Pilsner Urquell : 45 couronnes (0,5 litre). L'atmosphère était dense, enfumée même si la loi interdisait... apparemment, personne ne respectait. On a entendu du tchèque, du touristique anglais, et des bruits de verres. Un moment vraiment mémorable, pas Instagram, juste réel. On a visité la Maison Municipale (Obecní dům), style Art nouveau. L'entrée était 300 couronnes. C'était beau, mais bondé. Le son des pas de 200 touristes simultanés résonnait sous les hauts plafonds. Pas l'endroit pour se poser. Jeudi dernier, on a loué des vélos auprès d'un gars rue Dlouhá, 250 couronnes pour la journée. On a pédalé jusqu'aux jardins Riegrovy Sady avec vue sur la ville. Le vent frappait dur, la température était tombée à 9 degrés. On a eu froid. Les brumes du matin recouvraient la Moldau loin en bas.
Les bons plans repérés sur place.
Pont Charles à 6h30 du matin, avant 7h30 c'est encore jouable
Restaurant Na Louži à Ceský Krumlov, goulash cerf à 11 euros, prise d'eau glacée directe
Hospoda U Černého Vola, rue Loretánská, Pilsner à 45 couronnes et grands-mères tchèques aux cartes
Bus numéro 119 de l'aéroport, rapide et pas cher (30 couronnes)
Café Louvre, rue Nerudova, pour un espresso calme avant 8h
Et au final.
Prague tient ses promesses, mais faut pas espérer être seul. Les prix affichés touristiques et l'eau de certains cafés remplissent l'estomac sans étonner. On reviendrait, surtout pour les villages alentour et les vraies pubs où les locaux mangent du svíčková.