Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Piarco aux alentours de 14 h 30, épuisés après 14 heures de vol depuis Paris. Le chauffeur de taxi – Darren – nous a demandé 80 TTD (environ 12 euros) pour les 20 km jusqu'au centre-ville de Port of Spain. La route était chaotique, encombrée, avec des trous partout. L'air était moite, presque palpable. À 15 h 45, nous arrivions à l'hôtel Coblentz Avenue Suites, un petit établissement de trois étages dans le quartier de Saint Ann's. La chambre était basique mais propre, la climatisation marchait. Première déception : nous avions espéré attraper la saison du carnaval, mais septembre n'est pas le mois du carnaval à Trinidad. C'est février. On s'est sentis un peu naïfs. Le soir même, affamés, nous avons marché jusqu'au restaurant Solimar, situé juste à côté du Musée national de Trinidad et Tobago. Nous avons mangé du fish cakes avec sauce épicée (35 TTD, soit 5 euros) et des crevettes sautées aux épices (210 TTD). L'odeur du curry et du curcuma montait des cuisines. C'était savoureux mais très épicé – on a bu trois verres d'eau locale d'un coup. En revenant vers l'hôtel vers 20 h, on a entendu la calypso et la musique soca qui s'échappait des bars de Ariapita Avenue. Nous y avons fait un tour. L'atmosphère était chaleureuse, bruyante, un peu chaotique. Les premiers jours : arpenter la capitaleMercredi matin, levés à 5 h 30, nous avons pris un taxi collectif (shared taxi) à la station de Grand Bazaar en centre-ville. Ces minibus verts et blancs sont le cœur du transport à Port of Spain. Le chauffeur – Rajesh – parlait rapidement un anglais trinidadien difficile à suivre. Pour 3 TTD (0,45 euro), nous avons atteint la Plage de Macqueripe Bay, au nord. Là, c'était un moment marquant : l'eau était chaude, presque bain, et nous étions quasiment seuls à 6 h 30 du matin. Le sable était gris, les vagues molles. On a nagé pendant une heure, puis on a pris le café au petit kiosque sur la plage – un vrai espresso trinidadien, serré et fort (12 TTD), avec un dhalpuri (crêpe farcie aux lentilles) pour 15 TTD. Jeudi, nous avons visité le marché central de Port of Spain, Red Cap Market. C'est un bâtiment de trois étages, chaotique, bruyant, où les vendeurs crient leurs prix pour les mangues, les ananas, les corossols. Une vraie galère : on s'y est perdus, on a été abordés par plusieurs faux guides. L'odeur était intense – mélange de fruits tropicaux en décomposition et de sueur humaine. Un vendeur nous a proposé une « visite privée » du marché pour 400 TTD (60 euros). On a refusé. Le même type a suivi ma copine pendant dix minutes en essayant de lui vendre des bijoux. Ce n'était pas amusant. Tobago, l'île voisineLe week-end, nous avons pris un bus depuis la gare routière de Port of Spain jusqu'à Port of Spain (oui, c'est confus). Le ferry vers Tobago partait à 8 h du matin de Port d'Espagne (capital port). Nous avons raté le premier car le bus s'est arrêté dans un embouteillage monstrueux sur le Fredrick Street, and we were stuck for 45 minutes. Le voyage en bateau a duré 2 h 30 – le ferry était vieux, bruyant, mais le paysage était étonnant : îles émeraude en arrière-plan, eau turquoise. Nous avons grandi en entendant parler de Tobago, et cette arrivée était presque à la hauteur. À Scarborough (capitale de Tobago), nous avons loué une voiture chez Rattan's Car Rental pour 200 TTD par jour. Nous avons roulé jusqu'à Pigeon Point Beach, la plage la plus célèbre. Le sable y était blanc, fin, mais il y avait beaucoup de touristes même en septembre. Un restaurant de plage – The Pelican – proposait du callaloo soup (150 TTD) et du mahi mahi grillé (280 TTD). Dimanche, nous avons visité Argyle Waterfall, à l'intérieur des terres. La piste était en terre, il pleuvait par intermittence. Nous avons marché une heure, puis nous avons trouvé cette cascade cachée au milieu de la forêt tropicale. L'eau était froide, clairement, et nous nous sommes baignés nus (risqué, mais c'était l'un de nos meilleurs moments). Rhum, musique et derniers joursDe retour à Port of Spain, nous avons voulu tester l'autre côté des choses : les distilleries. Mercredi, nous avons pris un taxi jusqu'à la Distillerie Angostura, à Laventille, à environ 4 km du centre. La visite guidée coûtait 125 TTD et durait une heure. C'était fascinant de voir comment le rhum est fait ici, distillé dans ces énormes cuves de cuivre. À la fin, on nous a offert un verre de rhum blanc à 45° – très fort, très sucré. On a acheté une bouteille du rhum Angostura Reserva (350 TTD, 52 euros) pour ramener à la maison. Les derniers jours ont été consacrés aux musées et aux petits cafés. Le Musée national, que nous avons enfin visité correctement, était bien : des expositions sur l'histoire de l'esclavage, l'arrivée des Indiens sous contrat, la géologie de l'île. Le Breakfast Shed, sur le front de mer, était un point focal : tables en bois brut, nourriture locale bon marché (roti, bake and shark, etc.). Nous avons pris un shark and bake pour 60 TTD – du poisson blanc frit dans du pain local, avec une sauce piquante. Avant de partir, samedi matin, nous avons fait nos adieux à Arima, une petite ville à l'est de Port of Spain (45 minutes en taxi, 150 TTD), où il y a encore des Amérindiens Carib. C'était moins touristique, moins chaotique. Une femme nous a vendu des artisanats locaux et nous a invités à boire du café dans sa petite maison. Ces moments-là, les vrais, ceux sans attente, c'étaient les meilleurs.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Macqueripe Bay au lever du soleil (5 h 30) – eau chaude, calme, café local parfait
Argyle Waterfall à Tobago – une heure de marche puis baignade dans la cascade cachée
Distillerie Angostura à Laventille – visite guidée + dégustation de rhum blanc, 125 TTD
Marché central Red Cap Market (chaotique mais authentique, mangues et ananas frais)
Shark and bake au Breakfast Shed front de mer – 60 TTD, nourriture de rue locale pure
Photos — Port of Spain, Trinidad
Et au final.
Trinidad et Tobago nous a donné ce qu'on voulait : du soleil, de la nourriture épicée, de la musique vraie, et des gens chaleureux. Port of Spain est bruyante et désordonnée, pas toujours facile. Le sentiment de sécurité n'était pas toujours au rendez-vous dans certains quartiers. Mais nous nous en revenons avec des histoires, du rhum, et l'envie d'y retourner – possiblement pendant le Carnaval, cette fois.








