Comment ça s'est passé.
On a décidé de partir fin octobre, période idéale pour éviter les 45°C de l'été. Vol Royal Jordanian depuis Paris CDG, arrivée à Amman vers 22h. Pas mal de flottement à l'aéroport, notre contact pour la location de voiture n'était pas au rendez-vous – on a attendu 45 minutes avant qu'il débarque en s'excusant à peine. Mauvais présage, mais bon. Première nuit à Amman, auberge Amra Hotel dans le centre-ville, 35 JOD la chambre double (soit 44 euros environ). L'accueil était sympa, le petit-déj offert correct. On a flâné la rue Rainbow Street l'après-midi, buté contre des touristes de masse et des prix touristiques. Falafels à 2,5 JOD chez un vendeur ambulant, hummus et pain chaud – bonne base pour la route. Route vers Pétra : les premiers doutesMinibus JETT, ligne Amman-Wadi Mousa, départ 6h du matin depuis la gare routière de Tabarbour. Trois heures et demie d'une route moyenne, pas de toilettes à bord. On a croisé des paysages de steppe avec des chèvres maigres, des petits villages où l'on vendait des dattes au bord de la chaussée. À Wadi Mousa, direction l'hôtel Al Rashid Hotel en bord de canyon, 50 JOD pour deux avec vue (pas incroyable, mais fonctionnel). Lever à 5h pour l'entrée à Pétra. L'atmosphère était froide, 12°C à peine, et une humidité qui restait dans les vêtements. On a rejoint la porte d'entrée avec 150 touristes déjà en file. Billet 90 JOD par personne pour 3 jours (on l'a su trop tard, sinon on prenait l'option 2 jours). Les premiers pas dans le Siq – ce canyon étroit où la lumière rose se réfléchit sur les parois – m'ont vraiment soufflée. Pas de superlatifs, c'est juste que c'était viscéral, physique. La gorge très étroite, les murs qui se rapprochent, les échos de pas. On a dû attendre 20 minutes au coude de la dernière portion parce qu'un groupe de 60 touristes chinois campaient devant la Trésorerie pour les photos. Trois jours à Pétra : la beauté, oui, mais pas sans fatigueJour 1 : on a suivi le circuit classique jusqu'à la Trésorerie, puis les tombeaux royaux. Les pieds déjà en feu après 8 km. Repas à midi au Al Waha Restaurant (à l'intérieur du site), zarb (agneau cuit sous les cendres) à 18 JOD. La viande était tendre, le goût riche de cumin et de coriandre, mais servi à peine tiède – refroidi par le vent qui souffle constant dans les anfractuosités rocheuses. Jour 2 : randonnée matinale jusqu'au Monastère. Cinq heures de montée avec des jambes mortes. Paysage ocre et orange sous le soleil déclinant, roches lisses façonnées par le vent pendant des millénaires. En haut, peu de monde. Un vendeur bédouin proposait du thé à la menthe (2 JOD le verre), préparé sur un petit réchaud à gaz. C'était chaud, sucré à bloc, presque médicinal. On a croisé un groupe de Français qui se plaignaient qu'il n'y avait « rien à Pétra », que c'était « juste des rochers ». Je les ai ignorés, mais ça m'a énervée. Jour 3 : court jour avant le départ. Walk-up vers la tombe de l'Urne, puis on a flâné en ville. Petit restaurant local, Chef Restaurant, hummus maison, tabboulé, pain chaud. 12 JOD pour deux. Pas de fioritures, juste du classique, bien. Wadi Rum : la vraie déconnexionDe Wadi Mousa à Wadi Rum, c'est deux heures de minibus avec trois arrêts pour des touristes qui demandaient la toilette (inexistante). On a réservé un bivouac via notre hôtel : Bedouin Lifestyle Camp, 75 JOD par personne pour le lit, le dîner et le petit-déj. Pas de salle de bain privée, c'est seau d'eau chaude apporté à la tente. Jeep avec chauffeur local nommé Ammar, 7 h de balade dans le désert rouge. Coucher de soleil en haut d'une dune, le ciel qui vire du bleu océan au rose puis au noir profond en une heure. Température qui chute : on est passées de 28°C à 10°C en deux heures. Dîner au feu de camp : brochettes de mouton, riz, salade de tomates. Excellent. Ammar a sorti des dates de sa poche, m'en a offert une. Goût de miel, texture farineuse. Petit moment simple qui m'a marquée plus que n'importe quel décor. Nuit en tente. Froid sec, étoiles tellement denses qu'on voyait la Voie lactée entière. J'ai dû me lever deux fois pour faire pipi derrière un rocher avec la lampe torche – pas glamour, c'était désagréable dans le froid. Retour difficileMinibus Aqaba-Amman le dernier jour : 5h de route, arrêt à Karak pour un café mauvais (2 JOD). En arrivant à Amman, on a dû courir pour avoir l'avion. Vol Royal Jordanian 22h30, arrivée Paris 6h du matin complètement épuisées.
Les bons plans repérés sur place.
Siq de Pétra au lever du soleil : se glisser dans le canyon à 5h30 avant la cohue
Monastère de Pétra : montée de 5h mais solitude relative et vue sans fin sur les montagnes ocres
Jeep dans Wadi Rum avec coucher de soleil : 75 JOD per capita, excellent rapport
Thé à la menthe chez le vendeur bédouin au sommet : simple, sucré, moment humain
Al Waha Restaurant à Pétra : zarb à 18 JOD, réservation indispensable
Et au final.
On a eu ce qu'on cherchait : Pétra est réelle, les émotions aussi, mais c'était éprouvant physiquement et l'afflux touristique à certaines heures m'a déçue. Wadi Rum a compensé : c'est là qu'on a respiré. Je referais ce circuit, mais en mai plutôt que fin octobre pour éviter les groupes.