Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Juan Manuel Santamaría de San José en fin d'après-midi. Le taxi collectif (shared shuttle) nous a coûté 35 dollars par personne jusqu'à notre hôtel, l'Alajuela Palms, une petite guesthouse à trois étages tenue par un couple allemand. La chaleur était étouffante, 34°C avec cette humidité qui colle à la peau. Première nuit médiocre : climatisation bruyante et un gendarme qui a klaxonné à 22h30 juste sous notre fenêtre. Le matin suivant, levé à 5h30. Nous avons pris le bus local numéro 400 depuis la gare routière Atlántico Norte vers Monteverde. Six heures de route sinueuse, l'estomac qui proteste à chaque virage. Le bus était blindé, aucune place assise à mi-parcours. Un homme a marché sur mon sac pendant une demi-heure. Arrêt à Naranjo pour boire un café noir servi dans un gobelet en plastique blanc (1500 colones, environ 2,50 euros). Le chauffeur a oublié d'annoncer notre arrêt à Santa Elena. Heureusement, nous avons reconnu le panneau de l'Ecolodge de Monteverde, notre destination. Monteverde : entre rêve et réalitéLe brouillard permanent de Monteverde, c'est vrai. Dès l'arrivée, on ne voit rien à plus de 50 mètres. La réserve nuageuse (Reserva Biológica Bosque Nuboso) était notre obsession. Entrée 30 dollars par personne. À 6h du matin, accompagnés d'un guide nommé Carlos, nous avons marché deux heures dans cette humidité dense. Odeur intense de terre mouillée, de mousse, de bois en décomposition. Carlos nous a montré un resplendent quetzal, cet oiseau que tout le monde vient voir ici. J'ai été honnêtement déçu : on l'a aperçu pendant trois secondes, il s'est envolé. Carlos a dit que c'était « très chanceux ». Pour lui, peut-être. En ville (Santa Elena), nous avons mangé au restaurant El Sapo Dorado. Galère culturelle : j'ai commandé un « casado » en pensant que c'était le plat du jour. C'était en réalité une portion énorme de riz, haricots noirs, salade et poulet pour 7500 colones (12 euros). Le serveur riait quand il a vu mon assiette. Le jus de cas (fruit local) était excellent, frais, sucré, servi glacé. 2000 colones. La Fortuna et ses réalitésDeuxième itinéraire : direction La Fortuna et le volcan Arenal. Bus numéro 435 depuis Santa Elena (5 heures, 5500 colones). Là encore, le brouillard nous a joué des tours. Impossible de voir le volcan lors de notre première tentative. Notre guide touristique, Felipe, était frustré. Il a promis un « lever de soleil spectaculaire » à 5h. À 5h45, il y avait une mince bande orangée. Rien de plus. Ce qui m'a marqué vraiment, c'est le moment au Tabacón hot springs, une source thermale privée. L'eau chaude (42°C) contrastait avec l'air frais du matin. Nous étions seuls à 7h du matin. Même Felipe a enlevé son chapeau et s'est assis dans le bassin avec nous. Aucun mot pendant dix minutes. L'entrée coûtait 25 dollars par personne, mais les trois heures qu'on y a passées valaient le coup. Petit-déjeuner au restaurant du Arenal Natura Ecological Lodge (où nous logions) : gallo pinto (riz et haricots frits), œuf, fromage frais, pain local. 8000 colones. Café noisette, servi chaud mais dilué, contrairement à l'Italie où je vis maintenant. San José en fin de voyageRetour en bus à San José. Nous avons dormi deux nuits au Boutique Hotel Castro Barva, situé au cœur du barrio Escalante. L'hôtel avait du charme, propriétaires sympathiques, mais la rue était bruyante jusqu'à minuit. Dîner au restaurant Castro Barva (du même propriétaire) : ceviche de daurade, riz à la noix de coco, plantain frit. 12000 colones (20 euros). Saveur citronnée du jus de citron vert, texture légère du poisson. Marché central de San José (Mercado Central) : foule dense, bruits de marchandage, odeur de fruits tropicaux pourris et frais mélangés. Nous avons acheté des mangues à 500 colones la livre. Arnaque probable, mais on s'en fichait.
Les bons plans repérés sur place.
Réserve nuageuse de Monteverde : y aller avant 6h du matin, apporter un imperméable, budget 30 dollars
Restaurant El Sapo Dorado à Santa Elena : le jus de cas frais et le casado local à 7500 colones
Tabacón hot springs à La Fortuna : réservation conseillée, aller en fin d'après-midi pour moins de monde
Bus 400 depuis San José vers Monteverde : partir tôt, apporter de l'eau, durée 6h minimum
Marché central de San José : dès 7h le matin, venir avec petit sac à dos, goûter les fruits frais à prix local
Photos — Monteverde et San José
Et au final.
Le Costa Rica a livré ce qu'il promettait : nature dense, accueil chaleureux, routes fatiguantes. Moins convaincant : les tarifs touristiques qui gonflent rapidement, les guides un peu formatés, et ce brouillard qui cache justement ce qu'on vient voir. À refaire si on a plus de temps pour les régions moins saturées.
