Comment ça s'est passé.
Jour 1 : Arrivée gare de Grasse et première chuteOn sort de la gare SNCF de Grasse vers 14h, moteur à explosion encore chaud. Le TGV depuis Marseille nous a crachés à l'heure, miracle. Sauf qu'on s'est trompés sur le quai – tout le monde sort d'un côté, on prend l'autre. Taxi jusqu'à la gare routière de Grasse, 40 euros pour 8 km, le mec n'a pas clignoté une fois. La Lignes d'Azur bus 110 finit par nous cracher à Fontvieille vers 17h. Premier choc : les prix. Un café serré à la terrasse du Café de Paris, face au Casino, coûte 7 euros. On le sirote lentement, observant les Porsche 911 se garer une à une. L'odeur de diesel mélangée aux pots d'échappement nets des sportives nous prend à la gorge. Coucher de soleil sur le Port Hercule à 18h15, les yachts reflètent une lumière orange brûlée. C'est joli, mais pas avec un ciel blanc – la brume maritime stagne. Jour 2 : Le Rocher, le Palais, les escaliersLevé à 7h30, je force ma compagne à grimper vers le Vieux Rocher pour avoir la place vide. On monte les escaliers Monégasque – il en existe quatre séries – celui côté sud est une vraie tuerie pour les mollets. 15 minutes de grimpette sèche, pas d'ombre. En haut, zéro touriste à cette heure, juste une grand-mère qui arrose ses géraniums. Le Palais Princier reste fermé aux visiteurs (déception prévue), mais la vue sur le Rocher depuis la terrasse du Musée Océanographique mérite le détour. Entrée 15 euros. À 11h, on descend manger au La Marée, petit restaurant rue Basse, plateau de fruits de mer 38 euros. Les huîtres avaient cette teinte grise franchement douteuse. Pas malade après, donc OK. L'après-midi au Casino de Monte-Carlo – entrée 10 euros – on traîne juste pour voir le hall, pas jouer. Le marbre rose, les dorures, c'est clairement du 1860, pas du toc. On perd 50 euros à la roulette comme des cons, mais ça fait partie du jeu. Jour 3 : Plages cramées et la galère du buffetPlage Larval à Fontvieille, 9h du matin, déjà 25°C à l'ombre. L'eau sent le chlore – piscine géante d'eau de mer. On rentre à peine 2 mètres que ça fond. C'est pas la Méditerranée sauvage, c'est un bassin contrôlé. Le sable est propre, trop propre, du sable apporté par camion probablement. Midi, on essaie le buffet du Méridien Beach Plaza : 52 euros par personne, homard prétendu frais qui sentait le surgelé réchauffé. Le mec de la réception nous a dit que c'était « un jour creux », ce qui veut dire qu'ils avaient pas refait les bacs. On reprend de la salade. Après, sieste forcée au « Beach Club », accès inclus avec le buffet. Les transats gris se font chauffer au soleil jusqu'à devenir des surfaces à 60°C. À 17h, jus de citron frais à la buvette, le seul truc qu'on a vraiment aimé cette journée, 6 euros mais vivifiant. Jour 4 : La Condamine, Le Musée des Timbres, et le retour à la réalitéOn décide de prendre le bus 1 depuis Fontvieille vers La Condamine (1,50 euro le ticket, valide 1h). Direction le port, le Musée des Timbres et des Monnaies, rue Basse. Entrée 4 euros. C'est franchement minuscule, mais l'air climatisé est une bénédiction. Collections de timbres monégasques depuis 1856, très pointu, zéro touriste à part nous. On y reste 45 minutes faute de mieux. À côté, restaurant L'Italienne, pâtes maison. Tagliatelles à la truffe 28 euros, c'est honnête pour le coin. La truffe était digne de ce nom. On traîne au port l'après-midi, regardant les mecs repeindre les voiliers. Un moment où je me suis assis sur un banc, juste à regarder un catamaran blanc glisser sur l'eau bleu foncé – pas de pensées, zéro stress. C'est ça qu'on cherchait probablement en venant ici. Jour 5 : Jardins Japonais et réflexion tarifaireLes Jardins Japonais, avenue Princess Grace, entrée 6 euros. Franchement sympa, très vrai, des petits ponts de bois, des carpes qui passent, des mousses. On respire enfin un air non saturé de kérosène. Même pas bondé. On y passe une heure facile, assis à côté d'une cascade artificielle mais convincante. Après, constat choc : six jours à Monaco, on a dépensé 1400 euros à deux (sans compter les restaurants stars qu'on a délibérément évités). Pas d'hôtel cheap ici – on a pris un trois-étoiles rue Grimaldi à 120 euros la nuit. Ça rentre dans les standards monégasques, mais c'est clair que c'est un endroit de riches. On bouffe une pizza surgelée achetée au Carrefour Monaco le dernier soir. 8,50 euros. Honnêtement, ça goûtait le carton, mais on était blindés financièrement. Jour 6 : Départ et retour à la réalitéTrain 10h50 depuis la Gare de Monaco, direction Nice puis Marseille. Le trajet en train offre des vues sympas sur les calanques en sortant de Monaco, la côte blanche avant de devenir rocheuse. Arrivée à Marseille 15h30. Le retour était plus dur que l'arrivée, curieusement.
Les bons plans repérés sur place.
Le Musée Océanographique, terrasse sud, vue 360° sur la Méditerranée et le Rocher depuis 15 euros d'entrée
Le Vieux Rocher, escaliers Monégasque côté sud, visiter avant 8h pour zéro monde
Casino de Monte-Carlo, juste pour le hall d'entrée en marbre rose, 10 euros d'accès
Restaurant La Marée rue Basse, plateau de fruits de mer à 38 euros avec vue discrète
Les Jardins Japonais avenue Princess Grace, 6 euros pour 1h de calme total loin des yachts
Photos — Monaco-Ville et La Condamine
Et au final.
Monaco, c'est une bulle pour ultra-riches avec une couche de touristes normaux au-dessus. Les lieux sont réels, les musées honnêtes, le Casino reste dingue à voir. Mais les tarifs sont des farces : un espresso coûte plus cher qu'un repas en Provence. On reviendrait pour le port et le Palais (de loin), mais pas pour y rester longtemps. C'est un endroit qu'on visite, pas où on vit.
