Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Marrakech un mardi matin, vol Royal Air Maroc 6h15 depuis Paris-CDG. L'aéroport Menara est à 6 km à peine. En taxi blanc (le chauffeur a négocié 120 dirhams pour 25 km, c'était juste), j'ai senti l'air changer : mélange d'eucalyptus séché et de diesel chaud. Température déjà 34 degrés à 10h. Nous avons réservé à la Riad Karmela, ruelle Derb el Ferrane, médina. Les riads, ces maisons traditionnelles avec cour intérieure, c'est l'accommodation locale standard. Notre chambre (350 dirhams/nuit) donnait sur une venelle où passaient des enfants, des chats, des motos sans silencieux. Le petit-déj était correct : pain plat, miel local, café serré. La première vraie galère : le souk. Nous nous sommes perdus jeudi matin en voulant atteindre le Souk Mellah (marché aux épices). Un jeune nous a proposé de nous guider, nous a fait tourner 20 minutes pour « trouver l'entrée vraie », puis a demandé 200 dirhams pour ce service improvisé. Nous avons refusé net, ce qui a créé un tension étrange. Leçon : pas de guide improvisé, point. Souks et montagnesMercredi, nous avons enfin trouvé le Souk Mellah par nous-mêmes. Les odeurs là-bas : cumin roux, coriandre, safran (vendu en petit sachet, 80 dirhams pour 2 grammes), poivre noir qui fait tousser. Les vendeurs à 7h du matin rangeaient encore les toiles. Nous avons acheté un thé à la menthe frais au café Arabe (25 dirhams), assis sur des petits tabourets en bois, en regardant la place Jemaa el-Fnaa se remplir de touristes et de charmeurs de serpents. Vendredi, excursion dans l'Atlas. Nous avons pris un minibus depuis la gare routière Bab Doukkala (110 dirhams par personne, trajet 2h30 jusqu'à Imlil). Le minibus était rempli, chaud, avec un homme qui vendait des oranges durant tout le trajet. En montant vers le village d'Imlil, on quittait la chaleur plate : arrivée à 1 740 m, température soudain 20 degrés. Après un repas chez l'habitant (couscous, tajine de poulet aux pruneaux, 60 dirhams tout compris), nous avons tenté une randonnée vers le Toubkal. Nous ne sommes allés que jusqu'à 2 100 m (fatigue, pas assez acclimatatisé), mais déjà le silence étouffait la ville en arrière. Des cabanes en pierre, des bergers qui gardaient les chèvres. Sentiment bizarre : sérénité mélangée à l'épuisement. Retours et monumentsSamedi, moins de randonnée, plus de visite structurée. Mausolée de Moulay Ali Cherif (gratuit, c'est une mosquée, respect des codes) et jardins de Majorelle (70 dirhams l'entrée). Ces jardins, c'est beau mais bondé entre 10h et 14h. Nous y sommes allés tôt (7h45), bleu des murs Majorelle encore frais. Les cactus bleus peints, les nénuphars. Café dans le jardin même (café marocain tradition, 15 dirhams). Moment marquant : une femme locale en caftan bleu nous a montré où les touristes ne vont pas, un coin entre les palmiers où elle prenait du thé chaque matin. Pas d'arnaque, juste une conversation simple. Lundi, dernier jour, restaurant traditionnel Dar Moulay Ali (rue Sidi el Yamani). Tajine de poisson au chermoula (60 dirhams), saumon grillé. Accompagné d'une bière Casablanca (35 dirhams). L'endroit était petit, tenu par un couple qui vivait là-dedans. Le mari cuisinait, l'épouse servait. Pas touristique, mais fonctionnait sur le bouche-à-oreille. Retour à Menara en bus touristique depuis la médina (départ 5h du matin, prix groupe 45 dirhams). L'aéroport 45 minutes après. Vol retour 11h20, tranquille.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Mellah tôt le matin (7h) avant les foules, pour l'odeur des épices et le couscous frais au café Arabe (25 dirhams)
Minibus Bab Doukkala vers Imlil (110 dirhams) : montée progressive dans l'Atlas, silence absolu à 2 000 m
Jardins de Majorelle à l'ouverture (7h45, 70 dirhams) pour éviter les groupes de 50 personnes
Riad Karmela : chambre simple mais vraie ambiance marocaine, petit-déj sobre, 350 dirhams/nuit
Dar Moulay Ali restaurant : tajine de poisson au chermoula 60 dirhams, tenu par un couple local, rue Sidi el Yamani
Et au final.
Marrakech, c'est intense : chaleur, foules, négociation permanente. Les montagnes offrent une vraie respiration, mais c'est court et difficile si on n'est pas habitué. Nous avons aimé les vrais contacts (le couple du restaurant, la femme dans les jardins), moins apprécié l'industrie touristique de la médina et les prix gonflés pour les non-Marocains. À refaire, mais en mai, pas en juillet.







