Comment ça s'est passé.
Arrivée le matin à l'aéroport international de Bahrain (Gulf Air, vol 173) après un décalage horaire qui m'a complètement déréglée. Température de 38°C à 9 h du matin, l'air était sec et collait à la peau. Taxi blanc et orange jusqu'à l'hôtel Al Areen Palace & Spa, situé sur Bab Al Bahrain Street. Chambre avec vue sur la corniche, mais aussi sur les chantiers de construction perpétuels qui me réveillaient à 6 h tous les matins. Le premier jour, j'ai exploré le centre-ville à pied. Les rues de Manama sentent l'encens bon marché mélangé au gaz d'échappement des climatiseurs qui tournent à plein régime. J'ai mangé un kebab au restaurant Al Mahara pour environ 2,5 dinars bahreïnis (6 euros) — honnêtement décevant, la viande était trop salée et pas assez cuite. Mais le jus de grenade frais du café Lulu Coffee Corner, juste à côté du souk Al Manama, c'était excellent. L'homme qui le préparait versait les grains directement dans une presse manuelle, les mains tachées de rouge. Le souk : l'espoir et la déceptionJ'ai passé mon deuxième jour entier au souk traditionnel d'Al Manama. J'avais lu que c'était « le cœur battant de la culture locale », mais franchement, en 2024, c'est surtout des magasins de faux souvenirs et de vêtements pour touristes. Néanmoins, j'ai trouvé une petite échope d'un vieil homme qui vendait des produits en safran — il m'a offert le café (qahwa) qu'on prépare ici, amer et fort, servi dans des minuscules tasses en porcelaine. Le goût était astringent, presque médicinal, mais il y avait quelque chose de réel dans cet échange. Galère du jour : j'avais planifié de prendre le bus numéro 5 (service Bahrain Bus) pour aller à Muharraq, la vieille ville, mais le chauffeur ne parlait qu'en arabe et j'ai raté mon arrêt. Retrouvée à 40 km au nord, dans une zone résidentielle poussiéreuse. Panique de 20 minutes avant de trouver un taxi. Muharraq et les îlesFinalement arrivée à Muharraq le jour 3. La vieille médina respire encore un peu. Les maisons en pierre corail, les ruelles étroites où le soleil ne passe jamais — température ressentie de 34°C mais sensation de froid climatisé brutal dès qu'on entre dans les boutiques. Restaurant traditionnel Naseef House, déjeuner de maqluba (riz renversé) pour 3 dinars. Moins bon que ce qu'on trouve ailleurs, mais l'assiette en cuivre était jolie. J'ai réservé une excursion en bateau pour les trois jours suivants. Départ du port de Manama à 7 h du matin (levée à 5 h 30, complètement crevée). Le bateau Al Jazeera Al Arabyah sentait l'essence et le poisson. Nous avons visité Hawar Island, la réserve naturelle. Quelques oiseaux, du corail mort — moins spectaculaire que prévu. Le guide parlait en arabe, les traductions en anglais étaient approximatives. Une Française qui voyageait seule aussi m'a confiée qu'elle trouvait ça « chiant ». Moments vraisLe moment qui m'a vraiment marquée : sur l'île de Jassim, j'ai parlé avec un pêcheur local assis sous son filet étendu au sol. Il m'a montré sa prise du jour — trois petits poissons. Je lui ai demandé si c'était difficile maintenant. Il a souri tristement en haussant les épaules. Pas besoin de parler arabe pour comprendre. On s'est assis 20 minutes en silence. Le jour 5, j'ai visité le Bahrain National Museum à Manama (entrée 5 dinars). Authentiquement intéressant pour comprendre l'histoire perlière de l'archipel. Les photos des plongeurs d'avant, les collections de poterie ancienne — c'était bien curé. Mais trop de salles vides, personnel peu engageant. Shopping and dining : Pearl District, c'est le cœur ultraprofitable de Manama. Le mall Seef District était climatisé à 20°C exactement (choc thermique à chaque sortie). Restaurant indiens au shopping Bab Al Bahrain : samosa à 1,2 dinar. Chers mais corrects. Retours en imagesLes derniers jours, moins d'énergie. J'ai flâné sur la Corniche Bay, plage artificielle où les familles bahreïnies venaient le soir. Pas de piscine naturelle magnifique — juste du béton aménagé, sable ramené. Mais humains, rires d'enfants, ça avait sa beauté simple.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Al Manama - petite boutique sans enseigne où l'on prépare le safran et le café qahwa traditionnel (goûter absolument la préparation directe)
Île de Hawar - moins bondée que les plages principales, départ à 7 h du port de Manama (amener eau et crème solaire)
Muharraq médina - maisons en pierre corail du 18e siècle, ruelles sans climatisation, atmosphère plus « authentique » qu'à Manama
Bahrain National Museum - sections sur la plongée perlière avec archives photos impressionnantes, entrée 5 dinars
Al Mahara restaurant (Manama) - kebab à 2,5 dinars, service lent mais terrasse avec vue sur la corniche
Photos — Manama
Et au final.
Bahrain m'a laissée partagée. C'est un mélange désorientant entre modernité de façade (gratte-ciel, centres commerciaux) et réalité économique fragile. Les gens sont accueillants, mais le tourisme y reste très commercial. J'ai apprécié les discussions inattendues et la cuisine locale, en revanche le souk est devenu une attraction pour touristes plutôt qu'un vrai marché vivant.








