Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Ibrahim Nasir vers 14h30. La chaleur nous a frappés d'un coup – 32°C, humidité épaisse, odeur de fuel mélangée à l'océan. Le speedboat pour Malé a pris 30 minutes, surpeuplé, avec un enfant qui vomissait à côté de nous. Les trois premiers jours à Malé, nous logions au Salila Maldives Spa Resort dans le quartier de Henveiru. La chambre coûtait 185 euros la nuit, sans vue de mer, mais le personnel parlait français. Nous avons dû négocier avec le réceptionniste pour qu'il règle la clim qui soufflait du froid glacial la nuit – 18°C d'écart avec l'extérieur, c'était absurde. Malé n'est pas touriste. C'est une ville étouffante, congestionée, où les taxis jaunes refusent les courses et où les touristes sont une anomalie. Nous avons mangé au restaurant Moon Café (rue Orchid Magu) : curry de poisson local avec riz pour 8 euros. Goût intense, épices vraies, rien de sucré-mou comme dans les resorts. Le propriétaire, Abdullah, nous a parlé pendant 20 minutes du coût de vie qui monte chaque année à Malé. La Grande Mosquée (Hukuru Miskiiy) vaut le détour, même si on ne peut pas entrer. Les dômes dorés brillent au-dessus de la vieille médina, les vendeurs de légumes crient leurs prix à longueur de rue. Nous y sommes allés un vendredi matin à 9h – erreur : c'était le jour de prière principal, tout fermé. Le 4e jour, nous avons pris un speedboat privé (booked via MV Ari, 420 euros pour 4 personnes) jusqu'à Viligilli Island Resort dans l'atoll de Meemu. Quarante minutes de trajet. L'eau devenant progressivement bleue, puis verte émeraude. Température 28°C, brume de sel qui collait à la peau. La résort était basique mais honnête. Notre chambre coûtait 210 euros. Le repas (formule all-inclusive) : petit-déj buffet à 6h30, déjeuner à la plage vers 13h (poulet grillé local, manioc, fruits de mer crus), dîner à 19h30. La nourriture était correcte, pas gastronomique. Le soir du 5e jour, une panne électrique a duré 3 heures. Nous avons mangé à la lampe torche du resort, ce qui aurait pu être sympathique si les moustiques n'avaient pas décidé de festoyer sur nos jambes. Les excursions proposées par la résort : plongée avec masque et tuba (snorkeling) à 35 euros par personne, sorties de pêche nocturne à 50 euros. Nous avons choisi le snorkeling. Le moniteur, Ali, nous a montré des poissons-perroquets, des coraux ramifiés, quelques petits requins noirs timides. La visibilité était bonne, 15-20 mètres. Mais Ali parlait surtout du réchauffement climatique qui blanchit les coraux depuis 2016. Ce n'est pas ce qu'on voulait entendre. Moment marquant : le 7e jour, nous nous sommes levés à 5h pour voir le lever du soleil seuls sur la plage. Il n'y avait personne. Le ciel est devenu orange pêche, puis rose. Les premiers oiseaux criaient. On sentait le sable chaud sous les pieds, même à cette heure. Nous avons pleuré un peu, tous les deux. C'était bête, mais c'était vrai. Nous avons aussi loué un scooter de plage (20 euros) pour explorer les îles voisines. Visite rapide à Fulidhoo, un petit village de pêcheurs. Les gens vivaient là depuis avant le tourisme. Une femme vendait du jus de noix de coco frais à 2 euros le verre. Elle ne parlait que le dhivehi. Nous l'avons achetée en souriant bêtement. Le problème majeur : les moustiques. Pas mentionnés dans les blogs touristiques, mais terribles entre 18h et 21h. Même avec du répulsif concentré, nous avons attrapé une dizaine de piqûres chacun. La malaria n'est pas endémique aux Maldives, mais la dengue existe. Nous avons appris ça trop tard. Retour à Malé le jour 10 par speedboat. Vol Emirates EK 641 décollage 22h45, arrivée Paris 5h30. Nous avons dormi 4 heures sur 12 heures de vol. En quittant l'aéroport Ibrahim Nasir, j'ai réalisé que nous n'avions vu Malé que superficiellement – toujours pressés d'aller vers les îles. Peut-être que c'était bien.
Les bons plans repérés sur place.
Moon Café à Malé (rue Orchid Magu) : curry de poisson local servi dans une maison ancienne, 8 euros, propriétaire généreux
Snorkeling à Viligilli Island Resort : poissons-perroquets et coraux à 5 mètres de la plage, départ vers 9h30
Fulidhoo village : petite île de pêcheurs non vraiment touristique, accessible en scooter de plage, jus de coco frais à 2 euros
Grande Mosquée (Hukuru Miskiiy) à Malé : dômes dorés visibles de la médina, meilleure vue le matin avant 9h
Speedboat privé MV Ari : compagnie fiable avec guide anglophone, 420 euros pour 4 personnes, départ quai Malé chaque jour à 9h
Photos — Malé et Atolls de Vaavu/Meemu
Et au final.
Les Maldives, c'est moins un paradis qu'une série de compromis. Magnifique sous l'eau, extrêmement cher à l'arrivée (taxes, transport), pas accessible aux petits budgets. Et puis Malé vous rappelle que derrière les photos Instagram, il y a une vraie ville avec ses problèmes. À refaire, mais en allant moins loin des resorts, ou en restant plus longtemps à terre pour comprendre le pays.
