Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Lomé Tokoin un mardi matin à 6 h 45, déjà 28 degrés et une humidité qui colle à la peau. Le taxi Uber vers l'hôtel Ibis Styles Lomé, rue de la Paix, m'a coûté 4500 CFA (environ 7 euros) mais le conducteur s'est perdu vingt minutes dans le quartier de Kodjoviakopé. Première leçon : Google Maps est approximatif ici. Les trois premiers jours, je me suis installée près de la plage du Ghana, à côté du marché des pêcheurs. L'odeur du poisson fumé mélangée aux gaz d'échappement m'a accompagnée chaque matin pendant mes walks de 6 h 30. C'est à la fois écœurant et terriblement vivant. Au restaurant La Voile Blanche, en face de la plage, j'ai commandé un brochette de poisson grillé et du fufu : 3500 CFA. La brochette était carbonisée à l'extérieur, tendre dedans, accompagnée d'une sauce à base de cacahuète vraiment excellente. Le mercredi, j'ai pris le minibus (« tro-tro ») pour Toliara, à 30 km vers le nord. Départ gare routière Gare du Nord à 7 h 15, trajet 45 minutes, 1500 CFA. Le minibus a calé deux fois en route ; les passagers ont plaisanté en ewe tandis que le conducteur ressortait des pinces. J'ai commencé à comprendre que la patience n'est pas une vertu ici, c'est une nécessité. À Toliara, j'ai loué un pirogue pour explorer la lagune avec un pêcheur nommé Koffi. Prix négocié : 15 000 CFA pour trois heures. L'eau était tiède, presque huileuse, et on voyait les traces de pollution malgré la beauté des palétuviers. Koffi m'a montré où les femmes venaient laver le linge à l'aube. Il y avait une vraie communauté là-bas, des enfants qui criaient, des femmes qui chantaient entre les tâches. Moment marquant : en revenant, j'ai vu un enfant d'environ 8 ans qui vendait du jus de bissap glacé (500 CFA le verre). J'en ai pris deux, et il m'a demandé si je pouvais lui acheter un cahier d'école. Je n'ai pas su quoi répondre. Vendredi, direction le Marché des fétichistes de Lomé. Un guide autoproclamé, Yao, s'est collé à moi à l'entrée. Il a d'abord demandé 50 000 CFA pour la visite, puis a accepté 20 000 après négociation. Arnaque classique, mais il connaissait vraiment chaque crâne d'animal, chaque poudre. Les odeurs là-bas : mélange de résine, d'herbes séchées, de cuir et de choses mortes. Ça monte dans les narines, ça ne part pas. Pas pour les âmes sensibles, mais fascinant si on accepte le dépaysement sans peur. Samedi matin, petit-déjeuner à la Pâtisserie Francine, rue de la Paix, à deux pas de l'hôtel. Croissant + café : 2200 CFA. Boulangerie française classique, cliente locale, bonne ambiance. Puis j'ai traîné au Musée national du Togo. Entrée 3000 CFA, fermé de 12 h à 15 h, donc j'ai eu deux heures avant la pause déjeuner. Les collections sont modestes mais les explications sur l'histoire des royaumes togolais et la traite m'ont vraiment intéressée. Un guide local a donné un contexte précis sur la période coloniale allemande. Les trois derniers jours se sont perdus entre la plage de Avepozo et des petits restaurants en bord de mer. Le dernier soir, dîner au restaurant Chez Casimir (spécialité : poisson braisé à la tomate, 4000 CFA). J'ai assisté à une panne d'électricité de deux heures. Le gérant a sorti des lampes torches, la musique s'est arrêtée, on a continué à manger dans le noir avec un verre de Flag (bière locale, 1500 CFA). Ça aurait pu être sympa si j'n'avais pas été stressée par mon vol du lendemain à 11 h 30.
Les bons plans repérés sur place.
Marché des pêcheurs de Lomé (quai de Chemins de Fer) : brochettes grillées à 6 h du matin, ambiance crue et authentique
Lagune de Toliara : louer une pirogue avec un pêcheur local pour voir les palétuviers et les traces de vraie vie côtière
Restaurant La Voile Blanche (plage du Ghana, Lomé) : fufu et sauce cacahuète correcte, terrasse face à la mer
Marché des fétichistes de Lomé : expérience sensorielle intense, à faire avec un guide pour ne pas se perdre dans les prix
Pâtisserie Francine (rue de la Paix, Lomé) : seul endroit où on sent vraiment le Togo français colonial, croissants décents
Et au final.
Le Togo m'a surprise par son énergie brute et sa laideur assumée côtoyant des moments de grâce pure. Lomé reste une ville désorganisée, polluée, pas toujours sûre quand on erre seul le soir. Mais les gens, la nourriture, les lagunes : ça vaut le coup de passer au-delà des premières impressions.







