Comment ça s'est passé.
On a décidé de partir en Norvège fin août pour les aurores boréales. Grosse erreur de timing : c'est trop tôt. Mais on a découvert les îles Lofoten en septembre, et franchement, c'était bien. Départ de Paris CDG avec SAS (Scandinavian Airlines) à 11h15, arrivée à Gardermoen vers 17h30. Oslo était gris, humide. On a pris le train Flytoget jusqu'à Oslo Central Station (170 NOK par personne, environ 15 euros), puis on a loué une Volkswagen ID.4 chez Hertz pour 8 jours. Erreur de calcul : on a payé 2400 NOK, soit 230 euros, sans réaliser qu'on devrait rouler 1800 km. Route E6 vers le nord. C'est long. Très long. On a quitté Oslo à 18h, on n'est arrivés à Tromsø qu'après minuit. On a dormi à l'Arctic Hotel Tromsø (prix correct : 890 NOK la nuit pour une chambre double). Le réceptionniste nous a dit que la route E69 vers les îles Lofoten était « parfois fermée en septembre ». Pas « fermée » genre fermée à la circulation. Fermée genre il y a des éboulements, pas de panneau, tu fonces dedans et tu fais demi-tour. On a quand même continué. Première vraie galère : la route E69 entre Tromsø et Lofoten fermée pour travaux entre 9h et 16h. On a patienté 3 heures dans un petit café à Nordkjosbotn, le Nordkjosbotn Stasjon (karbonade de renne à 185 NOK, décent, goût sucré-salé étrange). On a pu passer vers 17h. La montée sur la chaîne de montagne Tjeldsund Bridge : froid brutal, le thermomètre de la voiture affichait 2°C, et on sentait l'odeur métallique du froid qui filtre sous les portes du véhicule. Bizarre. Arrivée à Svolvær, point d'entrée des Lofoten. On a logé chez Magnus, un Airbnb à Kabelvåg, 950 NOK/nuit. Magnus n'était pas là pour l'accueil, les clés étaient sous un pot de fleur. Classique. Les îles : Kabelvåg, Reine, Hamnøy Kabelvåg : petit village de pêcheurs. On a marché jusqu'aux cabanes rouges « rorbuer » qui flanquent le port. Elles sont magnétiques visuellement, mais merde, elles puent le poisson séché et les algues. Pas du tout la odeur idyllique qu'on imaginait. Odeur acre, presque ammoniacale. On n'a pas aimé ça. Restaurant Nyvågar Fiskebrygge (plat du jour : cabillaud rôti avec légumes, 278 NOK). Bon, pas transcendant. Le 3e jour, on a pris la route côtière E10 vers Reine. C'est une route mince, souvent à une voie, suspendue au-dessus de l'océan. Accident évité de justesse : un camping-car allemand qui venait en face n'a pas ralenti. On a dû nous coller contre la falaise. Le cœur qui saute. Après ça, on a moins trouvé drôle la route. Reine : arrêt au restaurant Reine Sjømat Og Cafe (soupe de poisson, 165 NOK). Vue sur les montagnes qui tombent dans l'eau. Au moins 5 minutes où on s'est rien dit. Pas de « magic moment » cliché, juste... la géologie qui rime avec indifférence. Hamnøy : on y a dormi deux nuits dans une petite rorbuer traditionelle (1200 NOK/nuit via booking.com). Rien d'exceptionnel à l'intérieur (petit chauffage électrique rouillé), mais tu t'endors au bruit de l'eau qui frappe le bois de la cabane. On s'est levés à 5h pour tenter les aurores, mais septembre, c'est trop tôt. Le ciel restait bleu pâle. On a pris des photos sans enthousiasme. Moment marquant Randonnée vers Kvalvika Beach : trajet de 3h. On pensait être seuls, bien sûr qu'on ne l'était pas. Mais à un moment, le groupe de Français qu'on croisait à chaque coin de sentier a dû rebrousser chemin (orage, tonnerre réel). Nous, on a continué (bêtement). On a atteint la plage juste avant que ça s'aggrave. Plage vide, sable noir, océan déchaîné, nuages qui rasaient les sommets. Moment où tu comprends que tu es tout petit. Pas du tout Instagram. Juste effrayant et beau à la fois. Quiberon en Bretagne, ça nous a rappelé quelque chose, sauf que là c'est 50 fois plus grand et plus isolé. Retour et bilan Route retour : panne mineure (témoins lumineux bizarres dans la voiture). Hertz à Tromsø très lents pour le remboursement. On n'a pas vu d'aurores boréales. On a vu des fjords, de la pluie, du froid, des routes difficiles. On a galéré. Mais on a eu une expérience plutôt crue de la Norvège, loin des cartes postales.
Les bons plans repérés sur place.
Kabelvåg : les rorbuer rouges au coucher du soleil (16h-17h en septembre), mais prépare-toi à l'odeur de séchage du poisson
Kvalvika Beach : randonnée 3h A/R depuis parking de Fredvang, apporte un manteau imperméable (prix entrée parking : 0 NOK, mais laisse 50 NOK en donation)
Route E10 entre Reine et Hamnøy : conduis lentement, n'oublie pas les feux de route, croise des camping-cars qui ne respectent rien
Restaurant Nyvågar Fiskebrygge à Kabelvåg : le cabillaud rôti pour 278 NOK, vue depuis la fenêtre sur le port
Et au final.
La Norvège en septembre, c'est pas la bonne période pour les aurores. Et Lofoten demande plus de temps que 6 jours pour vraiment explorer sans stress. Par contre, si tu cherches du réel plutôt que du touristique, c'est ici. Les galères de route et l'odeur du poisson séché, c'est aussi ça, la Norvège.