Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 pour le vol EgyptAir MS 986 au départ d'Orly, arrivée au Caire à 14 h 45 heure locale. La chaleur m'a frappé en sortant de l'aéroport : 38°C, sec, le genre de chaleur qui te dessèche la gorge en trois minutes. Premier piège touristique : le taxi non-régulé devant le terminal. Un mec m'a demandé 400 livres égyptiennes pour 25 km jusqu'à l'hôtel. J'ai négocié, payé 180 EGP (environ 9 euros), et pendant les 45 minutes de trajet, j'ai découvert pourquoi les Cairotes conduisent comme ils ont un contrat avec l'assurance-vie : trois fois on a failli rentrer dedans quelque chose. Klaxons permanents, motos entre les files, l'odeur de pot d'échappement mélangée à celle des stands de shawarma sur le bord de la route. C'était chaotique, un peu terrifiant, mais honnête. J'ai posé mes affaires au Cosmopolitan Hotel (chambre 305, vue moyenne sur Talaat Harb Street), puis j'ai marché deux heures dans le centre-ville. Khan el-Khalili, le marché touristique par excellence : 200 mètres carrés de chaos organisé. Les vendeurs crient « Hello my friend! Où tu viens? », les épices rouges et jaunes débordent des caisses, une vieille femme fait cuire des beignets à l'huile bouillante. J'ai craqué pour un café turque à la menthe (menthe fraîche, sucre, 5 EGP) chez un petit vendeur sans enseigne. Goût sucré, presque pâteux, pas mauvais. Les pickpockets sont une réalité : un type a essayé de prendre mon téléphone dans la poche arrière du pantalon. Je l'ai senti, il s'est sauvé sans histoires. Mieux vaut porter un sac bandoulière devant le ventre et un portefeuille léger. Giza : les pyramides ne mentent pasJour 2, bus touristique organisé par l'hôtel, départ 7 h du matin. Un minibus blanc avec 12 autres touristes, un guide égyptien parlant un français approximatif mais sympa. La route depuis Le Caire jusqu'à Giza : 30 km, 90 minutes. L'Égypte réelle apparaît : bidonvilles de tôle corrugée, champs de palmiers dattiers, femmes en niqab blanc qui traînent des chèvres. On arrive au plateau de Giza vers 9 h. Les trois pyramides surgissent. Franchement, elles sont immenses. Je pensais que les photos m'auraient préparé, non. C'est bête de dire ça, mais il y a un moment où ton cerveau comprend que c'est du rocher, du travail humain, 4 000 ans d'ancienneté, et tu restes un peu bouche bée. J'ai grimpé partiellement la Grande Pyramide (entrée 80 EGP, les escaliers internes sont usés et exigus). À l'intérieur, c'est sombre, chaud, ça sent la pierre humide. La chambre du roi est minimaliste : juste un sarcophage vide en granit rose. Le Sphinx, c'est derrière, 500 mètres. Les photos ne rendent pas compte de sa taille non plus. Un groupe de touristes chinois criait, on s'est assis une heure sur des rochers pour regarder. Déjeuner chez Papyrus Restaurant (en face du plateau) : kofta (viande hachée brochettée, 65 EGP), pain plat, jus d'orange frais (20 EGP). Repas correct, pas cher, mais l'hygiène : ils lavaient les verres avec l'eau du Nil visible en arrière-plan. J'ai quand même bu. Le Musée égyptien et la momie de Toutânkhamon3e jour : Le Caire de nouveau. Musée égyptien, place Tahrir. Je suis arrivé à 9 h, queue de 200 personnes. Entrée 180 EGP. À l'intérieur : chaos organisé. Les salles numérotées de façon byzantine, les vitrines poussiéreuses, parfois sans éclairage. Mais aussi : sarcophages en bois doré du Moyen Empire, statues de pharaons au regard fixe, et la momie de Toutânkhamon au 2e étage, dans une pièce climatisée. Tu vois les bandelettes, le visage desséché. Ça fait bizarre, respectueux et intrusion voyeuriste à la fois. J'ai passé 15 minutes à regarder. Louxor : les temples, le Nil et les regretsJour 5 : vol EgyptAir MS 774, Le Caire-Louxor, 1 h 10. L'avion était semi-vide, donc j'ai eu deux sièges. Louxor c'est autre chose : la vallée du Nil, plus chaude, plus lente. J'ai loué un petit hôtel Steigenberger Nile Palace (vue directe sur le Nil, 140 euros la nuit, cher pour l'Égypte). La terrasse : palmiers, feluccas (voiliers traditionnels) qui dérivent, le bruit de l'eau. Jour 6 et 7 : visites guidées de la Vallée des Rois (entrée 240 EGP). Neuf tombes sont ouvertes aux touristes. Tu descends dans des chambres souterraines. Les hiéroglyphes sur les murs, toujours colorés malgré les siècles, le pharaon en position osirienne. J'ai vu la tombe de Ramsès VI, celle d'Aménophis III. Galère majeure : mon guide, Hassan, avait oublié deux touristes (un couple allemand) à l'entrée. On l'a découvert après 45 minutes. Ils ont dû attendre, ils ont râlé, l'ambiance s'est tendue. Après, on a visité le Temple de Louxor, qui s'élève pile au milieu de la ville, entre les hôtels et les rues commerciales. Les pylônes de Thoutmosis III. Le Nil passe à côté. Entrée 80 EGP. Soir : balade en felouque privée (180 EGP, 45 minutes). Coucher de soleil orange sur le Nil. Le guide navigait en silence. Seul le vent dans la voile, l'eau qui clapote. C'est là que j'ai compris pourquoi les anciens Égyptiens adoraient ce fleuve : c'est vivant, c'est calme. Jour 12 : repas de départ avec le chef cuisinier de l'hôtel. Il a préparé un mezze complet : hummus, baba ganoush, falafel frais (pas congelé), koshari (pâtes-lentilles-sauce tomate, 25 EGP, plat national). Manger avec quelqu'un qui connaît son métier, c'est différent. Il m'a montré les épices, raconté les recettes de sa mère. Moment personnel, pas touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Plateau de Giza au lever du soleil (entrée 80 EGP, grimper la pyramide à 6 h 30 avant la foule)
Khan el-Khalili, petit café sans enseigne près de la mosquée d'Al-Azhar (café menthe 5 EGP, coin des épices)
Vallée des Rois, tombe de Ramsès VI (descendre avant 10 h, prendre un guide parlant français pour éviter les raccourcis)
Felouque privée sur le Nil à Louxor au coucher du soleil (180 EGP, 45 minutes, partir de l'embarcadère Corniche)
Musée égyptien place Tahrir, salle des momies (y aller en premier, avant 10 h, moins de queue)
Photos — Le Caire & Louxor
Et au final.
L'Égypte m'a donné plus que je m'y attendais. Les monuments sont vrais, les gens sont directs (pas toujours polis, parfois des arnaques), le Nil existe bel et bien. Ce que j'ai moins aimé : la pollution au Caire, l'hygiène alimentaire douteuse, et le harcèlement touristique constant, même quand tu dis non clairement. Mais j'y retournerais pour Assouan et Abou Simbel.
