Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Kuala Lumpur un jeudi matin à 6 h 30, décalage horaire brutal après 12 h de vol. Le bus express Skybus nous a déposés au centre-ville en 45 minutes pour 12 MYR par personne. Première vraie galère : à la gare Sentral, notre réservation d'hôtel s'était évaporée. Après une heure de négociations avec une réceptionniste peu coopérative, nous avons trouvé un lit au Tune Hotel Kuala Lumpur pour 35 EUR la nuit, murs fins, climatisation glaciale, mais le quartier de Jalan Tun Tan Cheng Lock était vivable. Kuala Lumpur : grandeur étouffanteLes Petronas Twin Towers dominant la ville dès qu'on lève les yeux. Nous les avons montées à 8 h 30, avant la foule : 80 MYR l'entrée. La vue depuis le skybridge était impressionnante, mais honnêtement, après deux minutes, c'est juste de la fumée de pollution et des routes. Nous avons dû attendre 20 minutes juste pour descendre dans le couloir surpeuplé. Le marché central de Petaling Street nous a captés un mardi matin. Odeur dense d'épices, de poisson sec, de sueur dans l'humidité épaisse : 32 degrés et 90 % d'humidité, nos vêtements collaient à la peau. Nous avons acheté des fruits du dragon pour 3 MYR le kilo, goût sucré et fade, pas aussi bon que prévu. Les vendeurs poussaient dur pour nous vendre des faux sacs Gucci. Un moment étrange : une femme qui criait ses prix comme si elle vendait sa dernière chance. Une arnaque classique nous attendait là : 45 MYR pour un jus de citron frais au café touristique d'à côté, alors que le même jus au marché coûtait 2 MYR. Nous avons dîné au restaurant Batu Ferringhi Seafood, spécialisé dans les fruits de mer. Les crevettes frites sauce épicée, 38 MYR la portion. La saveur : salé, sucré, piment brûlant qui irrite les gencives mais bon. Le riz était collant, comme il faut. Bière Carlsberg locale, 8 MYR au bar, presque gratuit. Le trajet vers Penang : sur la route nationaleNous avons pris le bus Ekspres Utama à la gare Sentral vers 14 h. Quatre heures pour rejoindre Georgetown, Penang. Le bus était moderne, climatisé à mort, nous grelottions. Arrêt à une aire de repos : toilettes gratuites, WC à la turque qui sentaient la Javel à 100 mètres. Un passager a vomi, c'était gênant. Georgetown : ruelle labyrinthique et histoire qui traîneArrivée à 18 h 30. Nous avons marché jusqu'à notre guesthouse, Paper Road Inn, près de clan temple area. 28 EUR la chambre, vieux ventilateur au plafond qui grince la nuit. Escaliers étroits, WiFi intermittent. Mais le propriétaire, un Indien de 60 ans, nous a donné des vrais tuyaux. Georgetown est un dédale. Nous nous sommes perdus trois fois en deux jours. Chew Jetty, la jetée sur pilotis, c'est un quartier habité où vivent encore des familles de pêcheurs. Linge qui sèche, enfants qui jouent sur les planches pourries au-dessus de l'eau marron. Nous avons payé 5 MYR pour entrer dans une petite maison-musée. Une femme très âgée nous expliquait son quotidien avec des gestes. Moment qui m'a marquée : sentir l'odeur de bois humide, le craquement des planches sous nos pieds, l'impression d'être dans une époque revolue. Nous avons mangé au marché nocturne de Jalan Siam mercredi soir. Assam laksa, nouilles rouges avec bouillon épicé, 5 MYR le bol. Température brûlante. Nous avons bu de l'eau de coco frais versée directement de la noix pour 2 MYR. Le vendeur cassait la noix à la machette avec une précision de chirurgien. Temple Kek Lok Si en haut de Penang Hill. Nous avons pris la funiculaire à 8 h du matin, 30 MYR aller-retour. Vue sur l'île, îles alentour, beaucoup de groupes de touristes. Le bruit des cloches, encens épais qui suffoque les narines. Un groupe de moines chantait dans la cour, récitation mécanique et hypnotisante. Derniers jours : décalageNous avons quitté Georgetown par le même bus, direction retour à Kuala Lumpur. Trois jours à traîner avant le vol de retour. Nous avons visité Batu Caves, grottes sacrées avec statue géante de Murugan. Odeur de pierre froide, 272 marches d'escalier brûlant sous le soleil. Un singe nous a volé les lunettes de soleil de mon mari. Pas drôle sur le moment.
Les bons plans repérés sur place.
Petaling Street Market à Kuala Lumpur : fruits du dragon et chaos de marchands, levé à 6 h 30 pour éviter la foule
Chew Jetty à Georgetown, Penang : maisons sur pilotis, vraies gens, pas de musée artificiel
Restaurant Batu Ferringhi : crevettes frites sauce épicée (38 MYR), goût authentique, bière locale à 8 MYR
Kek Lok Si Temple sur Penang Hill : funiculaire à 8 h du matin, chants de moines, encens intense
Bus Ekspres Utama Kuala Lumpur-Penang : trajet 4 h avec arrêt aire de repos, climatisation excessive
Et au final.
La Malaisie, c'est un pays qui se visite sans révélation spectaculaire, honnêtement. Les grandes villes manquent d'âme, trop de traffic, trop chaud, les prix grimpent vite pour les touristes. Mais les détails comptent : une nouille dans une ruelle, un temple quand le soleil se couche, une conversation avec un inconnu dans un bus. À revenir, peut-être, mais plutôt en moins haut de saison.