Comment ça s'est passé.
On arrive à Colombo le 15 novembre avec un vol Air France vers 23 h. Récupération d'une voiture chez Hertz (mauvaise idée, on le saura plus tard), direction Kandy par l'A7. Le trajet dure 3 h au lieu des 2 h annoncées : construction de route, un camion renversé, et le chauffeur qui ignore les feux rouges. La chaleur est étouffante, 34 °C à minuit passé. On descend au Cinnamon Citadel Hotel, rue DS Senanayake Veediya. Chambre d'angle avec vue sur le lac artificiel. Petit-déj inclus : dhal curry avec pain paratha, lassi tiède, confiture de noix de coco. Le prix : 45 euros la nuit, ce qui paraît honnête pour 4 étoiles. Le personnel sourit en permanence, mais les serviettes ne sont jamais changées sans insister trois fois. Jour 2, lever à 5 h. On veut voir le Temple de la Dent depuis le point de vue du Mont Bahiravakanda. Taxi jusqu'au pied du mont : 300 roupies (1 euro environ). La montée à pied dure 30 minutes. En haut, le soleil se lève sur Kandy. C'est gris-rose, pas spectaculaire, mais l'air sent l'encens et le bois brûlé des maisons en contrebas. Des bonzes en robe jaune paient leur passage auprès du gardien du temple. Le Temple de la Dent lui-même (Temple of the Sacred Tooth Relic) nous coûte 1500 roupies l'entrée (10 euros). À l'intérieur, c'est bondé, bruyant, les pèlerins crient des prières. Les dorures du plafond attrapent la sueur sur nos peaux. On ne voit pas la dent sacrée du Bouddha—elle est verrouillée dans une chambre fermée au public. Déception mineure, mais c'était à prévoir. Bruit de cymbales et de tambours pendant 20 minutes, ça monte en crescendo dans nos crânes. Déjeuner au restaurant Mahaweli (juste à côté du temple, rue Dalada Veediya). Lamprais (riz et viande hachée dans une feuille de bananier cuite au four) : 650 roupies (4 euros). Le goût sucré-salé du curry rouge nous plaît. La bière Carlsberg locale coûte 350 roupies. On manque de tomber en discussion avec un vendeur de bijoux en rubis qui nous propose des « pierres authentiques ». Arnaque classique : les prix affichés sont 10 fois surévalués. Jour 3-4 : plantations de thé dans les Highlands. Bus nuit 5 h du matin depuis Kandy vers Nuwara Eliya. Trajet en bus Intercity Express (numéro 29), très bondé, ça sent la transpiration et la mangue. Une vieille femme essaie de me vendre des châles tricotés main qui ne font que sentir la moisissure. Le paysage montagneux est réel mais on dort pendant 80 % du voyage. On loge à la Guest House Sunray (rue Rectory Road, Nuwara Eliya). 35 euros par nuit, propre mais l'eau chaude fonctionne 2 h par jour. Visite de la Pedro Tea Factory le lendemain. C'est une petite usine de famille, pas touristique. Le propriéteur nous montre le séchage des feuilles, l'odeur est forte, terreuse, presque médicale. On achète un kilo de thé blanc pour 2500 roupies. Jour 5-7 : Mirissa, côte sud. On loue une voiture avec chauffeur (mauvaise décision suite au chaos du jour 1). Le trajet depuis Nuwara Eliya dure 6 h. Arrêt à Matara en chemin. On mange des kottu roti (pâte déchiquetée avec légumes) chez un petit vendeur de rue : 400 roupies, délicieux et épicé. Mirissa Beach Guest House, 32 euros la nuit. Piscine avec vue sur l'océan. La plage elle-même est couverte de débris plastiques, ce qui nous choque. L'eau est tiède, 28 °C. On demande au réceptionniste : « C'est normal ? » Il hausse les épaules. Moment marquant : un enfant du village nous offre une noix de coco et nous propose un tour en bateau de pêche pour voir les baleines. On accepte. Trois heures en bateau, pas une seule baleine, mais on voit des dauphins au loin. Le soleil cogne fort. On rentre avec les épaules brûlées malgré la crème SPF 50. Au restaurant La Mer, curry de homard : 2400 roupies (16 euros). Qualité correcte, portions énormes. Le service lent nous énerve après 40 minutes d'attente sans eau apportée. Jour 8-9 : Galle et Unawatuna. Forteresse de Galle, entrée 1500 roupies. C'est un bâtiment colonial hollandais bien conservé avec murs et canons. Les touristes posent partout pour des photos Instagram. On aime ça. On explore les ruelles étroites. Pain à l'air chaud chez Bakehouse Café : 280 roupies, bon café. Unawatuna Beach est plus calme que Mirissa. Bungalow Raja : 28 euros pour deux personnes. On passe du temps à lire. Une galère : le wifi ne marche qu'à 22 h, le gérant dit que c'est normal. On prend ça avec humour. Jour 10 : retour à Colombo, vol SriLankan Airlines vers Paris via Doha. Arrivée Orly le 26 novembre vers 7 h du matin. Jet-lag intense.
Les bons plans repérés sur place.
Mont Bahiravakanda au lever du soleil (entrée gratuite, arrivée 5 h 30 pour éviter la foule)
Pedro Tea Factory à Nuwara Eliya (petite usine familiale, thé blanc local à 2500 roupies le kilo)
Forteresse de Galle (1500 roupies, explorez les murs à pied, 2 h de visite suffisent)
Curry de homard à Mirissa chez La Mer (2400 roupies, portion très généreuse)
Tour en bateau depuis Mirissa (3 h, 2000-3000 roupies selon la négociation, pas de garantie sur les baleines)
Et au final.
Le Sri Lanka, c'est moins manicuré qu'on l'imaginait. La chaleur, l'encombrement des routes, les vendeurs insistants, ce n'est pas reposant. Mais la vraie vie s'y voit : gens directs, nourriture généreuse, paysages sans filtre Instagram. On reviendrait, mais pas en louant une voiture personnelle.