Comment ça s'est passé.
On a atterri à Colombo le 14 mars en fin d'après-midi. Le vol SriLankan Airlines depuis Paris a duré 12 heures. À la sortie de l'aéroport Bandaranaike, le mur de chaleur et d'humidité m'a frappée de plein fouet — 31°C à 18 h, on sentait déjà les embruns de l'océan Indien mélangés aux gaz d'échappement des tuk-tuks. Notre chauffeur, Raj, nous a expliqué en mauvais anglais que la route vers Kandy prenait trois heures. Il s'en est fallu de peu : un camion s'était renversé à Kegalle, on a perdu 45 minutes. Le Temple de la Dent Sacrée à Kandy, c'est notre premier choc. On l'a visité le 15 mars à 6 h 30 du matin, avant la foule. Le gardien du Sri Dalada Maligawa nous a demandé 1 500 LKR (5 euros) l'entrée. À l'intérieur, l'encens — ce mélange de santal et de fleur d'orchidée — vous rentre dans les poumons et ne part pas de la journée. Les murs dorés brillaient sous les lampes électriques. C'était beau, mais on s'attendait à plus de recueillement. Au lieu de ça, on était serrés contre des touristes hollandais qui prenaient des selfies. On a dormi à l'hôtel Kandy House Residency, une guesthouse de 45 dollars la nuit. Le patron, Priya, nous a offert du thé de Ceylan à 7 h du matin dans la véranda qui donnait sur le lac. Impossible de le décrire autrement : amer, légèrement sucré, avec un goût de feuille fraîche. On s'est assis là pendant une heure, regardant les pêcheurs lancer leurs filets circulaires. Un moment vraiment calme, presque suspendu. Le 16 mars, on s'est lancés pour Mirissa en bus. On a pris le service n° 59 depuis la gare routière de Kandy à 7 h 45. Sept heures de route cahoteuse. On a croisé un marché routier à Matara où on s'est arrêtés. Une femme vendait des noix de coco fraîches (200 LKR pièce). Elle les ouvrait avec une machette, l'eau glacée coulait partout. C'est là qu'on a réalisé qu'on n'était vraiment pas en Europe. Mirissa, c'est devenu notre base jusqu'au 22 mars. On a réservé au Mirissa Diving Center Resort, un petit hôtel miteux mais sympathique (30 dollars). La plage était belle, mais je dois être honnête : elle était bondée de backpackers bourrés, des mecs qui criaient à 2 h du matin en sortant des bars. Le première nuit, on a dû demander au récepteur d'appeler la police pour un groupe de Français qui faisaient trop de bruit. Ça gâche un peu l'ambiance « paradisiaque ». On a loué une jeep avec chauffeur pour le whale watching le 17 mars. Prix : 12 000 LKR (40 euros) pour la journée. Le chauffeur, Kumar, nous a déposés au port à 5 h 30. Le bateau était pourri, les moteurs faisaient un bruit d'enfer. Pendant quatre heures, on a croisé deux baleines bleues — vraiment loin — et surtout beaucoup de dauphins qui sautaient. On avait mal au cœur, le soleil tapait fort, et on s'était fait arnaquer sur les prix des snacks à bord (un sandwich à 800 LKR, 2,70 euros). Mais bon, voir ces créatures géantes bouger quand même... ça valait le coup de souffrir un peu. Le restaurant de fruits de mer « Samara » en front de mer, c'est devenu notre repaire. On y allait chaque soir. Le propriétaire, Akila, cuisinait les crevettes au curry à la perfection. Un plat complet coûtait 1 200 LKR (4 euros). On sentait l'oignon et le piment vert grillés, ça sentait BON. Ils avaient aussi du calamar grillé incroyable. Le 19 mars, on a pris une tuk-tuk pour aller aux grottes de Ravana. Le trajet depuis Mirissa a coûté 2 000 LKR, le chauffeur s'était trompé de route, on est arrivés 45 minutes en retard. Les grottes, c'était sympa mais pas spectaculaire. Des eaux bleues, une petite chute d'eau, des chauves-souris. 500 LKR l'entrée. On a grimpé les escaliers en sueur — 28°C à midi, l'humidité était suffocante. Une fille s'est évanouie, les guides locaux ne savaient pas trop quoi faire. Avant de partir, on a passé le 21 mars au marché de Galle. La ville fortifiée était vraiment impressionnante à pied. Au marché municipal, on s'est perdu entre les étals de mangues, de ramboutans, de poissons. Un vendeur de jus frais nous a fait goûter du jus de canne à sucre pressé sur place. C'était sucré, collant, délicieux. 150 LKR pour un grand verre. Le 22 mars, on est repartis à Colombo en train : la ligne côtière de la gare de Matara jusqu'à la gare centrale de Colombo. Sept heures de train, on passait juste à côté de la plage. C'était le moment le plus beau du voyage, bizarrement.
Les bons plans repérés sur place.
Temple de la Dent Sacrée à Kandy : visiter à l'ouverture (6 h 30), avant les groupes organisés
Gare routière de Kandy, bus n° 59 : seul moyen de descendre vers Mirissa pas cher (7 heures, ambiance locale)
Whale watching depuis Mirissa (mai-septembre) : apporter du Dramamine, ça tangue sec
Restaurant Samara à Mirissa : crevettes au curry à 1 200 LKR, mangez en front de mer au coucher du soleil
Marché municipal de Galle : jus de canne à sucre frais pressé, c'est le meilleur prix de l'île (150 LKR)
Et au final.
Sri Lanka, c'est vraiment pas comme les brochures. On a adoré la chaleur, les gens, la bouffe, les paysages. Mais c'est aussi bruyant, pas toujours propre, et faut pas être trop naïf avec les prix. Je reviendrais, mais en évitant la haute saison touristique.