Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport JFK un lundi matin, bagages trop lourds et pas assez dormi. Le vol United Airlines sur le trajet Paris-New York m'a coûté 580 euros en low-cost, mais valait le coup. Dès la sortie, la chaleur humide de septembre à New York m'a giflé le visage, une sensation qu'on n'oublie pas. Ma femme a tout de suite resenti l'odeur caractéristique du métro : métal chaud, pollution, et un je-ne-sais-quoi d'urine vieille qui flotte même les jours où on se dit que ce sera mieux. C'est New York. Nous avons pris le bus AirTrain Jamaica jusqu'à la station Jamaica, puis la ligne A du métro jusqu'à Times Square. Nous avons échoué à l'hôtel Broadway Times Square, un deux-étoiles modeste à 95 dollars la nuit. La chambre donnait sur la 42e Rue : klaxons, sirènes, voix amplifiées à 3h du matin. Aucun sommeil profond possible. Dès le jour 2, l'épuisement s'est fait sentir. Manhattan en mode survieNous avons marché. Beaucoup marché. Le petit-déj au café Joe's Coffee sur la 6e Avenue m'a coûté 7 dollars pour un cappuccino et un croissant rassis. C'était ordinaire, mais on était là. J'ai traîné ma femme jusqu'à Grand Central Terminal : le hall principal avec ses voûtes de pierre me rappelle l'Europe, sauf que tout le monde court. Personne ne s'arrête pour regarder. Nous avons déjeuné au célèbre Shake Shack de Madison Square Park : burger et fries pour 18 dollars. Correct. Pas cher pour New York. La file d'attente était longue, et un type m'a bousculé en me disant « move it, buddy » sans regarder. Premier moment un peu aigre du voyage. Times Square, c'est incontournable dans le sens où on ne peut pas l'éviter même en le voulant. Les écrans géants, la foule, les faux Minions qui se battent pour les selfies. Ma femme a trouvé ça insoutenable après 20 minutes. Nous avons fui vers Brooklyn en métro ligne F, arrêt Williamsburg. C'était mieux. Les restaurants branchés, les briques rouges, les gens qui prenaient leur temps. Au restaurant Falansai, nous avons mangé des nems vietnamiens à 4 dollars l'unité et des phó à 12 dollars. Saveurs nettes, authentiques sans faire semblant. La galère de l'avion pour la LouisianeJour 5, nous devions prendre un vol Southwest Airlines à 14h30 de la Garde-côtes de Manhattan. L'aéroport de La Guardia. Nous avons raté la correspondance de bus AirTrain parce qu'une femme s'était effondrée sur le quai et tout s'était arrêté 20 minutes. Nous avons dû prendre un Uber à 62 dollars, très cher pour 20 km. Arrivés à 13h45 pour un vol à 14h30, nous avons couru. Nous avons décollé à 15h15. Petit retard. Aucune explication claire. Les hotesses de Southwest avaient l'air aussi énervées que nous. La Nouvelle-Orléans, c'était différent dès l'arrivée. L'air moite, sucré presque. Senteur de magnolia et de vase du Mississippi. Nous avons pris un taxi jaune jusqu'au Marigny Guest House, dans le Marigny District, à 89 dollars la nuit. Trois étages, fan au plafond qui faisait du bruit, mais propre. Le proprio, Gary, un mec de 60 ans avec un accent du Sud, nous a expliqué les bonnes rues. Nous l'avons écouté. La Nouvelle-Orléans, vraimentFrenchmen Street, tous les soirs. Des musiciens de jazz sur le trottoir, des bars avec terrasse, des gens assis dehors qui buvaient du whisky déjà à 18h. Nous avons trouvé un restaurant de gumbo appelé The Gumbo Shop sur la rue Saint-Ann : bol de gumbo aux saucisses pour 13 dollars, pain de maïs inclus. Goût profond, riche, relevé. C'était bon de passer à côté de la cuisine touristique standard. Nous avons marché dans le Vieux Carré jusqu'à la cathédrale Saint-Louis, fermée pour restauration ce jour-là. Frustrant. Au lieu de ça, nous avons traîné au café Café du Monde, juste à côté, où j'ai commandé des beignets et un café au lait pour 7 dollars. Sucre partout, cannelle sur les vêtements, mais c'était mémorable dans le sens où c'était vrai. Jour 7, nous avons pris le streetcar ligne 12 Saint-Charles jusqu'à Audubon Park. 1,25 dollar le trajet. Le streetcar était bondé, vieux, climatisation morte. Une dame s'évanouit à l'arrêt. Moment stressant où tout le monde regarde le vide. Les employés de la Régie des Transports de la Nouvelle-Orléans ont agi en moins de deux minutes. Elle a repris connaissance. Personne n'en a parlé après. Audubon Park était vaste et vert. Nous avons marché trois heures sans voir grand monde. Un musée d'art moderne caché dans les arbres. Gratuit le premier mercredi du mois, mais c'était lundi. Nous n'avons pas payé l'entrée. Pas vu l'intérieur. C'était dommage. Le dernier jour, nous avons pris un café au Bacchanal Buffet dans le quartier de Marigny, des œufs scrambled et du jambon de pays, 11 dollars. Ensuite, retour à JFK le 10e jour. Vol United à 15h55. Arrivés à Paris le lendemain matin, décalage horaire brutal.
Les bons plans repérés sur place.
Shake Shack de Madison Square Park : burger juteux en pleine ville, file d'attente folle mais bougez.
Streetcar ligne 12 Saint-Charles jusqu'à Audubon Park : 1,25 dollar, climatisation cassée, mais c'est ça l'authenticité.
The Gumbo Shop rue Saint-Ann, Nouvelle-Orléans : bol énorme de gumbo aux saucisses, arriver avant 19h pour éviter la queue.
Grand Central Terminal : aller de bon matin vers 7h, avant la ruée, pour voir le bâtiment sans 500 gens.
Café du Monde à la Nouvelle-Orléans : beignets, cannelle, mais c'est un piège touristique honnête, valable une fois.
Photos — New York et La Nouvelle-Orléans
Et au final.
Ce voyage nous a montré deux visages de l'Amérique : la mégalopole bruyante et vide, et la ville du Sud où les gens prennent encore le temps de parler. New York nous a usés en trois jours. La Nouvelle-Orléans a rattrapé un peu. À refaire, nous raccourcirions New York et prolongerions la Louisiane.
