Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Ministro Pistarini un dimanche matin, après 14 h de vol avec LATAM. L'air était lourd, humide, ça sentait le diesel des taxis et le café qu'on vendait au comptoir de la douane. Première galère : notre valise n'est arrivée que le lendemain. On s'est retrouvés à devoir acheter des fringues au Centro commercial Abasto avant même de visiter la ville. On a logé trois nuits à l'Fierro Hotel Buenos Aires, un petit truc sympa dans San Telmo avec un patio intérieur. La proprio, María, parlait un peu français. Elle nous a envoyés au restaurant Café Tortoni pour le petit-déjeuner—c'est sur l'Avenida de Mayo, il y a des années que ça existe. On a pris un cortado (café crème local, genre 200 pesos) et des medialunas chaudes. C'était bon, rien d'extravagant, mais vraiment le truc que les gens mangent le matin là-bas. La vie en pied d'égalité avec les porteñosOn a pris le subte (métro) ligne A depuis Piedmont jusqu'à Caballito. Les rames sont vieilles, ça sent la rouille et les gens se serrent dessus. Pas de malaise, juste la réalité. On s'est perdu une fois en cherchant la Librería Ateneo Grand Splendid, qui est une ancienne pharmacie transformée en librairie géante. Trois fois on a demandé des indications à des locaux—tous sympathiques mais pas pressés de nous aider non plus. C'est pas du dédain, c'est juste qu'ils traînaient. On a mangé à La Cabrera deux soirs de suite. Le biftec de chorizo coûte environ 1500 pesos (13 euros). Le chimichurri maison qu'ils font, c'est vrai que c'est bon—parfumé à la moutarde et au vinaigre—mais je comprends pas pourquoi ça serait mieux que dans une parrilla de quartier. On a payé plus cher juste parce que c'était touristique. On a appris la leçon : les restos dans San Telmo pour touristes, ça remplit juste votre estomac. Le moment qui nous a vraiment secouésOn était en train de regarder le coucher de soleil sur le Río de la Plata depuis la Costanera Sur, vers 19 h 30. C'est là qu'une gamine d'environ dix ans on douze ans est arrivée en courant, accompagnée d'un mec plus vieux, et a arraché le téléphone de mon copain juste comme il prenait une photo. Ça s'est fait en trois secondes. Deux autres personnes ont essayé de l'aider mais c'était fini. On est allés à la comisaría du quartier (c'est quoi le numéro local déjà... 101, c'est pour la police). Après une heure d'attente, un flic qui parlait l'anglais nous a dit que c'était courageux de notre part de le signaler. Ironie aplatie. On a jamais revu le téléphone. Après ça, on s'est dit qu'il fallait pas devenir parano. La majorité des gens là-bas est normal. Mais c'est vrai que certains quartiers, surtout la nuit, tu dois être malin. Mendoza, les vignes et le Cerro de los Siete ColoresOn a pris un vol domestique avec Aerolíneas Argentinas jusqu'à Mendoza (2 h, environ 3500 pesos). En arrivant, on a loué une voiture chez Hertz. On voulait les vignobles sans groupe de touristes. On s'est arrêtés à la bodega Familia Zuccardi. C'est dans Maipú, à environ 20 minutes du centre. Le guide parlait espagnol, on comprenait 60 % de ce qu'il disait. La température intérieure était contrôlée, genre 15°C, et ça sentait le chêne et les fermentations anciennes. On a gouté quatre vins : un Malbec, un Cabernet, un Syrah et un rosé. Le Malbec, c'était le meilleur, à 35 pesos la bouteille sur place (30 centimes d'euros). On en a pris trois. On a dormi deux nuits au Diplomatic Hotel Mendoza, un trois-étoiles assez basique rue Sarmiento. Petit-déjeuner inclus, buffet moyen. Le staff était courtois. On a mangé une empanada de carne au marché central de Mendoza—c'est un lieu que les locaux fréquentaient vraiment, pas reconverti pour touristes. 150 pesos la portion de trois. C'était gras, délicieux, on avait pas regretté. La route vers Puente del Inca était longue. On est partis à 6 h du matin depuis l'hôtel. Le lever du soleil sur la Cordillère des Andes était spectaculaire, ok, je l'admet. Mais le Puente del Inca lui-même ? C'est un pont en pierre naturelle, c'est sympa à photographier, mais c'est tout. On s'attendait à quelque chose de plus grandiose, franchement. On a eu un pneu crevé en revenant. Une heure à changer ça au bord de la route avec un mec qui s'arrêtait pour nous aider—c'était un agriculteur local qui parlait quasiment pas anglais mais qui était pas stressé. Il nous a même donné de l'eau. Ça nous a rappelé qu'on n'était pas aux USA, qu'il y avait pas de service client 24/24 qui te résout ton problème.
Les bons plans repérés sur place.
Café Tortoni sur Avenida de Mayo—même si c'est touristique, les medialunas du matin et le cortado sont authentiquement porteños
Bodega Familia Zuccardi à Maipú, Mendoza—le Malbec à 35 pesos est bon marché et honnête
Marché central de Mendoza (Mercado Central)—empanadas à 150 pesos avec des locaux qui ignorent les touristes
Subte ligne A Buenos Aires—décrépite mais vraie, pas une attraction pour backpackers
Puente del Inca depuis la route en voiture de location—sympa à voir mais moins impressionnant de près que sur les photos
Photos — Buenos Aires et Mendoza
Et au final.
L'Argentine, c'est une destination qui mérite plus qu'un weekend. Buenos Aires, c'est bruyant, inégal, parfois stressant (vol inclus), mais les gens ont une vraie personnalité. Mendoza nous a moins captivés qu'on l'aurait espéré—les vignes sont intéressantes mais c'est pas Napa Valley non plus. Si je retournais, je prendrais plus de temps dans les petits villages et moins dans les restos branchés.
