Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à l'aéroport Blaise Diagne de Dakar vers 14h. J'ai pris un taxi collectif jaune (environ 3 000 CFA) jusqu'à la gare routière de Colobane, puis un car Ndiaga Ndiaye pour Saint-Louis (7 heures, 5 500 CFA). Le chauffeur a klaxonné pendant tout le trajet, les vitres ouvertes. Odeur d'essence et de poussière rouge mélangées. Installation à l'hôtel Jamm à Saint-Louis, petite ruelle près de la Grande Mosquée. 45 euros la nuit, accueil sympa mais eau chaude irrégulière. Première promenade vers 17h : la Langue de Barbarie, cette bande de sable qui sépare la ville de l'océan, était bondée de pêcheurs qui rentraient avec leurs pirogues bleues et rouges. Le soleil sur le fleuve Sénégal en fin d'après-midi, franchement, c'était un moment où je me suis arrêté de parler. Nourriture et premiers repéragesDîner au Jamm à 19h : thieboudienne (11 euros), du riz avec du poisson rouge grillé et des légumes. Goût salé, morceaux de carotte qui grinçaient sous la dent. Un peu trop sal en vrai, et j'ai dû boire trois verres d'eau. Pain frais acheté le matin au marché Sandaga pour environ 300 CFA. Les matinées commencent tôt ici. Levé à 5h30 le 5 novembre pour aller au Port de Saint-Louis, voir les bateaux de bois encore dans le brouillard. Les pêcheurs m'ont proposé de monter dans une pirogue pour 8 000 CFA (45 min). J'ai accepté. Sentir le roulis du bateau, voir les cormorans plonger, l'eau qui éclabousse le visage — tout ça c'était bien. Sauf que le moteur s'est arrêté deux fois et on a dû ramer. Le pêcheur riait, moi j'étais surtout concentré sur ne pas mouiller mon téléphone. Le marché et ses galèresLe marché Sandaga m'a coûté plus cher que prévu. Un type m'a vendu des « vraies » souvenirs en bois sculptés (7 000 CFA les trois) ; en y regardant de près, c'était du contre-façon récente, les joints visibles. Arnaque classique, ma faute de pas avoir négocié. Bonne leçon : ne pas acheter en première heure à Saint-Louis, tout le monde est en mode touriste-riche. Les vrais fruits se trouvent à côté de la Grande Mosquée, vers 14h après la prière. Mangues à 500 CFA pièce, noix de coco fraîchement décortiquées. Goût sucré de la mangue, peu de fibres. Les vendeurs sont moins agressifs l'après-midi. Jours 7-10 : Langue de Barbarie et îles du deltaExcursion au Parc National de la Langue de Barbarie le 8 novembre avec un guide trouvé via Jamm (15 euros pour la journée). Balade en canoe à travers les mangroves pendant 2h30. Silence étrange, bruit des rames seulement, et les crocodiles qu'on a vus à distance. Un héron s'est envolé juste à côté du bateau — mon cœur a raté un coup. Déjeuner sur une île : poisson grillé dans du papier journal. Pas de restaurant formel, juste des femmes qui cuisent sur des feux de bois en plein air. Le poisson avait un goût d'eau saumâtre, mais c'était clairement frais. 4 euros le repas complet. Le 10 novembre, balade à vélo vers Sor, le village de pêcheurs. Route poussiéreuse, bruit des vagues qui se rapproche. Côte escarpée, falaises ocre. Arrêt dans une case avec des coquillages. Une femme vendait du café dans des petits bols en verre — 300 CFA. Café très fort, amer, un peu sucré. Vie quotidienne et temps mortLes jours 11-12, c'était surtout flânerie. Café de la Paix le matin vers 8h, croissant acheté au boulanger français « Au Pain d'Antan » rue Blaise Diagne. 1,50 euros. En terrasse, j'écoutais le français, l'arabe, le wolof tout à la fois. Ambiance de petit midi français exilé, mais honnêtement je trouvais ça sympa. Un jour, j'ai voulu prendre le bus local pour Podor (à 40 km). Bus plein, arrêts partout pour monter/descendre des gens. Un poulet dans une cage au plafond. Trajets comme ça, c'est long, c'est chaud (fenêtres ouvertes donc poussière partout), et ça remet les idées en place sur le confort. Là j'ai compris pourquoi la plupart des touristes restent à Saint-Louis. Musée et cultureMusée de Saint-Louis, entrée 1 500 CFA. Photos anciennes de la traite, documents coloniaux. Malaise ressenti en voyant ça, pas trop envie d'en parler mais c'était important d'y aller. Soirée musicale le 13 novembre au Jamm : musicien local avec kora. Musique lente, hypnotique. Verre de bissap (jus d'oseille) à 1 500 CFA. Texture légère, acidulé, frais. Derniers joursRetour à Dakar le 14 novembre, même car Ndiaya. Plus de poussière cette fois car pluie la nuit d'avant. Aéroport le 15 novembre, vol Brussels Airlines à 10h40.
Les bons plans repérés sur place.
Port de Saint-Louis à 5h30 : pêcheurs qui rentrent, pirogues colorées, brouillard encore sur le fleuve
Parc National Langue de Barbarie en canoe : mangroves silencieuses et un héron qui s'envole
Thieboudienne chez Jamm (11 euros) : riz avec poisson rouge grillé, à préparer pour le déjeuner
Café de la Paix le matin : croissant français et conversation en trois langues à la fois
Marché Sandaga après 14h : mangues fraîches et noix de coco, moins de arnaque qu'à midi
Photos — Saint-Louis
Et au final.
Saint-Louis, c'est pas la destination posée qu'on cherche souvent. C'est lent, c'est pas toujours propre, et les prix montent vite si tu n'as pas l'expérience. Mais il y a quelque chose d'authentique dans le fait que la vie s'arrête à 15h avant le café, que les gens ont le temps de parler. Je n'ai pas aimé les arnaques des souvenirs et honnêtement, le trajet en car était usant. Mais je repartirais, oui.








