Comment ça s'est passé.
On a décidé de passer deux semaines en Birmanie fin novembre, période où il ne fait pas trop chaud. Vol Bangkok-Yangon avec Thai Airways à 6h du matin, puis connexion interne via Myanmar Airways jusqu'à Mandalay. Le trajet a pris 2h, assis à côté d'un moine en robe safran qui dormait profondément. Arrivée à Mandalay vers 14h. On a pris un taxi depuis l'aéroport (environ 10 000 kyats, soit 5 euros) jusqu'à l'hôtel Mandalay Hill Resort, un trois-étoiles correct mais sans surprises. La chambre sentait l'encens et l'humidité. Première galère : l'eau chaude ne fonctionnait que le matin entre 6h et 7h. Les propriétaires se sont excusés en souriant, sans vraiment régler le problème. Mandalay : les débutsLevés à 5h le lendemain pour aller voir les moines à Mahagandayon Monastery, le monastère où vivent environ 900 moines. On a grimpé l'escalier encore dans le noir avec une torche, pieds nus (règles du lieu). L'atmosphère était dense, froide, l'odeur des lampes à huile mélangée à celle de l'encens de jasmin. Vers 6h, les moines ont commencé leur promenade quotidienne à travers la ville pour quêter la nourriture. On s'est mis en retrait, on regardait. Certains jetaient des regards curieux vers nous. Moment surréel, vraiment. Petit-déjeuner au café Golden Triangle près de la gare routière : un thé lait très sucré (500 kyats) et des nouilles shan avec du bouillon de poulet (1 500 kyats). Goût poivré, un peu trop salé à mon goût, mais nourrissant. On a visité le Palais Royal le matin. Les structures sont massives mais en béton neuf, reconstruit après les bombardements de 1945. Un mélange étrange entre ruines conceptuelles et décor de cinéma. Pas transcendant. On a payé 15 000 kyats par personne pour l'entrée. Problème d'orientation à BaganLe jour 3, on a pris un bus de la compagnie JJ Express vers Bagan (8h de route). Le bus était overcrowded, climatisation glaciale, un enfant a vomi deux fois. On s'est arrêtés pour manger dans un petit restaurant sans nom sur la route : riz frit avec des œufs et du curry rouge. Le cuisinier a ajouté du piment sans demander. Ma bouche brûlait pendant 20 minutes. Les gens autour riaient franchement. Mauvais point pour nous. Arrivée à Bagan vers 19h. On a réservé une chambre au thani house, petit guesthouse à 10 euros par nuit. Le proprio, Mr. Kyaw, a essayé de nous vendre une excursion privée pour voir le lever du soleil sur les temples à 80 euros par personne. On a refusé, on a trouvé ça gonflé. Erreur : on s'est perdus le lendemain en scooter qu'on a loué pour 5 euros. Les panneaux de direction n'existaient pas, et on a demandé cinq fois où était le temple Shwesandaw. Un homme nous a envoyés au mauvais endroit (volontairement, on ne sait pas). On a finalement trouvé en cherchant au hasard. Les temples, enfinBagan, c'est environ 2 200 temples sur une zone de 42 km². On ne visite pas tout. On en a vu une trentaine en trois jours. Le Shwesandaw au coucher du soleil : 50 marches pour monter, une centaine de touristes allemands et australiens en haut. Le soleil était orange, puis rouge. C'était beau, oui, mais pas bouleversant. La vraie trouvaille, c'a été le Dhammayangyi Temple. Moins connu, presque vide. On y est arrivés vers 17h. Un silence bizarre, l'odeur de la terre mouillée du matin qui persistait. Une femme locale vendait des souvenirs devant l'entrée, elle nous a offert du thé à la noix de coco dans de petits verres. Gratuit. Là, vraiment, on a respiré. Déjeuner à Bagan au Nyang Nyang restaurant : mohinga (soupe de nouilles à la citronnelle et au poisson), 3 000 kyats. C'était épicé, frais, meilleur que celui à Mandalay. On a mangé à côté d'une fenêtre qui donnait sur les champs de riz. Retour, fatigue et déception mineureOn a voulu visiter Inle Lake le jour 10. Vol interne réservé avec Yangon Airways. Le vol a été retardé de 3h sans explication. Assis à l'aéroport, complètement vides. On a raté une nuit au lac finalement, ce qui a changé le planning. Ça nous a énervés. On a raccourci notre visite. Derniers jours à Yangon, la capitale. On a dormi au Strand Hotel (légèrement hors budget, mais on voulait se poser). Les crumpets au petit-déjeuner (3 euros) compensaient un peu la frustration des jours précédents. On a visité la Shwedagon Pagoda tard en fin d'après-midi. Le dôme doré était déjà vu mille fois en photos. La réalité était moins frappante que prévu. On l'a dit à un Birman assis près de nous, il a hoché la tête en souriant : « Touristique maintenant. » En somme : deux semaines intenses, des moment de connexion réelle avec les gens (Mr. Kyaw, les moines, la femme du Dhammayangyi), mais aussi des arnaqueurs, des transports défaillants, et des attentes touristiques qui n'ont pas toujours payé.
Les bons plans repérés sur place.
Mahagandayon Monastery à 6h du matin (moines en prière, atmosphère silencieuse, léger dans la tête)
Dhammayangyi Temple à Bagan en fin d'après-midi (moins de monde, thé offert par la vendeuse locale)
Route en bus JJ Express vers Bagan (expérience locale brute, pas confortable mais réelle)
Le Strand Hotel à Yangon pour un petit-déjeuner (crumpets et café, pause bienvenue)
Scooter perdu à Bagan (pas recommandé, mais on a découvert des petits villages sans touristes)
Photos — Mandalay & Bagan
Et au final.
La Birmanie m'a surpris, mais pas toujours positivement. Les temples, c'est beau, mais on comprend vite qu'on les regarde comme des millions d'autres. Ce qui a vraiment compté, c'étaient les pauses, les rencontres sans calcul, les erreurs qui nous ont fait dévier du circuit. Je reviendrais, mais en prenant plus de temps en dehors des zones touristiques classiques.





