Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'aéroport d'Ivato, Antananarivo m'a frappé d'emblée par son odeur de diesel mélangée aux vendeurs de brochettes au charbon de bois. Les taxi-brousse (minibus de transport collectif) partaient déjà à craquer devant la gare routière de la rue Rainandriamampoinimerina. J'ai pris le minibus bleu de la compagnie Taxi Be vers le centre-ville pour 5 000 ariary (1,25 €). Le chauffeur a klaxonné sans discontinuer pendant 45 minutes. Installé à l'Hôtel Colbert, rue Andrianampoinimerina, chambre 28, j'ai testé le petit-déjeuner local : pain de riz avec du café mélangé sucré, à peine supportable. Le premier jour, j'ai marché jusqu'au Rova d'Antananarivo, l'ancien palais royal perché sur la colline. L'accès coûte 40 000 ariary (10 €). Les escaliers en pierre étaient glissants, usés par des décennies de passage. Vue sur la ville en terrasse : c'était gris, étouffant, saturé de magasins de produits électroniques bas de gamme. Choc culturel au marché AnalakelyLe marché central d'Antananarivo, c'est l'enfer organisé. Trois étages de petits vendeurs cramponnes à leurs étals. J'y ai goûté des brochettes de viande non identifiée pour 2 000 ariary. L'odeur était écrasante : mélange de poisson séché, d'épices malgaches et de sueur. Un vendeur a tenté de me surcharger de 50 % sur le prix d'un petit rempli de bananes. Galère classique du touriste solo. J'ai dû négocier ferme, ce qui a créé une tension désagréable. Ailleurs, une femme m'a gracieusement montré comment manger le « boulette » locale (riz frit avec œuf). C'est un contraste brutal : générosité et arnaque côte à côte. J'ai pris un vol Air Madagascar (AR 725) pour Nosy Be trois jours plus tard. Avion ATR 72 déglinguée, deux heures de vol pour 180 € l'aller-retour. À l'arrivée, la chaleur a claqué comme une gifle : 32 °C et humidité à 90 %. L'aéroport de Nosy Be tient en trois petits bâtiments. Taxi collectif jusqu'à Hell-Ville (la capitale de l'île) pour 15 000 ariary. Nosy Be : détente relative avec une arnaque de tropHôtel Ravintsara Beach, plage de Dzamandzar, tarif 85 € la nuit. Bungalow basique, air conditionné qui ronflait toute la nuit. Premier matin sur la plage : sable blanc, eau turquoise authentique, quelques pousse-pousse (charrettes tirées à la main) traînant des touristes. J'ai commandé un poulet grillé et du riz blanc au restaurant du lido (nom oublié, c'était en face du débarcadère) pour 12 000 ariary. Goût salé, texture sèche, mais honnête. Deux heures plus tard, ballonnements violents. Probablement l'eau. Excursion en bateau à voile vers Nosy Komba (île aux lémuriens) : 80 € par personne avec le guide Rakoto, un jeune homme de 24 ans qui parlait un français hésitant. Une heure de navigation, puis randonnée de 2 h en montée. Les lémuriens noirs-blancs venaient effectivement manger dans la main : sensation froide, sèche, prise ferme. Un moment sincère, pas joli-joli, juste animal. Sur le retour, le bateau a eu un problème moteur. 45 minutes d'immobilité sous le soleil, sans eau à bord. L'équipage a rigoté, moi pas trop. Finalement réparé. Leçon : vérifier l'équipement avant de partir. Restaurant Tana Kely à Hell-Ville pour un dîner : lamproie grillée (3 500 ariary), riz blanc, salade locale. Le patron, monsieur Jean, m'a fait goûter son rhum arrangé maison. Brûlant dans la gorge, bon. Discussion sincère sur la vie à Nosy Be : tourisme qui monte, mais prix locaux qui explosent. « Avant, c'était calme », disait-il. Ambiance correcte, sans fard. Retour à Tana et déception finaleRetour à Antananarivo pour les derniers jours. Visite au parc zoologique Tsimbazaza : 10 000 ariary d'entrée. Fossas, indris, calaos, tout était là mais dans des cages petites. Triste franchement. J'ai pris un dernier pousse-pousse jusqu'à la gare routière, 10 000 ariary pour 2 km. La circulation était pire qu'à l'aller. Décalage horaire, fatigue, réalité de Madagascar : c'est pauvre, c'est chaotique, les routes sont parsemées de nids-de-poule, les hôtels basiques sont souvent sales, l'argent ne couvre pas toutes les galères. Mais les gens vous regardent en face, les paysages côtiers valent le coup, et le rhum local fait son job.
Les bons plans repérés sur place.
Rova d'Antananarivo : palais royal en ruine avec vue panoramique grise mais honnête de la ville
Marché Analakely (Antananarivo) : chaos complet, testez les brochettes de zébu mais négociez sec
Nosy Komba en bateau voile : lémuriens noirs-blancs qui mangent dans votre main, 80 € avec Rakoto le guide
Plage de Dzamandzar (Nosy Be) : sable blanc, eau chaude, idéal pour décompresser trois jours
Restaurant Tana Kely (Hell-Ville) : rhum arrangé maison, conversation vraie avec le patron Jean
Photos — Antananarivo / Nosy Be
Et au final.
Madagascar, c'est loin d'être la destination balnéaire lisse des brochures. Deux semaines suffisent pour voir Antananarivo et Nosy Be, mais j'aurais aimé plus de temps dans l'ouest (Menabe, Morondava) et moins de fatigue digestive. Revenir ? Oui, mais en mieux préparé sur l'hygiène alimentaire.
