Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 février à 14 h 30 à l'aéroport Julius Nyerere de Dar es-Salaam après 8 heures de vol sur Ethiopian Airlines. La chaleur m'a frappé d'abord—pas seulement la température (32 °C affiché), mais cette humidité collante typique de la côte de l'océan Indien qui rend chaque mouvement lent. Taxi-brousse jusqu'à l'hôtel Kilimanjaro Kempinski, 45 minutes sur la Bagamoyo Road entre les bouchons terribles et les vendeurs ambulants tapant contre les vitres. Les trois premiers jours à Dar, c'est apprendre à naviguer sans repères. J'ai loué une chambre à la pension Karibu Guest House (45 dollars la nuit, petit déj inclus) près de Coco Beach. Le propriétaire, Hassan, m'a conseillé le restaurant The Slipway pour les fruits de mer—j'y ai mangé du poisson rouge grillé accompagné de riz noir pour 18 000 shillings (7 euros). La portions était correcte, pas exceptionnelle. En fin d'après-midi, balade au marché de Dar es-Salaam : l'odeur des poissons séchés au soleil se mêlait à celle de la morue fumée, presque insoutenable pendant les 20 premières minutes. J'ai acheté des mangues à un vendeur qui m'a d'abord demandé le triple du prix avant de négocier à 3 000 shillings (1,20 euros) pour quatre fruits. Le choc du bus pour ArushaLe 6 février, départ en bus de la station Dar Express Coach à 6 h 30. Trajet de 13 heures en minibus Coaster surpeuplé (36 passagers pour 28 places). Pas de clim qui fonctionne correctement. Deux arrêts : Morogoro à midi et Iringa en fin d'après-midi. J'ai eu la nausée pendant 3 heures à cause des virages en montagne. À Iringa, arrêt de 30 minutes, j'ai mangé des chapati avec du haricot noir dans un petit restaurant sans enseigne : 4 000 shillings. Arrivée à Arusha à 19 h 45, épuisé. Installation à l'hôtel Ushindi Palace (ancien nom Colonial Hotel) pour deux nuits. Chambre basique, ventilo bruyant, douche tiède. Mais très bien situé près de Clock Tower. Le moment marquant : le deuxième jour, j'ai croisé une femme qui vendait du kaawa (café) sur un petit chariot. Elle m'en a versé un dans un verre chipped, le goût était amer, presque métallique, mais honnête. On s'est assis 15 minutes sur un banc et elle m'a expliqué en anglais cassé qu'elle venait du village de Moshii, au pied du Kili, et qu'elle espérait que je gravisse la montagne. Le Kilimandjaro : 5 jours, route MaranguAgence locale recommandée par Hassan : Northern Air Ltd. Trek de 5 jours, itinéraire Marangu (surnommé la « route du coca » par les guides, blague sur les refuges avec l'eau fraîche). Départ 7 h 45 du 8 février. Notre groupe : 8 personnes, trois porteurs, un guide principal et un assistant. Le premier jour, randonnée jusqu'au refuge de Mandara (2 700 m), 5 heures de marche tranquille. Température : 26 °C, humidité massive. Dîner simple : riz, sauce tomate, poulet un peu trop cuit. La nuit, j'ai dormi mal à cause du bruit des portes qui claquent et des autres trekkers qui toussaient. Jour 2, Mandara à Horombo (3 700 m) : 6 heures, ça commence à piquer. Mal à la tête léger vers 15 h 30. Les porteurs chantaient en swahili pendant la montée, un son grave et répétitif qui sonnait ancestral. Jour 3, acclimatation à Horombo (altitude sickness day). Marche facile jusqu'à Mawenzi Ridge et retour. J'ai senti mon cœur qui s'accélérait pour rien. Jour 4, Horombo à Kibo (4 700 m) : la vraie montée. 6 heures mais épuisant. Dîner à 17 h, repos forcé jusqu'à minuit. Jour 5, 0 h 30 : lever chaotique. Départ pour le sommet à 1 h du matin. Température : 4 °C. Lumière frontale, ciel dégagé. On monte pendant 5 heures avec une halte à Gillman's Point (5 681 m) puis on continue vers Uhuru Peak (5 895 m). À 7 h 05, le soleil s'est levé derrière le Mawenzi. Ce n'était pas magique au sens du cliché. C'était blanc, froid, rocheux, avec une légère brume. Mais j'étais là. J'ai pleuré un peu. Descente totale jusqu'à Horombo le même jour (très fatiguant). Jour 6, redescente Horombo-Mandara, puis sortie du parc à 15 h. Galère du trek : le 4 février matin, un de nos porteurs s'est plaint de douleurs abdominales. Le guide a dû l'envoyer en bas avec un autre. On a dû répartir les sacs entre nous. Aucun de nous n'a trouvé ça équitable, mais le guide a expliqué que c'était la règle des parcs nationaux de Tanzanie. Il y a aussi eu un malentendu avec les pourboires à la fin : on pensait qu'il fallait donner au collectif, mais le guide voulait des enveloppes individuelles. Retour à DarBus Dar Express le 14 février matin, 6 h 30, depuis Arusha. Retour en 13 heures, mêmes conditions inconfortables. Escale à Morogoro où j'ai mangé du ndizi (bananes frites) vendues par une femme à la gare routière : 2 000 shillings, chaud et sucré. Arrivée Dar à 20 h 15. Dernier jour à l'hôtel Karibu, dîner solo au restaurant Monsoon (dans Stone Town, bien que je sois à Dar, c'est à 45 minutes en bateau), pâtes avec fruits de mer, 25 000 shillings (10 euros). Départ aéroport 23 h 30 pour le vol retour.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Dar es-Salaam (Kariakoo Market) : frénésie des vendeurs de poisson frais, à 7 h du matin
Restaurant The Slipway à Dar : poisson grillé face à l'océan, pas cher, files d'attente le weekend
Refuge de Mandara sur le Kili : bâtiment colonial en bois, eau fraîche, dormir à 2 700 m
Hôtel Ushindi Palace à Arusha : pas luxueux mais très central, petit déjeuner abundant de fruits locaux
Trajet Arusha-Dar en minibus : à éviter si possible, mais vrai aperçu de la vie quotidienne tanzanienne
Et au final.
La Tanzanie m'a plu mais pas autant que je l'imaginais. Le trek du Kilimandjaro, c'était physiquement dur et peu époustouflant visuellement (beaucoup de marche, peu de paysages spectaculaires jusqu'au sommet). Dar es-Salaam est chaotique, bruyante, et les prix pour les touristes grimpent vite. Mais les gens sont généreux, les repas simples sont bons, et j'y retournerais pour explorer le sud et Zanzibar, que je n'ai pas eu le temps de faire.