Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport Jean-Paul II de Cracovie un mardi matin à 7 h 45, encore endormis. Le trajet en bus numéro 208 depuis l'aéroport jusqu'à la gare centrale (Kraków Główny) a pris 45 minutes, coûtait 8 PLN par personne. L'odeur du diesel mélangée à du café bon marché qui traînait dans le bus m'a rappelé les trajets d'enfance en France. Notre hôtel, le Mosquito Hostel situé rue Pijarska, n'était qu'à dix minutes à pied de la Rynek Główny, la grande place du marché. Pour 65 euros la nuit, on avait une chambre double correcte avec radiateur brûlant – trop chaud dès le premier soir. Le matin suivant, levés à 5 h 30 pour monter jusqu'à la basilique Sainte-Marie (Mariacki), histoire de voir les premiers rayons tomber sur la place. Le guetteur en haut du clocher joue une trompette depuis 800 ans paraît-il, et on l'a entendu à 6 h du matin : un son aigu, mélancolique, qui s'arrête net à mi-notes. Vraiment déstabilisant. On a pris un café au café Pod Papugami (8 PLN, environ 2 euros) – c'est un petit endroit coincé entre deux murs, avec des tables dehors même en novembre. Le café était bon, chaud, presque bouillant, les mains qui gèlent autour. Mercredi, c'était Auschwitz. On s'était réservé une visite guidée avec le tour-opérateur Crazy Guides, départ à 8 h 30 du centre-ville. Le minibus était blindé de touristes allemands et polonais. Deux heures de route jusqu'à Oświęcim. Le guide, Piotr, un homme de 60 ans qui avait des tremblements légers, parlait polonais, anglais, allemand – sa grand-mère avait survécu au camp. On n'a pas rigolé une seconde pendant cette visite. Les baraquements en bois, les lits superposés sans matelas, les murs avec les noms gravés dessus. C'est une chose de voir des photos, c'en est une autre de sentir l'humidité et le moisi quand on franchit la porte de la Chambre de la mort à gaz. Le silence du groupe était presque sonore. Moment marquant : en ressortant, un vieil homme polonais qui était là juste pour se recueillir a posé sa main sur l'épaule de ma compagne. Rien dit. Il est reparti. On a raté notre train de retour (mon téléphone affichait une mauvaise heure), du coup on s'est retrouvés à Oświęcim une heure de plus que prévu. On a mangé une zapiekanka (sandwich au fromage fondu) chez un vendeur de rue pour 6 PLN. Un peu gras, mais on avait besoin de manger quelque chose de réconfortant. C'était une petite galère mais sans conséquence. Jeudi et vendredi, on a flâné à Cracovie. Marché aux fleurs près de la place. Musée de l'Usine d'Oskar Schindler (25 PLN, 6 euros) – plus intéressant qu'on le pensait, surtout les témoignages vidéo. On a dîné au Gryka na Kazimierzu, un restaurant mineur dans le quartier juif. Bigos (ragoût de chou fermenté) pour 22 PLN, un verre de Żywiec (bière locale) pour 7 PLN. Le bigos sentait fortement le vinaigre et la fumée, pas désagréable, juste très « slave ». Une serveuse avec un piercing à la lèvre a dû nous expliquer trois fois comment fonctionnait le menu en Polish-English cassé. Samedi matin, trajet en bus PKS (compagnie de transports régionaux) vers la Vistule. On voulait voir le château de Wawel de plus près, mais les travaux d'accès nous ont bloqués. À la place, on a pris un café en haut du musée Czartoryski, vue sur toute la vieille ville qui commençait à avoir les premières neiges légères. Froid mordant, douleur aux oreilles, mais le silence était beau. Dimanche : on a fait une grosse balade à vélo le long du Vistule (8 euros la location chez Bike Station). Parcours facile, un peu de boue, les jambes qui brûlaient. On a croisé des familles polonaises qui rentraient de leur dimanche matin. Personne ne parlait vraiment fort. On s'est arrêtés au Kazimierz, le quartier alternatif, avec ses murs en graffitis bleu et rose fluo, ses bars hipsters. Au Manggha (musée de l'art japonais), on a payé 10 PLN chacun. Pas révolutionnaire mais apaisé.
Les bons plans repérés sur place.
Basilique Sainte-Marie (Mariacki) au lever du soleil, place Rynek Główny complètement silencieuse à 6 h du matin
Auschwitz avec Crazy Guides, compter 4-5 heures minimum et apporter une veste épaisse
Quartier Kazimierz en fin d'après-midi, rues pavées étroites, cafés Pod Papugami pour le café à 2 euros
Trajet à vélo le long de la Vistule, louer chez Bike Station, 8 euros la journée
Zapiekanka (sandwich chaud au fromage) chez un vendeur de rue pour 6 PLN, ou au Gryka na Kazimierzu (bigos 22 PLN)
Photos — Cracovie (Kraków)
Et au final.
Cracovie m'a frappé : pas une ville « belle » au sens carte postale, mais une ville qui pèse sur les épaules. Auschwitz était inévitable et dévastateur. Les Polonais sont plutôt fermés au premier abord, pas hostiles, juste réservés. Le point faible : les restaurants touristiques de la Rynek Główny sont une arnaque (40-60 PLN pour un plat moyen). À revenir avec une semaine plutôt que huit jours.








