Comment ça s'est passé.
Levée à 6 h 30 à l'hôtel Chambord rue Fossé-aux-Loups pour attraper le bus 29 direction Gare Centrale. Le chauffeur de la STIB a foncé dans les embouteillages de la chaussée d'Anvers : 45 minutes pour 3 km, j'ai cru qu'on ne verrait jamais la Grand Place. Arrivée finalement à 8 h 15, affamée et énervée. Petit-déjeuner de crise chez Neuzekes, coin de la rue de la Violette : une gaufre de Bruxelles encore chaude, le sucre cristallisé qui craque sous les dents, recouvert de crème fouettée un peu trop sucrée (4,50 €). Le goût compensait le stress du trajet. La gaufre, c'est sucré, c'est mou, c'est sans surprise, mais là j'avais besoin de ça. Grand Place : trop de monde, trop peu de silenceLa Grand Place à 9 h, c'est déjà blindé de touristes. Les façades baroque et renaissance des maisons aux toits dorés, d'accord, c'est impressionnant. Mais vous côtoyez 300 autres personnes qui prennent des selfies. J'ai compris pourquoi ma grand-mère disait qu'il faut y aller à 7 h du matin. Trop tard pour nous. Visite rapide du Musée de la Ville, entrée 8 € pour voir les porcelaines XVIIe et les plans d'urbanisme. Intéressant mais bondé. Les enfants criaient partout. On est ressortis au bout d'une heure. Déjeuner chez Comme Chez Soi, avenue Louise (réservation obligatoire, j'avais oublié). On a dû se rabattre sur Le Bel Écureuil, rue des Riches-Claires, où j'ai mangé un vol-au-vent de ris de veau pour 18 €. Honnêtement correct, pas transcendant. Le vin blanc de la Vallée de la Meuse qu'ils proposaient était sec, presque minéral. Agréable mais j'oublie déjà le nom. Trajet vers Dinant : un fiasco routier mémorableMercredi matin, départ en train depuis Gare du Midi vers Dinant. Sauf que le TEC (compagnie régionale) affichait « retard estimé 60 minutes ». Pas une explication, juste ce message sur le tableau. On a attendu 90 minutes assis sur des sièges plastique inconfortables, écoutant une femme au téléphone expliquer sa vie entière à quelqu'un. L'odeur de café froid et de nettoyeur chimique m'a donné une migraine. Arrivée à Dinant vers 14 h (trajet : 50 €/personne aller-retour). Hôtel Auberge de la Cathédrale, petite chambre vieillotte mais propre, vue sur la Meuse. 75 € la nuit. L'après-midi, balade autour de la Citadelle, construite en 1820. On monte les 250 marches essoufflés. En haut, panorama sur les falaises calcaires, les boucles du fleuve en bas. Pas mal. Température : 12 °C, humidité 80 %, j'ai eu les mains moites et les cheveux frisés. C'est beau de façon très physique, très enracinée. Les saxophones de Dinant et la gastronomie localeDinant, c'est aussi la patrie du saxophone. Adolphe Sax est né ici en 1814. Visite du Musée Adolphe Sax (7,50 €). C'est petit, c'est poussiéreux, mais j'ai écouté des enregistrements du XIXe : des sons aigus, métalliques, parfois discordants. Dérangeant et captivant en même temps. Dîner au restaurant Gigi, rue Grande : crêpes garnies (jambon-fromage pour moi, 9,50 €) et cidre belge pétillant. Le contraste sucré-salé des crêpes belges (plus épaisses que les françaises, avec levure) était remarquable. Pas baveux, avec une croûte légèrement caramélisée. Les gens ici savent cuisiner simple sans se prendre pour un chef trois étoiles. Dimanche matin : marché de la Place Léopold à 10 h. Étals de fromages belges (Chimay, Orval), fruits rouges de saison à 6 € le kilo. Odeur puissante de fromage fermier et de pluie. J'ai acheté une meule de Chimay (17 €) pour ramener.Lundi : balade en vélo sur la piste cyclable Ravel en direction de Anseremme. 5 km de chemin plat le long de la Meuse. Température agréable (14 °C), vent léger. Loué le vélo chez Velo Dinant pour 12 €/jour. Pause café dans un petit village où personne ne parlait anglais, j'ai dû pointer du doigt le menu handwritten sur la porte.Retour à Bruxelles en train vendredi. Cette fois-ci, le TEC avait 30 minutes d'avance. Miracle. Avant de partir, j'ai profité d'une soirée pour traîner dans le quartier du Sablon. Petites galeries, antiquaires, restaurants minuscules. Acheté un journal belge de 1963 chez Librairie Anticline pour 8 €. L'atmosphère y était plus authentique que dans la Grand Place : pas de selfie stick, pas de groupe de 50 touristes, juste des gens qui vivaient leur vie.
Les bons plans repérés sur place.
Gaufre chaude de Neuzekes, rue de la Violette à Bruxelles : sucre cristallisé qui craque, pas une arnaque à touristes
Citadelle de Dinant en fin d'après-midi (retour 5 €, montée gratuite) : vues sur la Meuse époustouflantes, peu de monde passé 16 h
Piste cyclable Ravel Dinant-Anseremme : location vélo 12 €, 5 km sans bouchons automobiles ni stress
Marché Place Léopold Dinant le dimanche : fromages Chimay à prix juste, odeur prenante de terroir
Bar à cidre Gigi : crêpes belges vraies (9,50 €), cadre sans prétention, loin des attrape-touristes
Photos — Bruxelles et Dinant
Et au final.
La Belgique, c'est correct. Les gens sont polis, la nourriture n'est pas mauvaise, les transports en commun existaient (même s'ils traînent). Dinant m'a marquée plus que Bruxelles, où j'ai l'impression d'avoir croisé le même flux touristique que partout. Mon regret : ne pas avoir goûté assez de bières trappistes vraies, j'ai surtout bu de la Leffe lisse des chaînes de cafés.
