Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Bruxelles-Midi un mardi matin de février, transi de froid. Le TGV Thalys depuis Paris était en retard de 40 minutes – déjà une bonne leçon sur les transports belges. On a pris un train régional SNCB pour Bruges, numéro de quai affiché à la dernière seconde, ambiance un peu chaotique mais finalement on a attrapé le train à 10 h 15. Bruges nous a frappé dès l'arrivée. On descend à la gare Bruges-Sint-Pieters, et là, il faut marcher 20 minutes vers le centre historique. Les canaux gelaient encore en ce début février – pas complètement, mais assez pour qu'on voit des plaques de glace qui craquaient sous le poids des canards. L'odeur de l'eau stagnante mélangée au froid humide de la Belgique, c'est un truc qu'on oublie pas. Les premiers jours : BrugesOn a logé à l'Hotel Bryghia, rue Saint-Amedée, chambre 204 avec vue partielle sur un canal secondaire. Petit déj à 7 h, croissants corrects mais tièdes. Le proprio a été sympa pour stocker nos bagages après le checkout. Premier jour : on traîne dans les rues sans plan, c'est idiot mais on découvre comme ça la Place Jan van Eyck, beaucoup moins envahie que la Grand-Place. On mange des croquettes aux crevettes grises chez The Bottle Shop (5,50 euros), assis dehors malgré le froid. Le goût salé des crevettes, presque trop fort, typiquement belge. C'était bon mais elles avaient ce grain de sable dedans – bon, il paraît que c'est normal. Moment marquant : on rentre à 16 h à l'hôtel pour se réchauffer, et j'découvre qu'on a laissé notre veste polaire au café où on a pris un chocolat chaud à 14 h. On retourne en courant, le café va fermer. La serveuse – elle s'appelait Claire – l'avait mise de côté. Elle nous a dit, sans traîner : « C'était pas la peine de courir, je l'aurais gardée. » Ça paraît con à écrire, mais ça m'a vraiment touché. Genre, la confiance simple de quelqu'un qu'on ne connaît pas. Jour 2 à Bruges, on monte au Beffroi (366 marches, 10 euros d'entrée). Pas mal de monde même en février, c'est une vraie attraction. La vue sur les toits rouges vaut le coup, et on entend les cloches de près – un bruit grave qui vibrait dans la poitrine. Anvers : le chocOn prend le train Bruges-Anvers un jeudi matin à 9 h 30. La ligne est en travaux : le train s'arrête à Sint-Joris, il faut prendre un bus de remplacement. Pas indiqué clairement. On attend 20 minutes sur le quai avant de comprendre. Énervant. Finalement on arrive à Anvers à 11 h 45. Anvers c'est pas Bruges. C'est bruyant, industriel au sud, mais le centre est fou. La Gare Centrale d'Anvers en elle-même est un bâtiment digeste – murs jaunes, carrelage ancien, ça a pas changé depuis 1905 probablement. On sort, c'est une vraie ville avec des bouchons, des motos qui vrombissent. On dort à l'Aparthotel Mövenpick, rue de la Grue. Pas super personnel mais fonctionnel. La nuit, on entend les trams jusqu'à minuit. On mange des mossels (moules) au restaurant Gijn aan de Scheldt (énorme bol pour 16 euros, vin blanc compris). Les moules étaient ouvertes, presque trop cuites, mais plein de jus. On les remange le lendemain ailleurs, chez Frites van Piet – meilleur rapport qualité-prix pour les frites avec sauce andalouse (3 euros). La sauce andalouse belge c'est vraiment un truc – moutarde, mayo, ketchup, épices. On en remange presque tous les jours. La Rue Meir est l'artère commerciale. On n'achète rien mais on voit des filles en talons courir sous la pluie à 18 h, des hommes qui crient après les taxis. C'est vivant, un peu brut. Pas la Belgique des cartes postales. Jours 5 à 8 : retour à Bruges et détailsOn repartait de Bruges pour la fin du séjour. On a rêvé de faire une excursion à Gand en train, mais la ligne était surpeuplée (on a pas osé monter). À la place, on a revisité le Musée Groeninge, qui vaut le détour pour les tableaux flamands originaux. Entrée 12 euros, on a trainé 2 heures dedans. Dernier soir, on prend des bières à la Brouwerij Bourgonde des Flandres – une bière blonde locale, 4,20 euros, servie dans un verre haut. Ambiance de bar de vrais Brugeois, pas de touristes. Le barman rase les gens sans les juger. On regrette de partir.
Les bons plans repérés sur place.
Place Jan van Eyck à Bruges, tôt le matin avant l'afflux touristique, pour y manger des croquettes aux crevettes
Montée du Beffroi de Bruges (366 marches) pour entendre les cloches vibrer et voir les toits
Mossels à Gijn aan de Scheldt à Anvers en bordure de la Meuse, avec un vin blanc blanc sec
Rue Meir à Anvers pour voir une vraie ville belge vivante, pas une carte postale
Hotel Bryghia à Bruges pour le service discret et le café le matin, point de repli quand il fait trop froid
Photos — Bruges et Anvers
Et au final.
La Belgique c'est petit mais ça demande du temps. Bruges on se la ferait en 2 jours, vraiment, mais on avait 3 jours et c'était bien. Anvers c'était la surprise – moins touristique, plus réel. Côté moins cool : les retards de train nous ont rongés, et les prix des hôtels restent élevés pour ce qu'on reçoit. Mais les gens, les moules, le chocolat chaud – ça vaut le coup.
