Comment ça s'est passé.
Arrivée à Bogotá : le choc des altitudesL'avion Avianca s'est posé à 5h30 du matin à l'aéroport El Dorado. On est sorti directement dans l'air frais de Bogotá (2640 mètres d'altitude), et franchement, les premiers pas on les a faits en mode ralenti. La nuit, on s'est traîné jusqu'à l'hôtel Monserrate Plaza (Carrera 5 #12-34), un petit trois étoiles pas cher mais propre, avec une vue sur la plaza de Bolívar depuis le toit. Le propriétaire était sympa, il nous a expliqué qu'on devait laisser passer 24h avant de faire trop d'efforts. Le lendemain matin, levé à 6h pour grimper au sanctuaire de Monserrate en téléphérique. La montée prend 10 minutes depuis la gare (Carrera 2 #0-75). Vue panoramique dingue sur la capitale étalée sous la brume. On a croisé des groupes de pèlerins, l'odeur de l'encens dans la basilique était étouffante, presque écrasante. Prix du billet : 18 000 pesos colombiens (environ 4,50 euros). Le retour par le funiculaire (l'autre option) aurait pris 1h45 à pied. Musées et déambulations : Candelaria et ses surprisesOn a passé deux jours entiers dans le quartier de Candelaria. Le musée del Oro est obligatoire, mais attendez-vous à deux heures de queue s'il fait beau. On y est allés un lundi soir vers 17h, c'était presque vide. Entrée : 19 000 pesos. La salle des offrandes d'or est vraiment impressionnante, c'est juste qu'on se sent comme du bétail poussé de salle en salle. Le musée Botero d'à côté (Calle 11 #6-94) était plus calme, moins touristique. Les tableaux de Botero, c'est bizarre, ses femmes énormes, ses chevaux pleins de vie. Ça plaît pas à tout le monde, mais au moins c'est pas lisse. On a mangé au restaurant Criterio (Carrera 3 #13-33). Ajiaco bogotano complet pour 18 000 pesos. C'est un truc local : soupe avec trois sortes de pommes de terre, maïs, poulet, crème fraîche et avocat qu'on ajoute soi-même. Le bouillon chaud remplissait l'estomac, c'était bon après des jours à picorer. Par contre, le service a pris 35 minutes pour la commande. Galère classique colombienne. La Vallée de Cocora : quand l'autobus devient une mauvaise expérienceOn a pris un bus Expreso Palmira depuis la Terminal de Transporte (Diagonal 23 #69-01) à 8h du matin pour Salento. Douze heures annoncées, on en a eu seize. Le bus s'est arrêté deux fois pour des pneus crevés, le climatisation s'est retrouvée cassée à mi-parcours, et on était serrés comme des sardines. Billet : 68 000 pesos (environ 17 euros). Franchement, j'aurais dû prendre un vol domestique Viva Air depuis Eldorado, ça aurait coûté à peine plus cher (80-100 euros). Arrivée à Salento le soir vers minuit. On s'est crashés à la Posada Casa Colibri (Calle 4 #3-27), guesthouse avec des propriétaires français qui parlaient español avec un accent pire que le nôtre. Chambre double, 95 000 pesos pour la nuit (24 euros). Cocora et les palmiers de cireLe matin suivant, taxi depuis Salento jusqu'à l'entrée du parc Cocora (10 km, 40 000 pesos, 9 euros). On a fait la randonnée « Valle Cyclista » avec un guide local, Jesús, qui nous chargeait 60 000 pesos pour deux personnes. Les palmiers de cire font jusqu'à 60 mètres. Monter dedans la chaleur humide des tropiques, c'est autre chose. Odeur de terre mouillée, cris des oiseaux, le sol collant, les chevilles qui gonflent. On a grillé 5 litres d'eau. Jesús nous expliquait qu'avant il y en avait encore plus, qu'on en abattait pour les constructions. Retour à Salento vers 16h. On s'est posé au café La Fuente (Calle 5 #4-36) avec une tasse de café de la région (prix : 5 000 pesos). Goût très délicat, moins sucré qu'ailleurs. Le type à côté de nous parlait en tinto (le café filtre local) de politique, la tension montait un peu, on a discrètement changé de table. Fiesta à Salento et retour expressVendredi soir, fête dans le pueblo. Música en vivo au bar El Viejo Leo (Carrera 6 #3-22), bières Corona à 8 000 pesos, rhum Zacapa à 12 000 pesos. Les gens dansaient sans gêne, on avait l'impression d'être les seuls spectateurs sobres malgré les rhums. Moment où un mec a vomi dans le jardin, moment moins sympa pour l'ambiance. On a repris un bus Expreso Palmira pour Bogotá samedi matin, mais en prenant un minibus plus petit cette fois (8 places, 45 000 pesos, bien moins confortable mais plus rapide : 11 heures). Retour à l'hôtel Monserrate Plaza, nuit de récupération. Visite du barrio Usaquén le dernier jour (restaurant Andres Carne de Res, parrilla carnivore, portions énormes)Shopping très cheap à Éxito (centre commercial principal), fringues sans intérêtDernière nuit en auberge El Viajero (Carrera 2 #12-65, dortoir 45 000 pesos) pour rencontrer d'autres voyageursDépart Avianca 11h10 de El Dorado. Fin des 12 jours.
Les bons plans repérés sur place.
Musée del Oro à Bogotá : allez lundi-vendredi après 17h pour éviter les groupes de touristes
Vallée de Cocora : rando avec guide local depuis Salento, 6 heures totales, vrai effort physique
Ajiaco bogotano au restaurant Criterio : soupe locale, réconfortante, parfaite après l'altitude
Café régional à Salento : expresso court à 5000 pesos, goût subtil très différent du café français
Barrio Usaquén à Bogotá : rues coloniales restaurées, moins touristique que Candelaria, bon spot pour manger
Et au final.
La Colombie, c'est pas la destination la plus simple pour un premier voyage en Amérique du Sud. Bogotá vaut le coup, même si elle est grise et polluée. Salento et Cocora, c'est magn— pardon, c'est vraiment beau, mais l'infrastructure transport est à améliorer. On a aimé les gens, la nourriture locale, l'énergie. On a moins aimé les trajets en bus qui tuent et les prix des hôtels qui grimpent trop vite. Ça se recommande, avec les yeux ouverts.