Comment ça s'est passé.
Je suis arrivée à Andorre-la-Vieille un mercredi 14 h, après 2 h 45 en bus depuis Toulouse avec Andbus (ligne directe, 25 euros l'aller). Le trajet grimpe vite : dès qu'on quitte la plaine, les murs de pierre des gorges commencent à se resserre. Ça sent le diesel et l'herbe mouillée mélangés. Premier choc : pas d'aéroport. On arrive par les routes, point. Ça change des destinations touristiques classiques. J'ai logé à l'hôtel Andorre Center, rue Prat de la Creu, chambre 312 au 3e étage. 65 euros/nuit, petit déj inclus (pain, confiture, jambon fumé local qu'ils appellent la "brèsaola"). La réceptionniste m'a prévenue d'emblée : « Les magasins ferment à 19 h, sauf les dimanches où c'est fermé partout. » Elle n'a pas rigolé. J'aurais voulu acheter des vêtements de rando jeudi soir, trop tard. Première petite galère : horaires radicalement différents de la France. Faut s'adapter ou rester avec son k-way. Ordino et la vallée nordVendredi matin, j'ai pris le bus 2 à 7 h 30 (arrêt Prat de la Creu, 2 euros le ticket) jusqu'à Ordino, 25 km au nord. Le chauffeur ne parlait que catalan. J'ai montré le papier avec le nom sur mon téléphone, il a hoché la tête. Le paysage change complètement : plus étroit, plus sauvage, des pics rocheux qui surgissent des nuages. L'air est froid, genre 8 °C en octobre, même en bas de vallée. Je n'avais pas prévu de polaire. Ordino c'est petit. Très petit. Peut-être 3 000 habitants. Mais il y a une auberge de montagne, l'Albergueria de Sorteny, où j'ai mangé un estofat d'ànec (ragoût de canard) pour 22 euros. Goût de gibier prononcé, sauce riche. Ça remplit bien pour les randos. Le restaurant avait des poutres au plafond noircies par la fumée des foyers anciens. Une fille du coin m'a expliqué que les maisons construites avant 1970 les ont gardées exprès. Tradition locale. La rando de Coma PedrosaC'est l'expérience la plus marquante du séjour. J'ai voulu atteindre Coma Pedrosa (2 942 m, le plus haut sommet d'Andorre). Départ à 6 h 30 samedi depuis le parking de Arinsal (accès facile en bus 2, puis retrait de shuttle local, 5 euros). Le sentier GRP 1 monte dur sur les 8 premiers km. Franchement dur. Mes mollets ont cramé vers le km 6, vers 9 h 30. À 11 h 45, j'ai croisé un groupe de chasseurs avec des carabines. Ils montaient aussi. J'ai pas compris leur système d'autorisation, leur langue (mélange de catalan et d'espagnol très rapide). Moment un peu flippant, honnête. Je les ai laissés passer. Ils ont rigolé, m'ont donné une barre énergétique. Simples après tout. J'ai atteint le sommet à 14 h 15, juste avant une grosse averse. Visibilité quasi zéro pendant 20 min. Descente par le même chemin, arrivée au parking à 18 h 45, jambes molles. C'est bête mais c'est un moment où tu réalises que tu es vraiment seule, loin de tout, et que ta batterie de téléphone baisse. Les pièges du shoppingAndorre c'est réputé pour les prix (pas de TVA andorrane). Dimanche j'ai essayé de profiter. Galère majeure : dans la rue Meritxell, à Andorre-la-Vieille, j'ai acheté une veste Salomon en thinking ça coûtait 89 euros. À la caisse, 120 euros, taxe andorrane dedans. Limite arnaque (ou mauvaise compréhension du tarif affiché). J'ai voulu la rendre lundi matin. Le magasin (Sports Planet, il s'appelle) a refusé « car pas d'étiquette détachée ». Bref, gardée une veste que je voulais pas au prix qu'il fallait pas. Les restaurants à Andorre-la-Vieille : c'est cher. J'ai mangé au Beixo (carte catalane, viande principalement) lundi soir : escalope de veau, frites maison, 28 euros. Bon, mais le service était lent (45 min pour un plat principal, la serveuse débordée). Meilleur repas : mardi à la Borda d'Ordino, un musée-auberge des années 1600. Coca de recapte (pâte fine garnie de légumes locaux), 16 euros. Plus simple mais saveur nettement meilleure, même prix relativement bas. L'odeur des herbes fraîches du jardin montagnard où ils cultivent leurs ingrédients restait collée au bâtiment. Derniers joursMercredi et jeudi : randos plus molles. Lac d'Engolasters (accessible par bus 4, arrêt Estanys), boucle de 6 km, vue sur les murs de conglomérat rose qui encadrent le lac. Eau à 11 °C, l'ai pas testée. La tempête de pluie du samedi avait laissé tout trempé. Téléphérique de Vallnord (15 euros l'aller-retour, secteur Arinsal) pour descendre les jambes. Bonne idée après 4 jours de montagne. Retour jeudi 15 h 30, bus Andbus. Même route, même diesel, même odeur. La fille à côté de moi dormait sur mon épaule pendant 40 km. Pas grave, je dormais aussi.
Les bons plans repérés sur place.
Sentier Coma Pedrosa depuis Arinsal : 2 h de montée raide, très peu de monde, sommet à 2 942 m avec vue sur les Pyrénées
Auberge Albergueria de Sorteny à Ordino : estofat d'ànec (ragoût de canard) pour 22 euros, poutres enfumées authentiques
Borda d'Ordino (musée-auberge) : coca de recapte maison, ambiance XIIe siècle, ingrédients du potager local
Lac d'Engolasters : boucle de 6 km accessible, murs de conglomérat rose, eau très froide
Bus Andbus depuis Toulouse : direct 2 h 45, 25 euros, pas d'aéroport en Andorre, faut passer par la route
Photos — Andorre-la-Vieille / Ordino
Et au final.
Andorre, c'est pas un coup marketing facile. C'est vraiment la montagne pour ceux qui aiment marcher et acceptent l'isolement. Le shopping annoncé partout, c'est exagéré. Les prix sont un peu meilleur qu'en France, mais pas dramatique. Par contre les randos sont solides et peu fréquentées. Ce que j'ai moins apprécié : les horaires d'ouverture étriqués et ce sentiment que les touristes sont tolérés mais pas particulièrement bienvenus.
