Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Ljubljana un dimanche matin par le vol EasyJet FR4782, après une correspondance moyen à Venise. Dès la sortie de l'aéroport Ljubljana Jože Pučnik, on a pris le bus numéro 28 jusqu'à la gare centrale (Železniška postaja Ljubljana) : 4,10 euros par personne. Le chauffeur était un type bourru qui parlait trois mots d'anglais. Ma copine Laurence stressait sur les trajets, moi j'étais juste ravie qu'il fasse 8 degrés et pas 2 comme prévu. Notre hôtel, le Primus, rue Čopova, c'était pas le luxe mais les draps sentaient bon la lessive. 78 euros la nuit pour deux lits séparés, très proche de la vieille ville. Jour 1 : on s'est paumées en cherchant le marché central de Ljubljana (Osrednja tržnica), situé entre le pont des dragons et le fleuve Ljubljanica. L'odeur des fruits rouges frais et des fromages locaux m'a frappée de plein fouet. On a acheté du kranjska klobasa (saucisse régionale) à un vendeur qui nous a surpayées, c'est clair : 8 euros pour 200 grammes, alors qu'on en trouvait à 5 euros au magasin Bio-Centrum après. Première galère touristique confirmée. On a mangé au café Cubo, petit établissement sans prétention sur Mestni trg : pâtes au fromage blanc (štruklji) à 7,50 euros, café au lait à 2,80 euros. L'endroit avait un charme brut, murs gris souris, tables collantes, mais la proprio m'a fait un sourire franc quand on lui a dit qu'on trouvait son pays tranquille. Jour 2, on s'est levées à 5 h 30 pour prendre le bus 6 (direction Postojna) à 6 h 45 depuis la gare centrale. Les grottes de Postojna, c'est 24 km de galeries. Prix : 28 euros l'entrée. On a eu froid — vraiment froid, 8 degrés dans les galeries, même en juillet — et humide comme jamais. La formation rocheuse du Grand Hall vous fait sentir minuscule. Mais ce qui nous a marquées, c'est le moment où une fillette avec son père s'est arrêtée pour nous attendre : on s'était éloignées du groupe, et cet homme nous a guidées sans demander. Moment bienveillant dans un endroit de pierre gelée. On a pris le train à crémaillère souterrain de 20 minutes ; un bruit blanc de moteur métallique, hypnotisant. Retour à Ljubljana, jour 3 : on a loué deux vélos auprès du centre Bicikel (35 euros/jour pour deux). On a suivi la Ljubljanica jusqu'au château de Ljubljana (Ljubljanski grad). 9 euros d'entrée. Laurence a failli tomber sur les marches — elle portait des Converse, mauvaise idée — mais c'était juste du maladroit. Vue sur la ville depuis la tour : agréable, mais étouffant avec les touristes allemands qui parlaient fort. On a descendu à pied pour prendre un jus d'orange frais au Prešeren Teahouse, goût acidulé, sucre parfait, 3,20 euros. La gérante avait de grands yeux noisette et elle nous a proposé du miel maison ; on a refusé par manque de place. Jour 4 : Bled. Train de Ljubljana à Bled Jezero via Jesenice, 1 h 45 de trajet (billet 8 euros). La gare de Bled était déserte, ambiance années 1970. On a marché 15 minutes vers le lac. L'eau était vraiment d'un bleu-gris, pas le turquoise des photos Instagram. On a loué un pédalo deux heures (18 euros pour deux), ce qui était vachement ennuyeux comme activité. Pas de sensation, juste de l'effort. On a préféré marcher autour du lac (4,5 km environ), et là, vous sentez l'air de montagne, vert, légèrement résineux. Au restaurant Bled Castle près du château (accessible à pied depuis le lac), on a mangé de la truffe locale : raviolis à la truffe blanche, 22 euros, c'était onéreux mais bon. Jour 5 : on a pas fait grand-chose, juste trainer au café Vila Natura (excellente pâtisserie slovène, prekmurska gibanica, 3,50 euros) et regarder les gens. Retour à Ljubljana par le même train, l'inverse et l'ennui. Jour 6-8 : on a voulu explorer le sud, mais on s'est gourées avec les correspondances de bus (pas de traduction des panneaux à la gare d'autobus de Ljubljana). Finalement, on a raté Maribor et on a passé deux jours à reprendre nos forces, visiter le musée national slovène (11 euros, murs beige, collections sans grande âme), flâner sur le pont des dragons (Zmajski most), lécher les vitrines du Tržnica BTC (centre commercial géant, très peu mon truc). On a mangé au restaurant Val, petite salle familiale, riz orzo avec légumes et poulpe fumé : 14 euros, très bon, patron bavard qui nous a parlé de sa belle-mère comme si on la connaissait déjà. Jour 9 : dernière journée, on a trainé à la bibliothèque nationale (Narodna in univerzitetna knjižnica), gratuit d'entrée, architecture brute années 1990, escalier géant vide. C'était presque vide, calme étrange. Un vieil homme lisait dans un coin. On s'est assises deux heures juste à bouquiner, charger les phones, ranger les affaires. Café final au Café Miranda, petit espresso crème à 1,50 euros, serveur souriant. Jour 10 : départ 11 h 35 du bus 28 pour l'aéroport, retard de 8 minutes qui nous a stressées inutilement.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Ljubljana (Osrednja tržnica) - acheter du kranjska klobasa et du fromage blanc local aux vendeurs du dimanche
Grottes de Postojna - prendre le train à crémaillère pour les galeries, prévoir des vêtements chauds (8°C même en été)
Lac de Bled depuis le pédalo - peu touristique en fin d'après-midi, eau gris-bleu, silence complet vers 17 h
Château de Ljubljana - tour d'observation gratuite de la salle d'attente, vue sans foule en fin de journée
Café Cubo, Ljubljana - pâtes slovènes simples, tarif honnête, ambiance vraie sans décor de carte postale
Photos — Ljubljana et région centrale
Et au final.
La Slovénie, c'est honnête : une destination pas chère, des gens corrects, des paysages vrais sans être spectaculaires. On a moins aimé le côté un peu lent de tout (transports, services, administrations), et le tourisme déjà bien implanté à Bled qui enlève son charme. On y retournerait pour moins courir et plus se poser.
