Comment ça s'est passé.
On a décidé de partir en septembre, pensant éviter la foule touristique. Mauvais calcul : le vol Ryanair depuis Lyon affichait déjà complet trois jours avant le départ. On s'est retrouvés à Stansted à 6 h 45, après une nuit blanche, avec cette odeur caractéristique d'aéroport britannique – mélange de café industriel et de produits de nettoyage. Le trajet jusqu'à Liverpool Street Station en bus Express Coach n'a pris que 45 minutes, contrairement aux deux heures annoncées. Petit miracle. On a chopé un Premier Inn à King's Cross pour 89 £ la nuit – surcharges comprises. Chambre minuscule, radiateur qui cognait toute la nuit, mais le petit-déj compris valait le coup : bacon croustillant, haricots en sauce, toast beurré. Goût salé, presque agressif comparé à ce qu'on mange à la maison. Les premiers jours à LondresLe British Museum nous a pris la moitié d'une journée. Entrée gratuite, mais on était tellement écrasés par les groupes touristiques que j'ai à peine vu la Pierre de Rosette. La salle des momies égyptiennes sentait la poussière ancienne et les désinfectants chimiques. On a dû s'arrêter trois fois juste pour respirer. Par contre, on a découvert par hasard le V&A Museum (Victoria and Albert) un mercredi matin quasi vide. On a traîné deux heures dans les collections de textiles victoriens. Là, on a eu l'impression que le temps s'était arrêté – les murs vert foncé, la lumière tamisée, aucun bruit hormis nos pas. Gratuit aussi. Ça, c'était mémorable pour de vrai. On a mangé un vrai fish & chips chez Poppies à Spitalfields – 14,50 £. Déception personnelle : la pâte était grasse, le poisson pas super frais. Odeur de friture qui traîne pendant trois jours dans les vêtements. On aurait dû aller au Borough Market plutôt, où on a goûté des huîtres de Whitstable à 3 £ pièce – salées, légèrement métalliques, bien meilleures. La galère ferroviaire vers la CornouailleLe train depuis Paddington vers Penzance, c'était un calvaire. On avait réservé avec First Great Western, croyant avoir des sièges numérotés. Arrivée à la gare à 10 h 15 pour un départ à 10 h 45 : nous avons été envoyés sur un quai de secours sans information claire. Le train était en retard de 25 minutes, les toilettes fermées, et l'air climatisé en panne. Cinq heures et demie à transpirer sur des sièges résille violet fluo. Seule consolation : le paysage après Exeter – les falaises rouges d'Exmouth, les pâturages verts, l'océan qui apparaît peu à peu. On a posé nos affaires à Penzance, petit hôtel sympa (Mousehole Cottage, 72 £/nuit) tenu par une proprio un peu bourrue mais honnête. Elle nous a conseillé de ne pas trainer après 17 h dans le port : « il y a des marins qui cherchent des histoires après trois pintes ». Pas eu besoin de le vérifier. La côte cornouaillaiseLe bus 300 relie Penzance à Lands End. On l'a pris un matin à 7 h 30 – c'était vide, on voyait les falaises déambuler. On a descendu à Mousehole, petit village où les maisons sont collées les unes aux autres, peintes de couleurs pastel. En septembre, il commence à faire froid le matin. On sentait le sel de la mer, ce goût iodé qui vient se coller au palais après quelques minutes. À 11 h, on a pris des cream teas à la Mousehole Bakery : 6,80 £ pour un thé noir et des scones avec clotted cream et confiture de fraise. Le crème était épaisse, presque insipide, mais les scones étaient tièdes et fondants. On a marché jusqu'à Minack Theatre, ce théâtre en plein air creusé dans la roche. Pas de spectacle ce jour-là, mais juste être debout sur le rebord, les yeux sur la Manche, avec ce vent froid qui vous traverse – c'était étrange, vide, presque mélancolique. Pas touristique, juste un endroit où on sent son poids. Retour à Londres le dernier jour par le même train. On a dormi presque les quatre premières heures. Arrêt à Bath de deux heures – on a eu juste assez de temps pour voir la cathédrale de Bath depuis la gare, prendre un café médiocre (4,50 £) et revenir à bord.
Les bons plans repérés sur place.
V&A Museum (Victoria and Albert Museum) – entrée gratuite, allez en semaine matin
Borough Market – huîtres de Whitstable à 3 £, meilleures que les fish & chips touristiques
Minack Theatre, Penzance – théâtre en falaise, prendre le bus 300 tôt le matin
Mousehole Bakery – scones chauds avec clotted cream, 6,80 £, petit village côtier
Paddington Station pour les trains vers la Cornouaille – arriver 45 min en avance minimum
Photos — Londres et Cornouaille
Et au final.
Dix jours, c'est court pour vraiment sentir un pays, surtout l'Angleterre. Les musées londoniens gratuits sont une vraie chance – c'est le meilleur rapport qualité-prix qu'on ait trouvé. La Cornouaille était plus calme, plus authentique, mais aussi plus cher qu'prévu et moins engageante en septembre. On n'a pas aimé : le système ferroviaire cher et imprévisible, les portions de nourriture réduites, le coût global de la vie. On reviendrait, mais plus longtemps, en mai ou juin.
